Cyril Dion

Ecrivain et réalisateur
Directeur de collection chez Actes Sud
Cofondateur de Colibris
Cofondateur de Kaizen magazine
https://www.cyrildion.com
https://blogs.mediapart.fr/cyril-dion

Profil

L’engagement de Cyril Dion dans l’écologisme militant remonte à 2006 quand il a cofondé l’association Colibris avec Pierre Rabhi. Cependant, c’est surtout après le succès en 2015 de son documentaire césarisé Demain, coréalisé avec l’actrice Mélanie Laurent, qu’il est devenu une figure écologiste largement présente dans les médias. Au point de devenir un personnage influent puisque, suite à la pétition «l’Affaire du siècle», il a soufflé l’idée de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) au président Macron. En juillet 2019, il s’est vu d’ailleurs désigné comme l’un des trois garants de l’indépendance de la CCC.
Fortement inspiré par l’essai L’Espèce affabulatrice de Nancy Huston, Cyril Dion est convaincu de la nécessité de proposer un nouveau récit collectif, expliquant : «Nous avons besoin d’imaginer une autre société, de proposer une autre représentation du monde, un autre récit qui suscite l’enthousiasme. Il n’y a pas d’autres solutions (hormis les catastrophes ou des régimes autoritaires) pour entraîner une vaste mobilisation.» Estimant que, pour le climat, «nous avons jusqu’à 2030 pour faire une bascule radicale», Cyril Dion prône «une véritable révolution culturelle» et une rupture avec le «récit forgé dans la société productiviste, uniquement centré sur la croissance et l’obligation de consommer sans cesse.»
Selon Cyril Dion, «la grande mesure qu’il faudrait prendre, c’est inscrire les limites planétaires dans la loi ou dans la Constitution (…) et créer une instance sur le modèle de l’Agence de sécurité nucléaire, dotée d’un pouvoir de coercition, pour évaluer les politiques publiques». Il pense également qu’il faut proposer des mesures consensuelles pour gagner la population à sa cause. Ainsi, au moment où Nicolas Hulot était ministre de la Transition écologique, Cyril Dion avait jugé que «la seule façon de s’en sortir (pour le ministre), c’est d’avoir les gens avec lui. Il faut donc qu’il propose une bataille consensuelle et gagnable, comme celle de bannir les pesticides de l’alimentation».
Ces dernières années, Cyril Dion a adopté un discours plus radical, soutenant par exemple la démarche d’Extinction Rebellion. De plus, il déplore les conflits entre les différentes approches stratégiques qui «paralysent une grande partie des militants, leur donnant l’impression qu’ils ne font jamais le bon choix» : «C’est le grand écart entre d’un côté ceux qui prônent les tout petits pas ou des solutions hyper technologiques et, de l’autre, des mouvements radicaux de type Deep Green Resistance, qui appellent à saboter la société industrielle (…).» Il se définit, lui, comme « un diplomate» qui «essaie de faire du lien entre les deux, ce qui veut dire que je peux me faire insulter des deux côtés». Il ajoute que les changements radicaux qu’il souhaite ne seront possibles que, d’une part, avec des circonstances historiques favorables (par exemple le coronavirus ou les étés très chauds), et, d’autre part, s’il y a une articulation entre les différents mouvements (Gilets jaunes, l’Affaire du siècle, marches pour le climat) : «Chacun doit jouer sa partition. Pour construire le rapport de force, il faut des diplomates et des personnes à la pointe de l’activisme. Il faut à la fois une vision différente du futur, un récit et des luttes. Et parfois ces luttes peuvent comporter une certaine violence qui tâche de résister à la violence des pouvoirs dominants… Les suffragettes brisaient des vitrines, posaient des bombes, sabotaient les réseaux électriques…»
Enfin, Cyril Dion ne néglige pas l’engagement politique, se situant dans la social-écologie. En juillet 2020, il a déclaré : «Il faudra en 2022 que la social-écologie se structure pour faire gagner quelqu’un qui a vraiment dans sa tête le logiciel écologique. Le jalon des municipales est un bon début. Je participe à plusieurs discussions avec des groupes ou des personnes susceptibles d’être candidat(e) ou qui du moins se disent prêts à rassembler le mouvement social écologique pour 2022.»

Parcours

Né le 23 juillet 1978 à Poissy, Cyril Dion a grandi dans un milieu bourgeois catholique de droite, dans les Yvelines, au Vésinet. Après le lycée, il s’inscrit à l’école d’art dramatique de Jean Périmony où il restera trois ans. Après une très courte carrière de comédien, Cyril Dion s’intéresse à la médecine « douce » en raison de problèmes de santé rencontrés par sa compagne Fanny. Il décide alors de passer une formation en réflexologie plantaire d’après l’énergétique chinoise avec la naturopathe Mireille Meunier. Après avoir ensuite exercé la réflexologie plantaire pendant une année, il rencontre Alain Michel, qui vient de monter la fondation Hommes de parole «pour créer du dialogue en amont des guerres, notamment dans le cadre du conflit israélo-palestinien». En 2003, Cyril Dion devient coordinateur de la fondation Hommes de parole et participe à l’organisation du congrès israélo-palestinien de Caux en 2003 puis, en 2005 et 2006, des 1er et 2e Congrès mondiaux des imams et rabbins pour la paix à Bruxelles puis à Séville.
Fin 2006, quand il décide d’arrêter de travailler pour Hommes de parole, Pierre Rabhi et quelques amis lui proposent de créer le mouvement des Colibris. Il en devient directeur et confie à son père, ancien gestionnaire de patrimoine, l’administration juridique et financière de l’association. En 2010, il conseille et coproduit avec les Colibris le documentaire Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau. Depuis fin 2011 Cyril Dion dirige la collection «Domaine du possible» aux éditions Actes Sud, avec Jean-Paul Capitani, le patron de la maison d’édition. En 2012, il cofonde le magazine Kaizen dont il sera directeur de la rédaction jusqu’en avril 2014. A l’été 2012, il fait un burn-out, s’arrête deux mois et demi, et a «recommencé une thérapie qui a duré 8 mois». En juillet 2013, il ne dirige plus Colibris mais reste membre du collège des fondateurs, l’un des cinq collèges de la gouvernance de l’association.
En 2014, il coréalise le documentaire Demain avec Mélanie Laurent. Sorti en 2015, il sera César du meilleur documentaire en 2016, vu par 1,1 million de spectateurs en salle et distribué dans 30 pays. Ce succès le propulse comme figure écologiste médiatique et incontournable. En mai 2018, il publie Petit Manuel de Résistance Contemporaine. Il réalise avec Laure Nouhalat Après Demain qui est diffusé en décembre 2018 sur France 2, qui analyse l’impact du film Demain dans la société. Toujours en décembre 2018, Cyril Dion est très impliqué dans «l’Affaire du siècle» et signataire de la pétition. En février 2019, il rencontre, à leur demande, les secrétaires d’Etat Brune Poirson et Emmanuelle Wargon, puis François de Rugy, à l’époque ministre de la Transition écologique. Il explique à ce dernier qu’il pense «que la seule action qui serait véritablement à la hauteur de l’enjeu climatique serait d’organiser l’assemblée citoyenne que nous avions proposée à Emmanuel Macron dans une lettre ouverte en janvier». Cyril Dion sera ensuite reçu, avec Marion Cotillard, par le président Macron. Il lui propose «d’installer une assemblée citoyenne tirée au sort, indépendante, qui fasse des propositions recevables pour l’ensemble de la société». Début 2019, il réalise le clip de la chanson d’Emily Loizeau, Viens avec moi mon vieux pays, écrit en soutien à l’Appel des coquelicots lancé par Fabrice Nicolino. En juin 2019, Cyril Dion refuse d’être nommé chevalier de l’ordre national du Mérite pour protester contre les violences policières auxquelles les militants d’Extinction Rebellion ont fait face lors d’une manifestation sur le pont de Sully. En juillet 2019, il est désigné comme l’un des trois garants à la Convention citoyenne pour le climat, chargés «d’assurer l’indépendance des travaux de la convention, en veillant notamment au respect des principes d’impartialité et de sincérité». En 2019, il entame le tournage de son nouveau film Animal, sur la place de l’Homme dans le règne animal, qui doit sortir début 2021. En novembre 2020, il lance une pétition demandant à Emmanuel Macron de tenir ses engagements envers la Convention citoyenne pour le climat. Les signataires dépassent les 300.000 soutiens en à peine quinze jours.

Bibliographie

  • Demain, les aventures de Léo, Lou et Pablo à la recherche d’un monde meilleur, avec Mélanie Laurent et Vincent Mahé, Actes Sud junior, 2015.
  • Demain, un nouveau monde en marche, Actes Sud, 2015.
  • Demain entre tes mains, avec Pierre Rabhi, Actes Sud junior, 2017.
  • Petit manuel de résistance contemporaine, récits et stratégies pour transformer le monde, Actes Sud, 2018.

Filmographie

  • Demain, produit par Move Movie, 2015.
  • Après demain, co-réalisé avec Laure Noualhat, diffusé dans l’émission Infrarouge le 11 décembre 2018, produit par Yami2.
  • Animal, produit par Bright Bright Bright et Capa, 2021.

 

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Générations Cobayes

C/O MIE
50 rue des Tournelles
75003 Paris
Email : contact@generationscobayes.org
Site : http://www.generationscobayes.org/

Profil

Visant à «stopper l’épidémie de maladies chroniques en sensibilisant tous les jeunes entre 18 et 35 ans aux enjeux de santé environnement», Générations Cobayes est épaulée par plusieurs associations : le Réseau Environnement Santé (RES), le CRIIGEN, Respire et REFEDD. Rapidement, Générations Cobayes a acquis une certaine visibilité, grâce notamment à l’aide du CRIIGEN, de Générations Futures, du RES et du WWF, ces associations considérant Générations Cobayes principalement comme un outil pour tenter de relayer auprès des jeunes leurs problématiques de santé environnementale. D’ailleurs, les principales cibles de Générations Cobayes sont l’aspartame, le Bisphénol A et les perturbateurs endocriniens, les OGM et les pesticides, c’est-à-dire les cibles respectivement du RES, du CRIIGEN et de Générations Futures.
Parrainée par Gilles-Eric Séralini et Marie-Monique Robin, Générations Cobayes entend aborder cette problématique santé-environnement avec des campagnes qui se veulent «festives» et «décalées». En 2011 et en 2012, l’association a organisé un défilé baptisé Greenpride, mais ces événements n’ont toutefois pas rencontré le succès escompté. De même, plusieurs campagnes «Générations cobayes, non merci !» ont été organisées mais sans véritable impact chez les jeunes. C’est suite à ces échecs que le collectif a décidé d’initier le mouvement Générations Cobayes et d’abandonner le nom «Appel de la jeunesse». Ils ont alors davantage de succès avec une première campagne racoleuse sur «l’éco-orgasme», déplorant «que l’on ne se pose pas trop de questions sur ce que l’on s’étale dans son trou de balle», suivie d’une campagne «Qu’est-ce que tu glandes ?» dédiée aux perturbateurs endocriniens et aux problèmes de fertilité.
Générations Cobayes sensibilise donc surtout dans les thématiques «sexe», «hygiène-beauté» et «alimentation», évitant d’aborder les problèmes plus importants de santé publique chez les jeunes, comme la consommation de tabac, d’alcool ou de cannabis. L’association revendique aujourd’hui «plus de 1300 bénévoles et 12 groupes locaux partout en France». Avec la multiplication d’événements de rencontre et de «formation» ainsi qu’avec une présence croissante sur Internet, Générations Cobayes considère qu’«à horizon 2020, nous aurons atteint nos objectifs si au moins 1 jeune sur 3 (soit environ 4.5 millions de jeunes) a entendu parler des liens entre santé et environnement». Enfin, l’association fait la promotion commerciale des produits d’entreprises partenaires, avec une marketplace dénommée «La Réjouisserie» dont les jeunes sont la cible marketing.

Structure

Le collectif Appel de la jeunesse (A2J) est enregistré en 2009 comme association de la loi de 1901. En janvier 2015, il change de nom et devient Générations Cobayes. Plusieurs membres d’A2J ont créé en 2013 l’association Greenpride.

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Léa Assouline : co-présidente, Ressources humaines et développement
  • Canèle Cavaillès : co-présidente, Campagne santé mentale
  • Alexandra Watier : Animation scientifique et développement
  • Alexandra Célié : Gouvernance interne et mobilisation
  • Guillaume Vigier : Médiation scientifique et mobilisation
  • Fanny Souillot : Communication

Equipe bénévole

  • Eloïse Briodin : trésorière
  • Alice Degoul : chargée du suivi juridique
  • Jimi Desmet : chargé du blog de Générations Cobayes
  • Cédric Renaud : chargé de la chaîne Youtube
  • Karen Dubois : chargée de la coordination des actions DIY cosmétiques
  • Clio Ballade Noé : chargée de la coordination des actions DIY cuisine, responsable antenne de Paris
  • Candice Gutton : responsable antenne de Caen
  • Florine Rollin : responsable antenne de Lille
  • Grégoire Gomez : responsable antenne de Toulouse
  • Déborah Poirier : responsable antenne de Strasbourg
  • Elodie Abraham : responsable antenne de Rouen
  • Sandra Michaux : responsable antenne de Bordeaux

Salariés

  • Valérie Boisson-Zaric : cheffe de projet Eco-Drague
  • Vénilla Djaé : chargée de l’animation des antennes locales

Comité scientifique

Comité de soutien

Historique

Suite au décès en 2008 d’un de leur camarade atteint d’un cancer, des étudiants du Collège Ostéopathique Européen créent l’association Regards croisés, présidée par Martin Rieussec, afin de «faciliter l’émergence de regards transversaux entre l’écologie, la santé, l’environnement, le bien-être, l’alimentation et l’économie». Jean-Pierre Guillaume, directeur du Collège Ostéopathique Européen, épaule Martin Rieussec et apporte une aide financière. Convaincu que leur camarade est mort en raison de causes environnementales, Martin Rieussec organise un cycle de conférence sur la thématique santé-environnement. C’est à cette occasion qu’il rencontre François Veillerette, Gilles-Eric Séralini, André Cicolella, etc. Regards croisés lance L’Appel de la jeunesse (A2J) en 2009, qui sera rapidement transformé en collectif formé au départ de Regards croisés, Fac Verte, Vive la terre et le Réseau Environnement Santé. Le lancement officiel de l’A2J a eu lieu à l’occasion d’un colloque organisé l’Assemblée Nationale le 25 février 2010 sur le thème «Parme 2010, un enjeu pour la santé des jeunes». En 2013, pour améliorer sa lisibilité, A2J lance le mouvement Générations Cobayes. En janvier 2015, A2J change de nom et devient Générations Cobayes.

Activités

Générations Cobayes organise régulièrement des conférences sur le thème environnement-santé et intervient également dans des débats pour présenter ses actions. En 2011, l’association (appelée alors collectif de l’Appel de la Jeunesse, ou A2J) a lancé la campagne «Générations cobayes, non merci !» afin «d’alerter les responsables politiques et l’opinion publique sur les liens connus et suspectés entre la santé et les nouvelles technologies au sens large». Les cibles ont d’abord été le Bisphénol A (BPA) et, en 2012, les OGM et les pesticides. Un happening sur le thème du BPA a été organisé dans ce contexte mobilisant une vingtaine de militants.
En octobre 2011, A2J a organisé «la première édition de la Greenpride», bien que des Greenpride avaient déjà été organisées en France par Fac Verte. Cet «événement festif», avec un défilé dans Paris, des concerts de musique et un cycle de conférences, est vu par le collectif comme «une excellente opportunité pour mettre les questions de santé-environnement au cœur du débat public, les médiatiser massivement et sensibiliser un très large public». Malgré une faible participation, le collectif a décidé de refaire une nouvelle Greenpride en octobre 2012 (avec comme thème les perturbateurs endocriniens). Bien que réunissant beaucoup d’associations et de partenaires, cet événement connaît encore un échec. Une association éponyme a été créée en mai 2013 par Elise Vertier et Malissa Phitthayaphone, les deux principales organisatrices des défilés.
Fin 2013, le mouvement «Générations Cobayes» est lancé, avec les perturbateurs endocriniens comme cible principale. Leur première campagne destinée aux 18-30 ans porte sur la santé, l’environnement et le sexe, avec comme thème «les 7 commandements de l’éco-orgasme», conseillant notamment l’utilisation de sex toys sans phtalates et de lubrifiants sans parabens. En 2014, l’association affirme que 35.000 jeunes ont répondu à leur quizz «Protège tes hormones». D’octobre 2014 à mai 2015, ils organisent les Campus Générations Cobayes, des conférences avec notamment Michèle Rivasi, François Veillerette, Corinne Lepage,… En décembre 2014, l’association lance une pétition pour demander pour «que la marque Williams retire les substances à risque de sa mousse à raser». De janvier à mai 2015, ils organisent un Tour de France de l’éco-orgasme, avec des réunions dans une quinzaine de villes. En 2015, ils lancent une campagne intitulée «Qu’est ce que tu glandes ?».
En janvier 2016, l’association lance avec 7 entrepreneurs un club d’entrepreneurs dénommé «La Clique des entrepreneurs qui nous veulent du bien !». En 2017, Générations Cobayes fait évoluer ce projet en créant une boutique en ligne baptisée «La Réjouisserie», qui met en vente divers produits d’environ 25 entreprises, avec des reversements à l’association pour chaque achat. En septembre 2016, ils mènent une enquête auprès des jeunes «pour évaluer leur niveau de bonheur, leurs aspirations et leurs priorités dans la vie». Plus de 50.000 personnes ont répondu sur un objectif de 100.000.
Début 2017, Générations Cobayes diffuse une websérie de 7 épisodes de 5 minutes sur les thèmes suivants : Les pesticides et OGM, Les ondes électromagnétiques, Les phtalates et les plastiques, La qualité de l’air intérieur, Les cosmétiques et les nanoparticules, Les additifs alimentaires, Les parabens dans les lubrifiants et préservatifs. De janvier à mars 2017, ils organisent la deuxième édition du Tour de France de l’éco-orgasme, avec des réunions dans une dizaine de villes. La même année, ils sont présents dans une quinzaine de festivals. En 2019, l’association a commencé la réalisation de vidéos «Cobayes en Cuisine» avec le soutien financier de Biocoop.
En février 2011, A2J a aussi proposé une formation aux liens entre santé et environnement à Paris autour de trois thèmes : «agriculture, alimentation et santé», «nouvelles technologies et santé» et «passer d’un paradigme à l’autre». En février 2015, Générations Cobayes propose des «Ateliers campus» d’une durée de 1h30, dans le cadre de leur projet «Do It  Yourself ou DIY»,  pour confectionner soi-même des cosmétiques, vêtements,….
En avril 2011, A2J a annoncé la sortie du livre Vous avez dit cancer ? Des causes environnementales à la prévention, un ouvrage collectif avec comme auteurs Philippe Desbrosses, Gilles-Eric Séralini, Roland Desbordes, Jean-Marc Descotes, André Cicolella, Yorghos Remvikos, François Veillerette. En octobre 2012, le collectif sort un autre livre, intitulé Moment d’agir. En novembre 2015, Générations Cobayes publie l’ouvrage collectif Et notre santé, alors ?

Finances

En 2018, l’association affirme avoir un budget de 330.000 euros (contre 390.000 euros en 2017), avec 40% de financements publics, 53% de financements privés et 7% d’autofinancement. En 2016, l’association a récolté 8758 € sur une plateforme de financement participatif afin de financer un projet de websérie.
Par ailleurs, Générations Cobayes a créé une boutique en ligne baptisée «La Réjouisserie» et mettant en vente divers produits d’environ 25 entreprises. Pour chaque achat, l’entreprise partenaire reverse un soutien financier au mouvement. Ce projet de marketplace a été financé par la Fondation Macif à hauteur de 48.000 euros en 2017.

AnnéeProduitsChargesRésultat
2018non connunon connunon connu
2017non connunon connunon connu
2016247.669 €217.977 €29.692 €
2015184.059 €179.544 €4515 €
201488.311 €86.904 €1407 €
201357.117 €56.930 €187 €
2012non connunon connunon connu
201175.219 €82.391 €-7172 €
201029.924 €20.524 €9400 €

En 2015, leurs cinq principaux financeurs seraient : la Région Ile-de-France (34%), le ministère de la Jeunesse (11%), la région Rhône-Alpes (11%), la Mutuelle familiale (8,5%), la Fondation Léa Nature (5,6%). L’association déclare que ses «grands financeurs» publics en 2018 sont : Mairie de Paris, Ademe, ARS et Région Nouvelle Aquitaine, ministère de l’Ecologie. Côté privé, il s’agit de : Fondation Macif, Biocoop, Mutuelle Familiale, Fondation Santé Environnement (Mutuelle Familiale), Fondation Lemarchand, Harmonie Mutuelle.
Ce qui est établi, c’est qu’en 2017 l’association a reçu 48.000 euros de la Fondation Macif pour «accompagnement de 15 à 20 entrepreneurs au sein de la “clique des entrepreneurs”», et 2000 euros supplémentaires pour participer à La Fête des Possibles. En 2013, l’association a reçu 10.000 euros de l’éditeur de presse Mondadori (Prix des Femmes pour le Développement Durable).
Concernant les subventions publiques, Générations Cobayes a reçu 13.500 euros des ministères en 2018 (contre 11.600 euros en 2017, 10.150 euros en 2016, 12.600 euros en 2015, 5700 en 2014, 2500 euros en 2012, 8000 euros en 2011 et 20.000 euros en 2010). En 2017, la Région Ile-de-France a accordé 31.916 euros à Générations Cobayes (contre 7757 euros en 2016, 52.243 euros en 2015, 38.897 en 2014, 23.000 euros en 2013, 10.000 euros en 2010 et une somme similaire en 2011). En 2017, l’association a reçu 17.000 euros de la Ville de Paris et du Département (contre 18.000 euros en 2016). Elle a reçu 5000 euros en 2015 de la Ville de Paris et 5000 euros en 2014 du Département). Elle a reçu 5000 euros en 2014 de la réserve parlementaire du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, 5000 euros de la réserve parlementaire du sénateur écologiste Jean-Vincent Placé. En 2015, elle a reçu 4000 euros de la réserve parlementaire de la députée écologiste Laurence Abeille. En 2016, l’association a reçu 2000 euros de la réserve parlementaire du député Jean-Louis Roumégas et 5000 euros de la sénatrice Marie-Christine Blandin.
Parmi les soutiens financiers actuels et passés de Générations Cobayes, on peut aussi mentionner : la Mairie de Paris, la Fondation Ecocert, la Fondation pour le progrès de l’homme, la Fondation Lemarchand, la Fondation de France, Mondadori, Domplus, les régions Rhône-Alpes, Aquitaine, Nord-Pas-de-Calais, Centre-Val de Loire.

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Kokopelli

Forêt de Castagnès
Route de Sabarat
09290 Le Mas d’Azil
Tél. : 05 61 67 69 87
Email : semences@kokopelli-semences.fr
Site : https://kokopelli-semences.fr/fr et https://blog.kokopelli-semences.fr/

Profil

Kokopelli entend défendre la biodiversité par la vente de semences, «des variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles», produites par un réseau d’une quinzaine de producteurs bio en France, en Suisse en Italie et aux Etats-Unis. L’association revendique le droit, sans restriction aucune, «de semer librement les semences du Domaine Public», «l’utilisation libre des plantes médicinales» et «l’abolition pure et simple de toutes formes d’agriculture et de médecine fondées sur la mort, sur les produits chimiques et sur les chimères génétiques».
L’association, par sa très grande radicalité, est presque totalement absente des concertations des différents mouvements écologistes. Cette radicalité vient en grande partie de la personnalité de son fondateur (et président jusqu’en 2018), Dominique Guillet (alias Xochi ou Xochipelli), qui considère que «dans la Biosphère de Gaïa, tous les éléments sont à égalité, les bactéries, les champignons, les plantes, les animaux, les hommes». Il est par ailleurs un adepte du mystique américain John Lash, qui affirme qu’une intelligence extraterrestre parasiterait notre conscience. Et sur le blog de Dominique Guillet, vers lequel l’association Kokopelli encourage d’aller car ses articles donnent «un sens réel au travail quotidien de Kokopelli», le fondateur de l’association exprime ses idées aux relents antisémites, expliquant par exemple que «la médecine moderne est génocidaire, donc Sioniste, dans ses fondements», dénonçant la «Jewstice» et «la caste agonisante du Judéo-Bolchévisme», ou encore exprimant sa sympathie pour Dieudonné.
Ananda Guillet, fils de Dominique et actuel directeur de Kokopelli, partage cette même radicalité, exprimant des thèses conspirationnistes sur sa page Facebook : «Comment les frères assassins de Charlie s’enfuient sans rencontrer un seul bouchon de circulation ? Comment le preneur d’otage du magasin Kasher arrive à courir hors du magasin après avoir pris 360 impacts de balle approximativement ? Comment un camion de 38 Tonnes arrive à rentrer au centre-ville de Nice un 14 juillet sans rencontrer la moindre embuche ? Comment un jihadiste décapite un journaliste avec un simple poignard ? Etc. Etc. il y en a des livres entiers. (…) Pourquoi porte-t-on crédit à des infos issues des médias de masse et non à des journalistes d’investigations comme Thierry Messan qui risquent leurs vies pour la vérité ?»
Certaines prises de position ont également contribué à marginaliser Kokopelli au sein de la sphère écologiste, notamment quand Dominique Guillet considère le réchauffement climatique anthropique comme «une nouvelle hystérie religieuse au service de l’Ordre Mondial», dénonce «le Gang des Sionistes Verts à la Cohn-Bendit, Voynet, Lipietz, Jadot», ou quand Kokopelli explique que l’interdiction du glyphosate serait «un cadeau pour Monsanto». Kokopelli entretient cependant quelques partenariats, comme avec l’association de Fabrice Nicolino, Nous voulons des coquelicots, ou encore le CRIIGEN. Par ailleurs, l’association est régulièrement présentée de façon positive sur les chaînes de télévision publiques dans des sujets concernant les semences, et arrive à obtenir le soutien de certaines personnalités comme, par exemple, la chanteuse Camille.
Plus spécifiquement sur les semences, Kokopelli conteste toute législation sur la semence en France. Cette position l’éloigne d’associations comme Réseau Semences Paysannes, Intelligence Verte ou BEDE qui estiment qu’il faut une réglementation mais protégeant les semences paysannes. Kokopelli va jusqu’à dénoncer le Réseau Semences Paysannes, considérant que ce dernier «représente les derniers soubresauts d’un monde paysan qui s’effondre, inféodé à l’industrie semencière mais désespéré par les conséquences inéluctables de cette inféodation».
Dans un livre de 2017 intitulé Nous n’irons plus pointer chez Gaïa, quatre anciens salariés de l’association fustigent «l’imposture» de Kokopelli et racontent comment ils ont été «exploités». Ces témoignages parlent de cadences infernales, de climat de suspicion entretenu par la direction, de surveillance des salariés et d’injonctions au productivisme. Une ancienne salariée confie ainsi : «Face aux salariés trop critiques, la technique est toujours la même : humilier, culpabiliser, isoler, (…) persuader que c’est (eux) le problème, diviser les salariés et pousser à la démission.» En mars 2018, Kokopelli a perdu un procès en diffamation contre un blogueur qui avait repris les critiques de ces salariés dans un article dans lequel il dénonçait «le management autoritaire et crapuleux des Guillet (…) qui cultivent en même temps sous la forme du “moi je” un citoyennisme mystico-anarcho-écologiste de façade et une véritable posture de petit chef tayloriste et stalinien».

Structure

Association de la loi de 1901, créée en 1999.  L’association a des antennes en Belgique, en Suisse ainsi qu’au Costa-Rica, au Brésil et en Inde.

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Ananda Guillet : président
  • Isabelle Chapelle : secrétaire
  • Angelika Nitschke
  • Charlotte Hubert
  • Leentje Vandoorslaer
  • Etienne Samson

Equipe

  • Ananda Guillet : direction générale
  • Simon Martinez : directeur adjoint
  • Aline Bourdon : expédition
  • Angelika Nitschke : production
  • Anita Siegrist : communication
  • Charlotte Hubert : vie associative
  • Isabelle Chapelle : foires et salons biologiques
  • Leentje Vandoorslaer : campagnes humanitaires
  • Etienne Samson : informatique
  • Anaïs Sans : préparatrice à l’ensachage

Activités

La vente de semences de variétés potagères anciennes destinées aux jardiniers amateurs, dont une partie n’est pas enregistrée au catalogue officiel, constitue la principale activité de Kokopelli. Pour cela, Kokopelli participe à de nombreuses foires et salons bio. Outre la vente de semences, Kokopelli publie Semences de Kokopelli, un ouvrage de plus de 800 pages et qui en est à sa  dix-septième édition. Il s’agit d’un manuel de production de semences rédigé par Dominique Guillet et préfacé par Jean-Pierre Berlan. En 2008-2009, Kokopelli a aussi sorti trois DVD sur le thème «Le Titanic apicole» : La Terreur Pesticide, Planète Terre : Désert d’Abeilles, Abeilles: du bétail à miel dans les enclos des colonies humaines. L’association organise des séminaires de formation sur les semences, l’agrobiologie, l’apiculture, etc.
Kokopelli mène diverses campagnes. Depuis 2000, Kokopelli mène une campagne intitulée «Semences sans frontières» qui vise à distribuer des sachets de semences dans les pays du tiers-monde (102.600 sachets en 2010 pour soutenir 171 communautés). En 2019, ce sont 162 colis de semences qui ont été préparés chez Kokopelli, dans le cadre de cette campagne. En mai 2016, Kokopelli lance une campagne internationale baptisée «l’Arche de Quinoa», «pour faire abroger tous les brevets sur la Quinoa». A la même occasion, l’association dénonce les «mensonges de Didier Perréol, le pape de la quinoa bio», et PDG d’Ekibio. Kokopelli affirme que 11.000 sachets de graines de quinoa ont été distribués gratuitement en France. En 2019, Kokopelli a lancé la campagne «Cultivons-nous pour la libération des plantes médicinales» qui vise à promouvoir chaque année une plante médicinale afin d’«apporter un contre-pouvoir, par l’action et la fertilité, au cartel pharmaceutique». La première année, c’est l’Artemisia annua qui a été choisie et, en 2020, le choix s’est porté sur l’Ashwagandha.
En mai 2014, Kokopelli organise les «Journées internationales de la semence», avec notamment Vandana Shiva comme intervenante. En juin 2018, Kokopelli organise le Festival «Les Tambours de Gaïa», avec plus de 3000 personnes qui ont assisté aux conférences. Comme l’a relaté La Dépêche, la présence du professeur Henri Joyeux à cet événement a indigné le Planning familial, qui a protesté contre la venue de cette figure du mouvement anti-vaccins connu pour ses positions très controversées sur l’homosexualité et l’IVG. En raison du Covid-19, l’édition 2020 de ce festival est reportée en juillet 2021.
En 2007, Kokopelli a participé à la conférence GMO-Free Europe. En septembre 2013, Kokopelli a participé au forum «Let’s Liberate Diversity» qui s’est tenu à Bâle, mais a décidé de ne plus participer aux forums organisés par la «Coordination Européenne Let’s Liberate Diversity», une organisation récemment créée. Kokopelli dénonce le «fonctionnement non-démocratique et autoritaire de cette “Coordination”» et «l’absence de rejet authentique du cadre légal actuel régissant les semences et la biodiversité, dont nous souffrons si amèrement depuis les années 60». Dans contexte,  Kokopelli entend impulser la création d’un nouveau mouvement européen, en lien avec à la Global Alliance de Vandana Shiva et le réseau latino-américain Red Semillas Libres. En 2020, Kokopelli apparaît comme partenaire de l’association de Fabrice Nicolino, Nous voulons des coquelicots. En 2010, Dominique Guillet apparaît longuement dans le film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global.
En septembre 2014, suite à une affaire qui a duré 10 ans, la Cour d’Appel de Nancy a renvoyé dos à dos Kokopelli et le semencier Graines Baumaux, tous deux condamnés pour avoir commis des actes de dénigrement réciproques. En janvier 2015, le Tribunal de Grande Instance de Marseille a annulé l’enregistrement de la marque «Tomate Kokopelli» fait par la société Graines Baumaux à l’INPI.
A l’été 2016, Kokopelli dénonce le Réseau Biocoop qui promeut «3 variétés hybrides F1 de tomates (…) qui appartiennent (…) à Limagrain, Enza Zaden et Syngenta/ChemChina» et reproche à l’enseigne bio de ne pas dénoncer l’article 11 «liberticide» de la loi Biodiversité de juillet 2016. En octobre 2018, dans un communiqué cosigné par diverses associations comme Intelligence Verte et Colibris, Kokopelli se félicite que la loi Alimentation «permet désormais à quiconque de donner, d’échanger, mais aussi de vendre des semences de variétés non inscrites au catalogue officiel à des “utilisateurs non professionnels”, jardiniers amateurs et collectivités publiques pour l’essentiel». En juin 2019, Kokopelli reçoit une couverture élogieuse dans un reportage de «Cash Investigation» sur les semences, bien que la journaliste de France 2 responsable du sujet a admis qu’elle était «évidemment au courant de tous les reproches faits à Kokopelli, du livre des anciens salariés sur les pratiques de l’association et du profil de son fondateur et de ses délires». En juillet 2020,dans un communiqué cosigné par diverses associations comme Intelligence Verte et Colibris, Kokopelli déplore que «la Commission européenne s’oppose a la vente libre de semences de variétés paysannes aux jardiniers amateurs», dénonçant «l’influence des lobbys industriels».
Par le passé, l’association a lancé des pétitions comme, en 2017, sur le thème «Libérons les Semences» (environ 250.000 signatures), ou encore ensuite en faveur d’un moratoire sur les agrocarburants. Toutefois, en 2012, Dominique Guillet estime à propos des pétitions que «les psychopathes prédateurs s’en torchent leur barbecul».

Finances

Ne publiant ni bilan ni rapport annuel, Kokopelli est opaque concernant ses finances. Son directeur affirme que l’association réalise un chiffre d’affaires de 3,2 millions d’euros en 2016, de 2,5 millions d’euros en 2015, et de 1,8 million d’euros en 2014. L’association revendique en 2017 plus de 12.000 adhérents (contre 9000 en 2014) et 52.000 clients. Les autres sources de revenus sont les séminaires, formations ainsi que les ventes de DVD et d’ouvrages. Cependant, la principale source de revenus est la vente de semences. Depuis 2013, l’association se targue d’une très forte progression de son activité avec une croissance à deux chiffres. Au point d’investir 1,6 million d’euros dans un nouveau bâtiment de 1000 m2 qui doit permettre à Kokopelli de regrouper ses activités et son stockage sur un seul site (boutique, espace musée, salle de conférence…).
De plus, Kokopelli a eu des soutiens financiers pour mener ses batailles juridiques en 2009 : Fondation Patagonia (8500 euros), réseau des Biocoop (3000 euros), Cosmétiques Fleurs de Saintonge (2000 euros), Mouvement pour la Culture Bio Dynamique (2000 euros), association Jura-Écologie (1000 euros), Handicap International (1000 euros)… La Fondation pour une Terre humaine, dont le président Jean-Louis Gueydon de Dives a été très proche de l’association, a subventionné ponctuellement Kokopelli. Elle a par exemple donné il y a une dizaine d’années une aide de 15.000 euros qui a permis à Kokopelli de solliciter ses adhérents, amis et clients de l’association par l’envoi d’une brochure proposant l’adhésion. Kokopelli a aussi reçu ponctuellement le soutien de fondations d’entreprises : Fondation Léa Nature, Fondation SQLI. En 2014, pour financer sa campagne «Semences sans frontières», Kokopelli récolte 34.884 euros sur une plateforme de financement participatif. Cette campagne obtient également le soutien financier des sociétés commerciales Les Jardins de Gaïa et Atlan Jardin.
Indirectement, la vente du livre Semences de Kokopelli apporte également des ressources financières. L’ouvrage de 848 pages, préfacé par Jean-Pierre Berlan, en est déjà à sa 17ème édition et est édité par les éditions «La voix des semences», société créée en 2005 et dirigée par Dominique et Sylvie Guillet. Début octobre 2020, Ananda Guillet en est devenu le président. Le chiffre d’affaires de la société est de 170.600 euros en 2019 (contre 170.600 euros en 2018, 400 euros en 2017, 171.400 euros en 2016, 172.100 euros en 2015, 173.400 euros en 2014, 174.800 euros en 2012, 175.000 euros en 2011, 185.800 euros en 2010, 193.000 euros en 2009).

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Green Cross France et Territoires

33 rue Chaptal
92300 Levallois-Perret
Tél. : 01 84 16 07 89
E-mail : contact@gcft.fr
Site : http://gcft.fr

Profil

logo-green-crossPrésidée par Jean-Michel Cousteau, le fils du célèbre commandant Cousteau, Green Cross France et Territoires (GCFT) est la branche française de Green Cross International (GCI). Basée à Genève et fondée par l’ancien dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, la CGI comprend diverses personnalités comme Ted Turner, le fondateur de CNN, et le comédien Robert Redford.
Peu connue du grand public, GCFT a une approche institutionnelle et mène des campagnes de lobbying, notamment en participant à divers colloques et en rédigeant des notes sectorielles et des rapports. Les principales thématiques sont : l’eau, les océans, le climat, l’économie circulaire, l’agroécologie et l’énergie. Ainsi, son directeur explique : «La position de Green Cross, par la voix de son président, est que le nucléaire n’a pas d’avenir, que la création de nouvelles installations ne devrait, en conséquence, même pas se poser. Il en est ainsi pour l’EPR.» GCFT est également opposée à l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste, jugés «inutiles d’un point de vue énergétique et néfastes pour l’environnement». Toutefois, GCFT collabore régulièrement avec des entreprises. Ainsi, depuis 2017, elle a comme mécène et partenaire GRTgaz, leader européen du transport du gaz, tout en faisant du lobbying en faveur du gaz, «un accélérateur de la transition énergétique». L’association est aussi impliquée sur la thématique de l’économie circulaire, car «c’est une réponse à la crise qui montre qu’on innove, on crée de l’emploi en préservant les ressources naturelles et en rendant un meilleur service aux gens». Sans base militante, les revendications de GCFT sont souvent portées par ses responsables lors de colloques, forums ou conférences, comme par exemple celles sur le climat organisées par l’ONU.
Une première structure baptisée «Green Cross France» a mis fin à ses activités en 2008 suite à la démission de son président Yves Paccalet. Ce dernier avait justifié sa décision par le fait que le président de GCI d’alors – le sulfureux milliardaire polonais Jan Kulczyk – avait «trop d’intérêts financiers directs dans des secteurs industriels pollueurs (pétrole, automobile, etc.) pour diriger GCI». Début 2017, une grave crise a secoué GCI, lors de laquelle Mikhaïl Gorbatchev et Jean-Michel Cousteau ont démissionné du conseil d’administration. L’ancien leader soviétique a accusé la section suisse d’avoir «saboté» l’organisation environnementale internationale et d’être devenue une «machine à générer de l’argent, qui a capitalisé sur le travail de tout le réseau de la Croix-Verte et utilisé ses ressources pour des activités promotionnelles et non pas des projets et pour manipuler les autres sections nationales». Depuis, la justice suisse a ouvert une enquête sur les agissements de Green Cross Suisse et GCI est désormais présidée par le responsable de la branche américaine de l’organisation.

Structure

Dans un premier temps, Green Cross International Lyon a été créée en décembre 2000 comme association de la loi 1901. En février 2006, elle transforme son nom en Green Cross France. Après la démission en juillet 2008 d’Yves Paccalet, le président de Green Cross France, une nouvelle association loi 1901 est créée en septembre 2011, sous le nom de Green Cross France et Territoires.

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Jean-Michel Cousteau : président
  • Eric Villalonga : trésorier
  • Jacques Degroote
  • Hasmik Barseghyan
  • Patrice-Albert Comte
  • Olivier Kalousdian
  • Matthieu Kerhuel
  • Diane de Labaudère
  • Jean-Charles Lardic
  • Jean-Yves Leber
  • Geneviève Maillet
  • Nathalie Meusy
  • Faiçal Slim
  • Charlotte Ruzzica de la Chaussée

L’équipe

  • Nicolas Imbert : directeur exécutif
  • Lucile Pillot : chargée de projet
  • Juliette Protois : chargée de projet
  • Alexandre Thévenet : conseiller senior communication et développement
  • Clara Barth : conseillère stratégique
  • Frédérique Le Falher
  • Henri Robert

Comité d’orientation

  • Sonia Bahri
  • Céline Basset
  • Anne Beaufumé
  • Jean-Marie Collin
  • Nelly-Françoise Comte
  • Emmanuel Dupuy
  • Marc Frilet
  • Géraud Guibert
  • Cyrielle Hariel
  • Michel Hignette
  • Jean-Yves Léber
  • Thierry Larnicol
  • Julie Lasne
  • Corinne Lepage
  • Stéphane Linou
  • Arnaud Chiche
  • Anissa Lardjane
  • Chantal Malenfant
  • Pascal Petit
  • Henri Robert

Historique

Green Cross International (GCI), basée à Genève, a été fondée par l’ancien dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev en 1993. Aujourd’hui, GCI est présente dans plus de 30 pays, et a pu aussi se développer grâce des membres honoraires célèbres comme Robert Redford, Ted Turner (fondateur de CNN), l’ancien secrétaire des Nations unies Javier Pérez de Cuéllar ou encore le prix Nobel de la Paix Wangari Maathai. La branche française de GCI est fondée fin 2000, mais elle connaît une crise lorsque son président Yves Paccalet démissionne en 2008. Il faut attendre septembre 2011 pour que GCI crée une nouvelle branche française sous le nom de «Green Cross France et Territoires».

Activités

Lobbying : Les activités de GCFT consistent notamment à publier des notes sectorielles, des rapports ou des listes de proposition. Par exemple, en juillet 2012, GCFT publie un rapport sur le coût et les prix de l’électricité dans lequel elle préconise «la mise à l’arrêt progressive du parc électronucléaire français, en faisant en sorte qu’aucune centrale nucléaire ne dépasse 35 ans d’exploitation». En juillet 2013, GCFT publie un rapport intitulé Enjeux sanitaires, environnementaux et économiques liés à l’exploitation des gaz de schiste. En août 2017, l’association publie une note intitulée «Le gaz, un accélérateur de la transition énergétique» ; en février 2019, 20 propositions pour la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens ; en mars 2020, l’association diffuse «CoVid 19 – 10 propositions pour des territoires plus résilients» ; en avril 2020, «10 propositions de Green Cross pour un financement raisonné du transport aérien» ; en juillet 2020, la note «Le rôle du rail dans le maillage et la performance logistique des territoires».
GCFT participe à de nombreuses conférences et colloques, dont certains coorganisés par l’association. Par exemple, en mars 2012, elle a participé au Forum Mondial de l’Eau à Marseille. En mai 2012, elle a participé au Forum International Green Business, à l’invitation de la CEEAC (Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale) et du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) à Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville. En novembre 2016, GCFT organise avec la «coalition climat : objectif Océan» une conférence dans le cadre de la COP22, au Maroc, sur le thème «2017 : sortons les plastiques de l’océan». En mars 2017, GCFT organise un colloque sur le thème «Défense, Dissuasion et Climat : Quelles évolutions dans un monde qui change ?» En avril 2017, l’association co-organise avec l’ESA un colloque sur le thème «2017 : stoppons le plastique dans l’océan». En novembre 2017, GCFT avec Métro Cash & Carry organisent un colloque sur le thème «Mon restaurant passe au durable». En décembre 2017, GCFT participe au World Efficiency Solutions à Paris, organisé cette année dans le cadre du «One Planet Summit». En juin 2019, GFCT a été partenaire de la deuxième édition des Voiles de l’Energie et de l’Environnement® (V2E) organisée par l’association du même nom.
Depuis, 2015, GCFT a mis en place un think-and-do tank «Alimentation», qui réunit «dans une logique de co-construction les professionnels de la filière, ainsi que différents organismes et relais territoriaux impliqués». En février 2017, ce think-tank a notamment organisé son colloque annuel «Coup de projecteur sur les filières qui marchent». C’est aussi dans cette logique que GCFT a été partie prenante à la concertation menée par Interbev sur la performance environnementale de l’élevage allaitant.
GCFT s’associé à d’autres structures ou à des appels, comme en avril 202, avec l’appel «Pour en finir avec l’impuissance, développons ensemble une fabrique des transitions territoriales», relayé par SocialTer. En avril 2012, GCFT a lancé un appel (avec Ecologie sans frontière, les Ateliers de la Terre et la Fondation Danielle Mitterrand) afin de repositionner l’eau au cœur de Rio+20. En juin 2012, GCFT crée avec d’autres partenaires «L’Alliance pour les Mers et les Océans» à l’occasion de Rio+20. Le 2 juillet 2012, GCFT a rejoint le Rassemblement pour la planète afin de pouvoir être présente lors de la Conférence Environnementale organisée par le gouvernement en septembre 2012. En juin 2015, GCFT participe au groupe qui rédige la Déclaration universelle des droits de l’humanité, sous la direction de Corinne Lepage. Ce texte est remis au président François Hollande en septembre 2015.
Publications : dans le cadre de la collection Des clés pour agir, GCFT diffuse diverses publications disponibles depuis 2015 sur un site dédié. En avril 2016, l’association sort son ouvrage Economie circulaire – Des clés pour agir. En juin 2016, à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Océan, GCFT la publication de son ouvrage Océan – Des clés pour agir. En 2020, à l’occasion du Salon de l’agriculture, GCFT publie la 4ème édition de Mon restaurant passe au durable – Des clés pour agir, en partenariat avec METRO France.

Finances

GCFT est totalement opaque concernant ses finances, puisqu’il n’y a ni rapport financier ni bilan sur son site. Il est établi que l’association a eu 115.078 € de ressources pour l’exercice 2012-2013 (163.973 € de charges), dont 83% provenant du mécénat, et 147.433 € de ressources pour l’exercice précédent (154.227 € de charges). Dans le registre des Représentants d’intérêts à l’Assemblée nationale, GCFT a déclaré en 2016 avoir eu un budget global de 163.973 euros (dont 135.000 euros de dons et 15.000 euros de cotisations), sans préciser l’année de l’exercice. Dans ce même registre, GCFT affirme avoir 221 adhérents «personnes physiques» et 20 adhérents «personnes morales» (Association Bilan Carbone, Association Orée, Banque Populaire de l’Ouest, CIWF, Climates, Eiffage, Féminin Bio, Fleury Michon, Fondation Nature et Découvertes, Iguana Yatchs, Institut Inspire, La Française Group, Office du tourisme du Pays de Saint-Brieuc, Pratibuches, Resolute Marine Energy, Rochexpo association, Sollis, Sopra Group, WE Demain, Wimi).
En 2016, GFCT  a reçu 8000 euros de la réserve parlementaire du député socialiste Arnaud Leroy. L’association a reçu 40.000 euros du ministère de l’Ecologie en 2012. Parmi ses «partenaires et mécènes», GFCT mentionne L’Oréal, Nexity, Groupe Circular Forever, Bureau Veritas, l’Agence spatiale européenne, Metro Cash & Carry France, GRTgaz,  l’Ademe, Groupe La Française (groupe de gestion d’actifs dépendant du Crédit Mutuel), Les Mousquetaires, la Fondation Léa Nature, Union des Aquariums de France, etc.

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Philippe Desbrosses

Président d’Intelligence Verte
Président du Fonds Intelligence Verte
Membre fondateur du Rassemblement Citoyen
Membre du collège d’experts de la Fondation Léa Nature
Parrain de la Fondation d’entreprise Ekibio

Profil

Fondateur de la ferme de Sainte-Marthe à Millançay et pionnier de l’agriculture biologique en France, Philippe Desbrosses est un personnage à multiples facettes. Il a d’abord une image d’interlocuteur modéré et pragmatique avec les institutions, renforcée par ses activités commerciales. Il apparaît d’ailleurs plus volontiers avec son amie Corinne Lepage et le WWF, qu’avec les militants plus radicaux de Kokopelli ou des Faucheurs Volontaires. Il a longtemps fait partie des administrateurs du CRIIGEN (jusque fin 2018) et est aussi proche de deux fondations d’entreprises bio. Il est connu comme l’organisateur jusqu’en 2014 des Entretiens de Sologne (anciennement Entretiens de Millançay), un rendez-vous incontournable pour la «grande famille» du bio, où l’on a vu défiler à la tribune de nombreuses figures de l’écologisme comme Corinne Lepage, Nicolas Hulot, Pierre Rabhi, Gilles-Eric Séralini, François Veillerette, Dominique Belpomme, etc. Cette présence depuis plus de trente ans en Sologne permet à Philippe Desbrosses d’avoir un fort ancrage régional.
Son idéologie tend cependant vers la radicalité, avec sa revendication d’une agriculture 100% bio et d’un «retour à la terre». Il exprime une nostalgie du passé, voyant même dans la traction animale un «auxiliaire idéal» pour certains travaux agricoles. D’ailleurs, dans un texte d’avril 2020 intitulé «Propositions pour un retour sur terre» qu’il cosigne, Philippe Desbrosses soutient l’idée «d’abandonner presque entièrement la motorisation à énergie fossile et d’avoir massivement recours à l’énergie musculaire (animale ou humaine)» dans les activités agricoles.  Il déplore la «désintégration des valeurs traditionnelles de solidarité, de spiritualité, de “Bien commun”», et fustige aussi la société moderne où «“l’homme du progrès scientifique” a inauguré une nouvelle ère : celle du cannibalisme. Elle commence par les animaux et, bientôt, elle se poursuivra avec les hommes, comme dans le film prémonitoire, tourné il y a 25 ans, Soleil vert, où les cadavres humains étaient recyclés pour la nourriture des vivants.» De manière plus générale, Philippe Desbrosses estime qu’il faut mettre en place ces mesures écologiques avant qu’on ne «nous impose l’écologie de manière dictatoriale, parce qu’on ne pourra pas faire autrement.» Il est convaincu que le changement passera par la base, qualifiant par exemple la COP21 de «mascarade».
Son engagement militant depuis sa jeunesse s’est fait sur une base spirituelle, expliquant que «c’était un appel profond, quasi mystique pour la terre» : «Ce qui m’a ramené à l’agriculture biologique, c’est la lecture d’un livre un peu décrié mais qui moi m’a fait passé une étape au-dessus, c’était Le Matin des magiciens de Pauwels et Bergier en 1968. J’ai fait ma petite crise mystique à cette époque et j’ai découvert l’alchimie. (…) Tout mon parcours est émaillé de cette recherche mystique et spirituelle, que je n’ai jamais dévoilé parce que c’est plutôt contre-productif si vous défendez des idées très sérieuses, très rationnelles, et qu’en même temps vous y mêlez une quête spirituelle, vous êtes vite catalogué comme dépendant d’une secte ou animateur d’une secte.»
Par ailleurs, il promeut régulièrement les pratiques ésotériques de l’agriculture biodynamique, imaginées par l’occultiste Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie. Philippe Desbrosses explique par exemple que «chaque intervention de l’agriculteur ou du jardinier est (…) renforcée positivement ou négativement selon l’heure et les configurations planétaires. En d’autres termes, la plante reçoit les forces ou les faiblesses des “musiques célestes” du moment». De même, il a toujours flirté avec la nébuleuse des médecines douces et antivaccination, préfaçant par exemple un livre de la militante antivaccin Sylvie Simon, ou en participant avec le soutien de Jean-Marc Governatori au lancement de l’Alliance pour la santé en 2009, une structure de promotion des «médecines non conventionnelles».

Parcours

Après avoir obtenu son certificat d’aptitude professionnelle agricole, il est en 1958-1959 aide-familial à la ferme Sainte-Marthe à Millançay, sur l’exploitation de ses parents. En 1962, il se marie avec Jacqueline, accordéoniste et auteur-compositeur. Cette rencontre l’amène à monter sur Paris et devenir guitariste et animateur, entre 1963 et 1971, d’un groupe de variété baptisé «Belisama». Il sera aussi, entre 1969 et 1971, directeur artistique auprès de la firme de disques Vogue. En 1972, il effectue son retour à la terre en tant qu’agriculteur à la Ferme de Sainte Marthe, exploitation dont il sera le responsable dès 1974. A partir de cette époque, il rejoint Nature et Progrès. En 1978, il fonde la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) avec trois autres membres de Nature et Progrès (Rémi Combes, Pierre Guillot et François Jacquot). Vice-président de la FNAB, il est aussi en 1980 président-fondateur du Comité interprofessionnel national de l’agriculture biologique (Cinab). Entre 1980 et 1983, il négocie l’officialisation et la certification de l’agriculture biologique auprès des pouvoirs publics. Expert depuis 1983 de la Commission des labels auprès du ministère de l’Agriculture, il est élu au comité de direction de l’International Federation of Organic Agriculture Movements (Ifoam) qui le charge des premières négociations à Bruxelles pour faire aboutir la reconnaissance de l’agriculture biologique au niveau européen. Il est aussi conseiller-expert à la CEE depuis 1983 et au Parlement européen depuis 1985. En 1987, il devient docteur en sciences de l’environnement avec une thèse sur le lupin (Université de Paris VII). En 2004, il est nommé président de la section de l’agriculture biologique à la Commission nationale des labels, commission dissoute à ce jour. Depuis 1990, Philippe Desbrosses organise les Entretiens de Millançay (rebaptisés Entretiens de Sologne), cycle de conférences où se mêlent écologie spiritualité, écologie, santé et pratiques agronomiques alternatives. En 1999, il crée l’association Intelligence Verte. En 2005, Philippe Desbrosses crée le collectif Objectif Bio afin de défendre une agriculture 100% bio. En 2007, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, il est chargé de mission auprès du ministre de l’Agriculture et co-préside un comité de pilotage interministériel pour la mise en œuvre du programme national de développement de l’agriculture biologique.
En parallèle, Philippe Desbrosses a créé en 1982 la Société civile de productions agrobiologiques et alimentaires de Sainte Marthe et, en 1996, la société Sainte Marthe Développement. Donc, au début des années 80, il met en place l’activité semences, d’abord sous forme associative (échange de graines), dans le but de multiplier des variétés anciennes de légumes. Ainsi, depuis 1982, le Catalogue de la Ferme Sainte-Marthe propose à la vente des semences bio sur une centaine de pages. Cependant, aujourd’hui ce catalogue est entièrement géré par la SARL Ferme de Sainte Marthe, basée en Anjou et non en Sologne, dont l’actionnaire majoritaire a été longtemps Sainte Marthe Développement. En novembre 2001, Philippe Desbrosses a cédé ses parts à la société Graines Voltz.
Depuis 1993, Philippe Desbrosses est aussi directeur du Centre pilote européen de l’agriculture biologique de la Ferme de Sainte-Marthe. Il bénéficie d’une mission contractuelle avec l’Union européenne et avec la Région Centre «pour la formation et la promotion de l’agriculture biologique et la préservation de la biodiversité». Cependant, n’ayant pas été capable de fournir les documents comptables justifiant ses dépenses, Philippe Desbrosses a été mis en demeure par la Commission européenne de rembourser la subvention. Le 17 avril 2007, le tribunal de grande instance de Blois l’a condamné à rembourser, jugement confirmé par la cour d’appel d’Orléans le 27 mars 2008. Après que les deux sociétés de Philippe Desbrosses aient été placées en redressement judiciaire en avril 2010, elles ont été en liquidation judiciaire le 8 avril 2011. L’activité de la Ferme de Sainte-Marthe a pu être sauvée grâce à la Société Nouvelle de la Ferme de Sainte Marthe, créée par trois amis de Philippe Desbrosses : Charles Kloboukoff (Groupe Léa Nature), François Lemarchand (Nature & Découvertes) et feu Claude Dumont (ancien président du WWF).
En 2010, il apparaît dans le film Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau. En 2013, il participe à la création du Rassemblement Citoyen, le nouveau parti de son amie Corinne Lepage. En 2014, il devient candidat aux élections européennes de 2014, en deuxième position sur la liste Europe Citoyenne dans la région Centre, avec un score de 0,51% des voix. Fin 2014, Philippe Desbrosses lance le projet Graines de Vie, un «mouvement citoyen pour la sauvegarde des variétés potagères et fruitières menacées de disparition». Il s’agit notamment de former des «ambassadeurs de la biodiversité» au Conservatoire de Sainte-Marthe et d’Intelligence Verte et «sauvegarder et multiplier 150 variétés anciennes par notre réseau de reproducteurs». En décembre 2015, en marge de la COP21, Philippe Desbrosses participe au Tribunal International des Droits de la Nature, en tant que juge d’honneur sur les «méfaits de l’agro-industrie et les OGM». En janvier 2017, il crée le Fonds de dotation Intelligence Verte qui «a pour objet le soutien ou la réalisation de projets favorisant l’usage éthique et cyclique de la terre, la préservation et la gestion des ressources naturelles dans une optique de solidarité entre les générations présentes et futures». En avril 2020, il cosigne le texte «Propositions pour un retour sur terre» avec Dominique Bourg, Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Xavier Ricard-Lanata, Pablo Servigne et Sophie Swaton, promouvant une «déglobalisation décroissanciste et solidaire». Au même moment, il signe une tribune intitulée «Assurer la sécurité alimentaire des populations», et signée notamment par Dominique Bourg, Corinne Lepage, Edgar Morin, Cyril Dion, Jean-Marc Governatori, Yannick Jadot, Michèle Rivasi, Gilles-Eric Séralini, Charles Kloboukoff, etc. En mai 2020, il cosigne une tribune intitulée «Pour des quotas généralisés» et qui plaide en faveur de «quotas carbone individuels limitant progressivement nos consommations».

Bibliographie

  • Le Krach Alimentaire (préfacé par l’Abbé Pierre), Édition Le Rocher, 1987.
  • La Terre Malade des Homme, Édition Le Rocher, 1990.
  • Nous redeviendrons Paysans !, Édition Le Rocher, 1993.
  • L’Intelligence Verte, l’Agriculture de l’avenir, Édition Le Rocher, 1997.
  • Préface de l’ouvrage La dictature médico-scientifique ou L’emprise des lobbies financiers dans le domaine de la santé de Sylvie Simon, 1997.
  • Agriculture Biologique, préservons notre futur !, préface Jean-Pierre Coffe, Édition Le Rocher, 1998
  • Le Guide Bio Hachette en collaboration avec son épouse Jacqueline, Éditions Hachette, 2002 et 2007.
  • La Vie en Bio en collaboration avec son épouse Jacqueline, Éditions Hachette, 2002.
  • Combien de catastrophe avant d’agir, ouvrage collectif en collaboration avec Nicolas Hulot, Éditions du Seuil, 2002.
  • L’impasse alimentaire, ouvrage collectif avec Nicolas Hulot. Éditions Fayard, 2004.
  • Le Pouvoir de Changer le Monde, Éditions Alphée, 2006.
  • Le Pacte Ecologique ouvrage collectif avec Nicolas Hulot. Éditions Calmann-Lévy, 2006.
  • Terres d’Avenir pour un mode de vie durable, préfacé par Edgar Morin, avec E. Bailly et T. Nghiem, Éditions Alphée, 2007.
  • Participation à l’ouvrage Politique Ecologique = Plein Emploi de Jean-Marc Governatori, 2007.
  • Préface de l’ouvrage La Famine mondiale est imminente – Comment les villages pourraient assurer une prospérité durable de Pierre Gevaert, Éditions Serpent à plumes, 2009.
  • Guérir la terre, Éditions Albin Michel, 2010.
  • Manifeste pour un retour à la terre, Éditions Dangles, 2012.
  • Préface de l’ouvrage La clé d’être – Harmoniser la musique de sa vie, de Marc Vella, Véga, 2016.
  • Retour sur Terre : 35 propositions, de Philippe Desbrosses, Dominique Bourg et al., PUF, 2020.
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Rassemblement pour la planète

19, avenue Sainte-Foy
92200 Neuilly-sur-Seine
Email : contact@rassemblementpourlaplanete.org

Profil

Si, depuis fin 2015, le Rassemblement pour la planète (RPP) n’a plus de site en ligne et pratiquement aucune activité publique, cette structure resurgit de temps à autre de façon opportune. En effet, le RPP a vu le jour spécifiquement dans la perspective de la Conférence Environnementale organisée par le gouvernement en septembre 2012. A l’époque, plusieurs associations avaient décidé de s’unir au sein du RPP avec comme ambition de peser sur la thématique de la santé environnementale, expliquant que «la crise sanitaire est la conséquence de l’activité humaine, car toutes ces maladies trouvent majoritairement leur cause dans l’environnement moderne dont les principales composantes sont l’alimentation insuffisante ou déséquilibrée, les pollutions, la sédentarité et la précarité sociale». Parmi toutes ces composantes, une seule est réellement mise en avant par le RPP : les pollutions. Les membres fondateurs de cette nouvelle structure (Ecologie sans frontière, Générations Futures, Réseau Environnement Santé, Robin des Toits, Respire) sont en effet connus pour leurs campagnes catastrophistes sur l’impact des activités humaines sur la santé, occultant souvent tous les autres facteurs.
Le RPP est principalement sous la houlette de Générations Futures (GF), d’une part parce que cette association est doublement présente au sein du Rassemblement (en tant que telle et en tant que membre du Réseau Environnement Santé) et d’autre part parce que la présidence a été confiée à Nadine Lauverjat, une des responsables de GF. Le RPP a été rejoint par la Sea Shepherd et d’autres associations apparaissent comme partenaires : GoodPlanet, Générations Cobayes, L’âge de faire, le CNIID, Fondation Danielle Mitterrand, etc.
En septembre 2013, le RPP, soutenu par quatre anciens ministres de l’Ecologie, la sénatrice Leila Aïchi et une députée européenne, s’était offusqué du fait que leurs associations membres n’étaient pas invitées à la deuxième conférence environnementale. La dernière activité notoire du RPP a été la mise en place en 2014 d’un outil de financement participatif en ligne dénommé Citizencase, désormais constitué en association depuis août 2016.

Structure

Au départ, fédération d’associations sans structure légale, créée en juillet 2012. Le 5 juin 2012, «Rassemblement pour la planète» a été déposé comme marque à l’Institut national de la propriété industrielle. Le Rassemblement pour la planète est devenu en octobre 2012 une association de la loi de 1901, et la marque «Rassemblement pour la planète» n’existe désormais plus.

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Nadine Lauverjat : présidente
  • Etienne Cendrier : secrétaire
  • Sébastien Vray : trésorier
  • Franck Laval
  • André Cicolella

Historique

Ecologie sans frontière, qui siège au CNDDGE (Conseil national du développement durable et du Grenelle de l’environnement), a décidé de céder sa place au Rassemblement pour la planète en vue de la Conférence Environnementale de septembre 2012. La raison invoquée pour ce rassemblement réside dans les règles prises à l’été 2011 sur la représentativité des associations environnementales, lesquelles introduisent des critères quantitatifs (nombre d’adhérents supérieur à 2000 ou nombre de donateurs supérieur à 5000), et qui excluraient de fait les petites structures des négociations environnementales

Activités

Le Rassemblement pour la planète a principalement été créé en vue de la Conférence environnementale de septembre 2012. Suite à cet événement, le RPP a déploré «une vraie régression sur santé environnement et des incertitudes sur les questions agricoles». En septembre 2013, les associations membres du collectif se disent «scandalisées et stupéfaites» car elles ne figuraient pas dans la liste des organisations invitées à la deuxième Conférence environnementale. A cette occasion, elles ont été soutenues par Corinne Lepage, Delphine Batho, Chantal Jouanno et Yves Cochet. Depuis octobre 2013, le RPP n’a pratiquement plus aucune activité et n’a sorti aucun communiqué. En juillet 2014, le collectif soutient la Greenpride.  Il a mis en ligne en juin 2014 une plateforme de financement participatif, dénommé Citizencase, «pour aider toutes les associations de défenses de l’environnement et de la santé dans leur projets d’actions juridiques». Depuis août 2016, Citizencase s’est constitué en association.
En septembre 2016, les membres du RPP ont présenté les résultats d’un sondage exclusif réalisé par l’Ifop qui montre que «90% des personnes interrogées pensent que la mise en place de réglementations visant à réduire significativement l’exposition des enfants à des polluants chimiques toxiques doit faire partie des priorités en matière d’action sanitaire publique». En mars 2017, Ecologie sans frontière, Générations Futures et le RPP ont décidé de se porter partie civile contre un pneumologue réputé qui avait passé sous silence ses liens avec l’industrie pétrolière. En avril 2017, le RPP et trois de ses associations membres ont fait réaliser un sondage par l’Ifop sur «les attentes des Français en matière environnementale pour le prochain quinquennat et la question des conflits d’intérêts».

Finances

Depuis 2013, le Rassemblement pour la planète a reçu en tout 237.046 euros de la Réserve parlementaire de la sénatrice Leila Aïchi (d’abord EELV puis MoDem et enfin sans étiquette depuis 2017) : 37.046 euros en 2017 (pour «Organisation et structuration des lanceurs d’alerte et des associations spécialisées santé & environnement»),  80.000 euros en 2016 (pour le même objet), 70.000 euros en 2014 (pour «Etudes et expertise en matière de santé-environnement») et 50.000 euros en 2013. A noter que Nadir Saïfi, l’assistant parlementaire de Leila Aïchi, est par ailleurs vice-président d’Ecologie sans frontière, une des associations fondatrices du RPP. Quand son site fonctionnait, il n’y avait aucune information sur ses ressources financières. La plupart des associations qui en sont membres sont opaques sur leurs finances et leurs sources de financement. En 2013, le RPP a versé 10.000 euros à Générations Futures pour le dossier des pesticides néonicotinoïdes.

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Ecologie Sans Frontière

Hôtel Solar
22, rue Boulard
75014 Paris
Tél. : 01.43.27.79.08
Email : ecologiesansfrontiere@wanadoo.fr
Site : http://ecologiesansfrontiere.fr

Profil

Peu connue du grand public et sans base militante, Ecologie sans Frontière (ESF) privilégie les actions judiciaires, menant peu d’actions sur le terrain, hormis contre la pollution de l’air. Les représentants d’ESF sont d’ailleurs ponctuellement invités à s’exprimer dans les médias lors des pics de pollution atmosphérique. De taille très modeste, elle est pourtant apparue lors des négociations du Grenelle de l’environnement aux côtés des sept grandes associations écologistes nationales. Cette présence surprenante s’explique par la proximité du fondateur d’ESF, Franck Laval, avec les milieux politique du centre et de droite, en particulier le ministre de l’Ecologie de l’époque, Jean-Louis Borloo. Tous deux ont en effet milité ensemble au sein de Génération Ecologie dans les années 90, ainsi que Nadir Saïfi, le vice-président d’ESF. C’est Franck Laval qui aurait soumis l’idée du Grenelle de l’environnement dès décembre 2006 à Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Emploi, de la cohésion sociale et du logement. Le ministre lui aurait en effet demandé «de constituer un plateau d’une quinzaine de personnes pour un déjeuner sur le thème de l’environnement». Selon Frank Laval : «Je suis retourné voir NKM (Nathalie Kosciusko-Morizet), elle a ensuite convaincu Nicolas Sarkozy.»
ESF est donc avant tout une structure de réseau et d’influence. On a retrouvé l’association au sein de L’Alliance pour la planète, et Franck Laval comme cofondateur des Amis d’Europe Ecologie (proche des frères Cohn-Bendit), administrateur de Greenpeace avant d’en devenir membre de son assemblée statutaire. Le 2 juillet 2012, ESF avec Générations Futures, et quelques autres petites associations, ont lancé le Rassemblement pour la planète, afin de pouvoir être présents lors de la Conférence Environnementale prévue en septembre 2012. Frank Laval explique cette initiative ainsi : «Beaucoup de petites associations spécialisées étaient frustrées de n’avoir pu participer au Grenelle alors qu’elles ont une expertise indispensable. Nous avons donc décidé de laisser la place que nous occupons (au Conseil national du développement durable et du Grenelle de l’environnement) à cette nouvelle fédération, pour qu’elle pèse davantage face aux lobbies.» ESF est également partenaire de l’association Démographie Responsable qui milite pour une décroissance démographique, considérant que «la multiplication des problèmes écologiques, les tensions sur les matières premières, la pollution, les migrations semblent bien montrer que désormais ces limites sont atteintes et qu’en quelque sorte Malthus n’ait pas eu tort comme on le dit souvent, mais au contraire, ait eu raison avant l’heure».
Par ailleurs, le vice-président d’ESF, Nadir Saïfi, a été attaché parlementaire de la sénatrice écologiste Leila Aïchi (Modem), exclue d’EELV après son soutien à Valérie Pécresse pour le second tour des régionales en 2015. Et le président d’ESF, Gilles Lacan, est collaborateur de la députée Modem Laurence Vichnievsky. En outre, les principaux responsables d’ESF ont créé en juillet 2014 l’association écologiste de droite VertLibre. Selon Frank Laval, «la gauche a vampirisé l’écologie» et  «il faut briser le tabou : la droite doit avoir ses écologistes». Toutefois, VertLibre est inactif depuis.

Structure

Association de la loi de 1901, créée en 1998. C’est sous le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, proche du président d’ESF, que l’association reçoit en 2008 l’agrément au titre de la protection de l’environnement. Cet agrément n’a pas été renouvelé fin 2012.

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Gilles Lacan : président
  • Nadir Saïfi : vice-président
  • Fareth Saïfi : trésorier
  • Franck Laval : fondateur
  • Hélène Pelosse
  • Jean-Yves Leber

Activités

En 2000, après le naufrage de l’Erika, ESF crée un fugace Comité anti-marée noire pour «déterminer les responsabilités et obtenir des réparations pour toutes les victimes ayant subi un ou des préjudices directs ou indirects suite aux conséquences du naufrage de l’Erika». En 2001, ESF mène une guérilla juridique sur la question de la pollution de l’air, en attaquant les autorités françaises devant le Tribunal administratif, puis le Conseil d’Etat et enfin devant la Cour de justice des Communautés européennes. En 2005-2006, ESF participe à la tournée de l’humoriste Marc Jolivet, président d’honneur de l’association. En 2006, ESF participe activement à L’Alliance pour la planète. L’association lance aussi une pétition contre la pollution atmosphérique et publie en 2007 une étude en deux parties sur cette même thématique. En 2008, ESF et Marc Jolivet sont intervenus à l’Université d’été du MEDEF. ESF avance aussi régulièrement des propositions concernant une gouvernance environnementale, notamment la réforme et la modernisation du Conseil économique et social, la mise en œuvre d’un nouveau paritarisme «pour intégrer les associations de protection de l’environnement à la gestion paritaire d’institutions importantes, aux côtés des syndicats» ainsi que dans les entreprises, la création d’un fonds d’indemnisation des agriculteurs victimes des pesticides. En 2012, ESF est partie civile avec d’autres ONG environnementales dans le procès de la société Chimirec pour des faits d’élimination irrégulière de déchets contaminés aux PCB.
En juillet 2012, ESF participe à la création d’une fédération de petites associations écologistes (Générations Futures, Réseau Environnement Santé, Robin des Toits, Respire) baptisée Rassemblement pour la planète, afin de peser lors de la Conférence Environnementale de septembre 2012. En 2013, Jean-Yves Leber, représentant d’ESF au Conseil de la transition énergétique, propose que la finance islamique, et plus largement l’épargne éthique, soient sollicitées pour financer la transition énergétique.
En mars 2014, soutenue par l’association Respire, ESF porte plainte contre X au Pôle Santé Publique du parquet de Paris afin «de déterminer pénalement le ou les responsables du laissez-aller actuel en matière de pollution de l’air qui porte atteinte à la santé de millions de personnes». En mai 2015, le parquet de Paris informait ESF du classement sans suite de cette plainte mais l’association dépose une nouvelle plainte contre X en se constituant partie civile. En juillet 2015, le tribunal administratif de Paris a annulé, sur une requête d’ESF, l’arrêté qui, à la demande de Ségolène Royal, a supprimé l’interdiction des flambées d’agrément à Paris. Suite au scandale Volkswagen, ESF dépose plainte contre X en septembre 2015 «pour tromperie aggravée et mise en danger de la vie d’autrui». En mars 2016, ESF et L214 assignent la société exploitant la «ferme des 1000 vaches» en Picardie, «afin d’obtenir un droit de visite et le contrôle d’un expert vétérinaire indépendant», mais elles sont déboutées par le tribunal de grande instance d’Amiens. En septembre 2016, ESF cosigne un appel en faveur de «mesures de protection efficaces vis-à-vis de l’exposition des populations aux pesticides». En novembre 2016, ESF a interpellé les candidats aux élections présidentielles de tous les partis politiques, afin de les interroger sur leur position face aux enjeux de protection de l’environnement. En décembre 2016, ESF et Respire annoncent une première action collective au civil contre l’Etat pour mise en cause de responsabilité. Selon eux, ils souhaitent être indemnisés car ils estiment que les mesures préventives contre la pollution de l’air ont été insuffisantes. En février 2017, ESF soutient une mère et sa fille atteintes de pathologies respiratoires importantes qui ont décidé de poursuivre l’Etat pour son inaction face à la pollution de l’air. En juin 2019, le tribunal administratif de Montreuil reconnaît la responsabilité de l’Etat et Nadir Saïfi déclare : «C’est un jugement historique pour les 67.000 Français qui meurent chaque année prématurément à cause de la pollution de l’air. Aujourd’hui, les victimes de la pollution comme des pesticides ne doivent plus avoir peur d’aller devant les tribunaux pour défendre leur santé. La justice envoie un message clair à l’Etat en l’incitant à ne plus protéger les lobbys pollueurs mais les citoyens.»
En mai 2017, ESF cosigne, avec entre autres Démographie responsable et Sea Shepherd, une tribune sur le site Causeur intitulée «Surpopulation : peut-on encore encourager la croissance démographique ?»

Finances

ESF est totalement opaque concernant ses finances, puisqu’il n’y a aucune indication sur son site de ses bilans et de ses sources de financement. ESF affirme que «son financement résulte uniquement des donations de ses membres et d’actions de mécénat», et revendique en 2008 plus de 2880 membres donateurs, ce qui paraît démesuré par rapport à la faible activité militante de l’association. En 2006-2007, la Fondation pour une Terre humaine a donné 10.000 euros à ESF pour la réalisation d’une étude sur la pollution de l’air à Paris. ESF a reçu 30.000 euros en 2008, une subvention du ministère de l’Ecologie accordée «pour aider les associations qui en ont fait la demande, à faire face au surcroît d’activités occasionné par les travaux préparatoires aux réunions du Grenelle de l’environnement». En 2015, ESF a reçu 4700 euros du ministère de l’Ecologie et la même somme en 2011.

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Maud Fontenoy

Administratrice de la Maud Fontenoy Fondation
Présidente de Maud Fontenoy France
Vice-présidente de la Région Sud
Porte-parole de l’Unesco pour les océans
Membre du comité d’éthique du Groupe Chargeurs
Gérante de la SARL Miss Maud
Gérante de la SARL A contre-courant production
Administratrice de la SA Semarea

Profil

Maud Fontenoy s’est rendue populaire grâce à ses performances en mer : traversées de l’Atlantique et du Pacifique à la rame, tour de l’hémisphère sud à la voile et à contre-courant. Elle veut une écologie pragmatique «qui prône l’innovation, une croissance certes plus réfléchie et raisonnable, mais qui donne du sens au progrès», et fustige l’écologie politique ainsi que la décroissance. Visant EELV, elle déclare : «J’essaye de rappeler que l’écologie, ce n’est pas seulement celle portée par un groupe d’extrême gauche.» Elle explique aussi : «Que va-t-on dire aux millions de Chinois et d’Indiens qui veulent accéder à nos niveaux de vie ? D’autant que la croissance permet aussi un meilleur accès aux soins et à l’éducation. Mais c’est aux pays riches de proposer à ceux en développement des solutions pour qu’ils passent directement à une croissance durable et responsable.» Elle défend donc par exemple le nucléaire ainsi que la recherche sur certains modes d’extraction non polluants de gaz de schistes. Si elle affirme que «les écolos ont un discours alarmiste et anxiogène qui nuit à la cause», Maud Fontenoy adopte ce ton alarmiste quand il s’agit du réchauffement de la planète ou de l’utilisation de produits phytosanitaires en agriculture conventionnelle. Par ailleurs, elle déclare être «une caricature du bio» : «J’ai récemment repeint ma maison avec des peintures naturelles. Pour les produits d’entretien aussi, je privilégie le bio. Evidemment, j’achète des fruits et des légumes bio, et j’essaie de m’habiller avec des vêtements en coton bio». En 2019, elle se déclare «fière de soutenir le Mouvement des coquelicots», qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.
Politiquement, elle est proche de Nicolas Sarkozy, qui l’a nommée déléguée à l’environnement des Républicains. La navigatrice a déclaré : «Je connais Nicolas Sarkozy depuis longtemps, je l’apprécie, je lui fais confiance. Et je suis une fidèle. A la vie, à la mort.» L’engagement politique de Maud Fontenoy n’est pas nouveau puisqu’elle a déjà été présente sur la liste de Jean-François Copé aux élections régionales de 2004. En décembre 2015, elle est élue conseillère régionale LR (mais pas encartée) en PACA et devient la 10e vice-présidente de la Région Sud. Toutefois, en juin 2019, elle annonce : «Face à l’importance des enjeux, les guerres politiciennes m’ont écœurée. Je suis encore engagée dans ma région, où je m’occupe de la sauvegarde de l’environnement. Mais pour le reste, on ne m’y reprendra plus : la politique, c’est fini pour moi !»
Maud Fontenoy a une stratégie de communication reposant d’une part sur ses exploits en mer et d’autre part sur les people. Pour cela, elle s’entoure régulièrement de vedettes comme Marion Cotillard, Alain Delon, Laetitia Halliday, Patrick Bruel, etc. Elle-même ne rechigne pas à se confier sur sa vie privée, ce qui lui permet d’avoir une bonne couverture dans Paris-Match ou Gala. A l’instar de Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand, qu’elle considère comme ses «pères», elle entretient également une grande proximité avec le monde des entreprises et de la finance (HSBC, Carrefour, EDF, Orange, L’Arbre Verte, groupe Sodoca, etc., soutiennent la Maud Fontenoy Fondation).
Elle bénéficie du soutien d’importants hommes d’affaires comme Vincent Bolloré, François Pinault, Laurent Dassault, mais aussi Dominique Desseigne, PDG du groupe Lucien Barrière. Enfin, étant donné l’opacité financière de la Maud Fontenoy Fondation basée aux Pays-Bas, il est difficile de situer les limites entre ses activités non lucratives et celles lucratives, notamment celles de sa société Miss Maud (chiffre d’affaires de 133.500 euros en 2018, 111.000 euros en 2017, 203.700 euros en 2016, 212.200 en 2015, 326.300 en 2014, 309.100 euros en 2011, 295.100 euros en 2010). Dans sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) de novembre 2019, Maud Fontenoy déclare 84.000 euros bruts de revenus comme «consultante» chaque année depuis 2013. Quant à ses différents livres, ils lui ont rapporté plus de 100.000 euros entre 2014 et 2018. Elle est également rémunérée 15.000 euros nets par an par le Groupe Chargeurs en tant que membre du comité d’éthique depuis 2018. Elle suscite notamment la polémique quand, en décembre 2015, elle a animé un séminaire pour le cigarettier Philip Morris, en pleine COP 21 et pendant la campagne des régionales.
Les écologistes radicaux la ciblent volontiers. Le journal La décroissance a par exemple organisé une pétition intitulée «Débarquons Maud Fontenoy des écoles», demandant que les «kits pédagogiques» de sa fondation ne soient plus distribués dans les écoles. Mais certaines personnalités écologistes moins radicales la dénoncent également, à l’instar de Corinne Lepage qui estime que «Maud Fontenoy est comme les climato sceptiques. Elle assène ses contre-vérités qui vont bien aux lobbys».

Parcours

Née à Meaux en 1977, Maud Fontenoy a passé les premières quinze années au large, sur la goélette familiale. De retour en France, elle prend pendant quelques années la tête d’une agence immobilière à Paris, dépendant du groupe Fontenoy Immobilier fondé et dirigé par son père. En 2002, elle fonde la Fédération française des yoles 1796 et bateaux voile-aviron traditionnels – défi jeunes marins dont elle est élue présidente. Elle crée ensuite une association dont le but est de faire naviguer des jeunes de quartiers difficiles. Impressionnée par la performance de Gérard d’Aboville, le premier à traverser l’Atlantique à la rame, elle décide de se former à cette discipline. En février 2003, Maud Fontenoy crée la SARL Miss Maud. Le 13 juin 2003, elle entreprend la traversée de l’océan Atlantique à la rame dans le sens ouest-est. Partie de Saint-Pierre-et-Miquelon, elle rejoint la Corogne en Espagne le 10 octobre. En mars 2004, Maud Fontenoy est candidate aux élections régionales en Ile-de-France, sur la liste de l’UMP conduite par Jean-François Copé. Le 12 janvier 2005, elle entreprend la traversée du Pacifique à la rame. Partie du Pérou, elle arrive aux îles Marquises le 26 mars, après 73 jours de mer. En 2006, elle annonce vouloir entreprendre un tour du monde à la voile à contre-courant, en solitaire et sans assistance. Le 15 octobre 2006, elle part de l’île de la Réunion à la barre de L’Oréal Paris, et boucle son périple le 14 mars. Le Comité mondial des records de voile (WSSRC) estime que Maud Fontenoy, en partant de l’île de la Réunion et en faisant le tour de l’Antarctique, n’a pas réellement effectué un tour du monde à l’envers, mais un tour de l’hémisphère Sud.
En août 2007, elle anime tous les matins l’émission «À contre-courant» sur Europe 1. En septembre 2007, elle co-anime chaque semaine l’émission «Terre-Mère» sur LCI. Elle accompagne aussi le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo au Groenland pour «constater» le changement climatique. En novembre 2007, elle crée la Maud Fontenoy Fondation, basée aux Pays-Bas. A partir de 2008 et pendant plusieurs saisons, elle a animé une chronique dans l’émission «Vivement Dimanche» sur France 2. En février 2008, elle est nommée au conseil d’administration du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres. En mars 2009, elle crée l’association Maud Fontenoy France. Depuis le 5 juin 2009, elle est porte-parole de l’UNESCO pour les océans. De 2010 à 2015, elle fait partie des «personnalités qualifiées» nommées au Conseil économique, social et environnemental. En avril 2013, elle devient l’égérie de la marque Optic 2000. En juin 2015, elle est nommée par Nicolas Sarkozy déléguée à l’environnement du parti Les Républicains. En décembre 2015, elle est élue conseillère régionale LR en PACA et devient la 10e vice-présidente de la région. Entre 2016 et 2018, elle tient une chronique dans Valeurs actuelles. En janvier 2017, elle intègre le pôle projet de la campagne de François Fillon au sein du groupe «mer environnement». A partir de septembre 2019, elle reprend sa chronique à «Vivement dimanche» sur France 2. Début 2020, Maud Fontenoy est sollicitée par les dirigeants de M6 pour soutenir leur semaine Green, du 26 janvier au 2 février
Elle est la marraine de nombreux événements, associations ou entreprises. Elle est (ou a été) notamment marraine du Grand Pavois (2005), du réseau Exclusive Hotels (à partir de 2007), du 8e Salon nautique du Cap d’Agde (2007), du DVD de Disney .Le Secret de la petite sirène (2008), du Don’actions (2008), de la 40e édition de la Course Croisière EDHEC (2008), du Grenelle de la Mer (2009), des Floralies (2009), du Salon du Timbre (2010), du forum international de la météo à Paris (2010), de l’attraction du Futuroscope «Le Huitième continent» (2011), de la démarche Innovation Responsable en Lorraine (2012), de Cannes Jeunesse (depuis 2012), de Destinations Nature (2012), du concours Passion Forêt (2012), du Séminaire Eco-Ecole (2013), de Lakaz Chamarel Exclusive Lodge 4**** à Ile Maurice (2013), du Village Flottant de Pressac (2014), des balades solidaires de la Carac (2014), du parc des oiseaux de Villars-les-Dombes (2015), du Trophée Bailli de Suffren (2017), de la promotion SeaTech (2019), de Saint-Tropez Couleur Bleu (2019).
Plusieurs documentaires relatent certaines de ses actions : À contre-courant (2007), Tahia, cap sur les Caraïbes (2011), L’incroyable voyage (2012), Paradis Blanc (2012).
Le 12 juillet 2007, Maud Fontenoy reçoit les insignes de chevalier de l’ordre national du Mérite des mains du président Nicolas Sarkozy.

Bibliographie

  • Atlantique face nord, éditions Robert Laffont, 2004.
  • Le Pacifique à mains nues, éditions Robert Laffont, 2005.
  • Mon carnet de bord, éditions Le chêne, 2007.
  • Le Sel de la vie, éditions Arthaud, 2007.
  • Les contes de la mer, éditions Le Chêne, 2008.
  • Mon océan écolo, éditions Le Chêne, 2009.
  • Mon école écolo, éditions Le Chêne, 2009.
  • Mon bébé écolo, éditions Le Chêne, 2009.
  • Ma maison écolo, éditions Le Chêne, 2009.
  • Ma cuisine écolo, éditions Le Chêne, 2010.
  • Mes vacances écolo, éditions Le Chêne, 2010.
  • Ras-le-bol des écolos : Pour qu’écologie rime enfin avec économie, Plon, 2013.
  • Les océans, un trésor à protéger, Flammarion, 2015.
  • Les raisons d’y croire, Plon, 2015.
  • Des tempêtes j’en ai vu d’autres, Plon, 2016.
  • Mission planète, Grund, 2018.
  • Vivre vraiment, First, 2018.
  • Les mers et les océans pour les Nuls, First, 2019.
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Fabrice Nicolino

Journaliste à Charlie-Hebdo
Chroniqueur à Silence
Président de Nous voulons des coquelicots
Membre des Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE)
Site : https://fabrice-nicolino.com/

Profil

Le journaliste militant Fabrice Nicolino se définit davantage comme «écologiste» en opposition aux «environnementalistes». Selon lui, ces derniers ne considèrent que ce qui «environne» les humains, les seconds considèrent «l’ensemble, les interdépendances, la beauté et la nécessité de chaque espèce. Et dans ce vaste tout, l’homme n’est jamais qu’un élément, certes décisif, mais qui doit composer, partager, céder, éventuellement reculer». C’est ainsi qu’il défend les grands prédateurs comme le loup et l’ours, et dénonce les «ennemis du sauvage» comme «Bové, une bonne part de la Confédération paysanne, nombre d’altermondialistes, y compris journalistes» car ils soutiennent la chasse au loup. Il n’hésite pas à exprimer sa rage d’un «Vive le Loup ! Mort aux cons !». Il revendique aussi une certaine forme d’anarchisme, expliquant que «le refus de la hiérarchie, de l’autorité, du pouvoir, ne m’a jamais quitté», d’où notamment son respect aux luddites.
Il véhicule une vision apocalyptique, convaincu que l’on se dirige vers la «dislocation des sociétés humaines», en raison de la «mort des océans», de la déforestation, de la «disparition des sols fertiles» et de «l’infernal dérèglement climatique». Pour lui, les responsables de ces catastrophes sont à trouver parmi différents lobbies : lobby de la viande, lobby de l’agroalimentaire, lobby de la chimie, lobby de l’agriculture industrielle, etc. Face à ces menaces, Nicolino prône «une révolution intellectuelle et morale» afin de «sauver au royaume si vaste encore du vivant, tout ce qui peut l’être encore». Ainsi, il propose d’en finir avec l’«hyperconsommation» et estime que la pauvreté est «un choix de vie basé sur la simplicité et renforcé par de hautes qualités morales». Fabrice Nicolino fustige aussi les syndicats dans leur défense du pouvoir d’achat : «Je ne serai plus jamais solidaire avec ceux qui, ayant “conquis” la télé, la voiture individuelle, le magnétoscope, la chaîne hi-fi, le téléphone portable et le lecteur DVD, se préparent à de nouvelles campagnes d’hyperconsommation.»
Fabrice Nicolino se déclare non-violent. Toutefois, suite à de violents heurts en février 2014 lors d’une manifestation à Nantes contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il a déclaré : «Que vous dire ? Que je condamne l’attaque contre un bureau de Vinci, les violences contre les CRS et les gendarmes ? Eh bien, non. (…) La violence, c’est eux.» Pour justifier cette position, il fait le parallèle avec Hitler : «Fallait-il suivre le chancelier Hitler dans la destruction des valeurs humaines parce qu’il avait obtenu 44% des voix le 5 mars 1933 ? Et dites-moi, faut-il applaudir cette classe politique lamentable qui nous crie qu’il faut un nouvel aéroport à Nantes ? Je me répète : cela n’a rien à voir. Sauf que si. Nous sommes en guerre. Une guerre non déclarée contre la vie sur Terre.» De même, son mouvement Nous voulons des coquelicots affiche une violence verbale vis-à-vis des agriculteurs, affirmant qu’il faut «cogner contre les empoisonneurs», ou encore qu’«il faut désarmer les tueurs», c’est-à-dire les agriculteurs conventionnels. Et en mars 2019, quand un riverain a donné des coups de poing à un agriculteur épandant un pesticide sur ses champs, son association n’a pas condamné l’acte mais seulement «déploré».
Politiquement, il affirme «vomir» l’«engeance de(s) gauche(s)» comme celle de droite. Il méprise de la même façon EELV. S’adressant à un responsable du parti écologiste, il a déclaré : «Je ne partage à peu près rien avec votre parti. Pas depuis hier. Depuis des lustres.» Il fustige aussi certaines ONG, comme le WWF, Greenpeace, la FNH et FNE, pour «avoir tué l’écologie» en acceptant d’avoir participé au Grenelle de l’environnement. Il adopte un ton aussi vindicatif à l’égard de certaines personnalités. Par exemple, il qualifie François de Rugy de «politicien médiocre qui se fout royalement de l’écologie», Yann Arthus-Bertrand d’«icône de l’écologie bisounours, plus niais tu meurs» et égratigne le «boy-scoutisme» de Nicolas Hulot.
En 2018, il a lancé avec François Veillerette son association Nous voulons des coquelicots avec une pétition demandant l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. En revanche, il a considéré que les pesticides utilisés en bio tels le cuivre, le soufre, la roténone, le spinosad étaient «coquelicots compatibles». La Confédération paysanne estime que la sortie des pesticides telle que voulue par l’appel des coquelicots «conduira à la catastrophe» et que «cet appel ne tient pas compte de la réalité agricole et des paysans».

Parcours

Né à Paris en 1955, Fabrice Nicolino a quitté l’école très tôt et a commencé à faire de la politique dans les années 1967-1968, à l’extrême-gauche, engagé à la Ligue communiste pendant six ans. Il découvre l’écologie en 1971, dans le magazine Actuel, et rejoint le Larzac en 1972. A cette époque, il était «en faveur de la violence armée pour renverser l’ordre que je connaissais». Il ajoute : «Au départ, c’était l’angle antimilitariste qui m’attirait.» Il a ensuite participé aux mobilisations à Creys-Malville en 1977, à Plogoff en 1981 et, surtout, au Puy-en-Velay contre les projets de barrage sur les gorges de la Loire. Son engagement l’emmène en Italie, en Pologne pour porter des messages à Solidarnosc, au Nicaragua où il accompagne en 1978 la chute de Somoza avec les Sandinistes.
Fabrice Nicolino exerce plusieurs métiers, entre autres dans la chaudronnerie et le soudage, avant de devenir secrétaire de rédaction à l’hebdomadaire Femme actuelle en 1984. Le 29 mars 1985, il est blessé lors d’un attentat à la bombe dans un cinéma de Paris lors du 4e festival international du film juif, où l’on projette Eichmann, l’homme du 3e Reich. Il collabore à de nombreux journaux, parmi lesquels Géo, Le Canard enchaîné, Télérama. En 1988, il participe au lancement de l’hebdomadaire Politis, et tente, avec Jean-Paul Besset, «de le changer, lui faisant quitter les rives de la gauche – plutôt radicale – pour lui faire aborder celles de l’écologie». Il quitte Politis en septembre 1990, avant de reprendre une collaboration régulière entre 1994 et 2003. En 1992, il crée avec Jean-Paul Besset «la microscopique mais vaillante» Agence d’information écologique (AIE). L’AIE se veut être la première agence de presse spécialisée sur les questions d’écologie et d’environnement mise en œuvre par des journalistes. L’AIE tenait un serveur Minitel, le 3617 ECOLOTEL.
Fabrice Nicolino a été conseiller éditorial du groupe Bayard, et a travaillé pour deux de ses journaux, Terre Sauvage (entre 1994 et 2011) et La Croix (chroniqueur de 2003 à 2015). A partir de 1997, il est devenu délégué du personnel CFDT de Bayard Presse. Il est membre de l’assemblée statutaire de Greenpeace entre 2002 et 2007. En 2004, il est membre du comité de rédaction du premier numéro de La Décroissance avant de rompre dès le deuxième numéro. Depuis 2007, il tient un blog dénommé «Planète sans visa». La même année, il publie Pesticides, révélations sur un scandale français, avec François Veillerette, vendu à 35.000 exemplaires. Il fonde en 2009, avec Dominique Lang, religieux assomptionniste, Les Cahiers de Saint-Lambert, revue dont le sous-titre est «Ensemble face à la crise écologique». La revue s’est arrêtée juin 2011, essentiellement pour des raisons économiques. En décembre 2009, il fait partie des 10 personnalités contactées par L214 pour se mettre «en grève de la viande» pendant la durée du sommet de Copenhague, «pour que cesse l’omerta sur la surconsommation de viande en France et sur ses conséquences». Depuis janvier 2010, Fabrice Nicolino écrit des articles sur le thème de l’écologie dans Charlie-Hebdo. En 2011, il publie Qui a tué l’écologie ?, un ouvrage dans lequel il accuse le WWF, , Greenpeace, la FNH et FNE de s’être compromis à l’occasion du Grenelle de l’environnement. Le 7 janvier 2015, il est blessé lors de l’attaque terroriste islamiste perpétrée contre Charlie-Hebdo. En 2017, il devient chroniqueur sur le site d’Arrêt sur images, mais en novembre 2017, il annonce sur son blog la fin de cette chronique. En 2018, il fonde et préside l’association Nous voulons des coquelicots qui a pour objectif de réunir 5 millions de signatures d’ici 2020 pour demander l’interdiction de tous les pesticides de synthèse (en janvier 2020, la pétition a dépassé le million de signatures). En mai 2018, il s’empare du sujet des fongicides SDHI et en fait une thématique de campagne majeure, jusqu’à écrire un livre à ce sujet paru en 2019.

Bibliographie

  • Jours sang, Fleuve Noir, 1987.
  • Le Tour de France d’un écologiste, Le Seuil, 1993.
  • L’Auvergne en ballon, avec Anne Hervé, Au pays du nouveau monde, 1999.
  • Guérande, au pays du sel et des oiseaux, textes d’un livre de photos d’Erwan Balança, éditions de L’Étrave, 2004.
  • La France sauvage racontée aux enfants, Sarbacane, 2005.
  • Pesticides, révélations sur un scandale français, avec François Veillerette, Fayard, 2007.
  • Yancuic le valeureux, avec des illustrations de Florent Silloray, Sarbacane, 2007
  • La Faim, la bagnole, le blé et nous. Une dénonciation des biocarburants, Fayard, 2007.
  • Le Vent du boulet, Fayard, 2009.
  • Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde, éditions Les liens qui libèrent, 2009.
  • Biocarburants : une fausse solution, Hachette, 2010.
  • Qui a tué l’écologie ?, éditions Les liens qui libèrent, 2011.
  • Itinéraire d’une goutte d’eau, textes d’un livre de photos de Nicolas Van Ingen et Jean-François Hellio, éditions Plume de Carotte, 2011, éditions Les liens qui libèrent, 2011.
  • Ma tata Thérèse, illustré par Catherine Meurisse, éditions Sarbacane, 2012.
  • Métro, boulot, chimio : Débats autour du cancer industriel (ouvrage collectif), Le monde à l’envers, 2012.
  • La Vérité sur la viande (ouvrage collectif), éditions Les Arènes, 2013.
  • Un empoisonnement universel. Comment les produits chimiques ont envahi la planète, éditions Les liens qui libèrent, 2014.
  • Du vent ! Nouvelles du monde qui vient et images de demain (ouvrage collectif), éditions du Larzac, 2014
  • Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture, éditions Les Échappés, 2015.
  • Révolutions animales, sous la direction de Karine Lou Matignon, éditions Les liens qui libèrent, 2016.
  • Ce qui compte vraiment, éditions LLL, 2017.
  • Lettre à une petiote sur l’abominable histoire de la bouffe industrielle, éditions Les Échappés, 2017.
  • Nous voulons des coquelicots, avec François Veillerette, éditions Les liens qui libèrent, 2018.
  • Le crime est presque parfait, L’enquête choc sur les pesticides et les SDHI, éditions Les liens qui libèrent, 2019.
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Robin des Toits

22 rue Descartes
78460 Chevreuse
Tél. : 01.47.00.96.33
Email : contact@robindestoits.org
Site : www.robindestoits.org

Profil

logo-robin-des-toitsAvec Priartem, Next-Up et le CRIIREM, Robin des Toits est l’une des principales associations françaises impliquées sur la thématique des ondes électromagnétiques. Principalement animé par Etienne Cendrier et son père Marc, Robin des Toits prétend ne pas militer «contre la téléphonie mobile», mais lance des campagnes particulièrement anxiogènes concernant tout ce qui a trait aux ondes électromagnétiques (téléphone portable, antennes relais, wifi, etc.). L’association demande au gouvernement d’adopter un seuil contrôlé d’exposition maximal du public de 0,6 V/m et défend aussi la création de zones blanches, c’est-à-dire d’endroits inhabités et sans exposition aux ondes. Elle mène campagne contre «de nouveaux compteurs dits “intelligents” d’eau, de gaz et d’électricité émetteurs d’ondes nocives pour notre santé». L’association dénonce régulièrement les expertises officielles, jugées dépendantes des lobbys industriels de la téléphonie mobile. Plus discrètement, elle accrédite la théorie du complot des «chemtrails», selon laquelle certaines traînées blanches dans le ciel proviennent de l’épandage délibéré en haute altitude de produits chimiques par des avions. Marc Cendrier a ainsi expliqué en juillet 2014 sur l’antenne de Radio Courtoisie : «On s’est aperçu qu’un des effets de ces produits répandus consistait à faciliter la diffusion des émissions électromagnétiques, et bien entendu en particulier celles qui sont dans le groupe de la téléphonie mobile. Dans le groupe de la téléphonie mobile, il y a des volumes d’argent considérables qui circulent, et bien entendu si on améliore les caractéristiques physiques de l’atmosphère pour améliorer la rapidité et la précision d’information, c’est très utile. Donc, à partir du moment où il y a une raison économique à ce type d’épandages, il est facile de comprendre que c’est une raison suffisante pour qu’il y en ait.»
Robin des Toits apparaît régulièrement dans les médias et est devenu un interlocuteur dans les négociations concernant les normes sur les ondes électromagnétiques. Cependant, en avril 2010, Robin des Toits a suspendu «sine die» sa participation au Grenelle des ondes, qui refuse de prendre en compte ses mesures contradictoires d’exposition aux émissions de la téléphonie mobile.

Structure

Association de la loi de 1901, créée en 2004. Il existe une quinzaine de délégations régionales, la plupart non structurées.

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Henri Boulan : co-président
  • Frédéric Furlano : co-président
  • Marie-France Hébrard : co-présidente
  • Emmanuel Meallet : co-président
  • Francine Pierre : co-présidente
  • Jean Robert : trésorier

Activités

Robin des Toits mène des actions de lobbying auprès des institutions publiques et des campagnes de propagande alarmiste auprès du grand public, notamment à travers ses interventions régulières dans les médias. En mars 2009, par exemple, l’association a organisé un colloque «Technologie sans fil, un nouvel enjeu sanitaire» au Sénat, avec le soutien des sénateurs  écologistes Marie-Christine Blandin et Jean Desessard, et en partenariat avec SUPAP-FSU et Ecologie sans frontière. En avril 2010, Robin des Toits est associé à l’Alliance Scientifique pour le Traitement et la Reconnaissance des malades Electrosensibles (ASTRÉ), créée par le CRIIREM et l’ARTAC. Depuis 2011, l’association lutte contre les «compteurs intelligents» ou «Linky» pour l’électricité, le gaz ou l’eau, qui cutilisent un module radiofréquence incorporé dans le compteur. En mai 2015, Robin des Toits s’est mobilisé dans une campagne de lobbying auprès des députés pour qu’ils ne votent pas loi sur le compteur Linky, car «tous les réseaux électriques, tous les appareils électriques deviendront des émetteurs des radiofréquences injectées par EDF depuis les postes de transformation au moyen de coupleurs. Il n’existera plus un espace non pollué où se mettre à l’abri».
En 2012, et afin de peser sur la thématique de la santé environnementale lors de la Conférence Environnementale organisée par le gouvernement, Robin des Toits décide avec plusieurs associations de s’unir au sein du Rassemblement de la planète. En décembre 2012, Robin des Toits dépose un recours en justice pour que soit rediscutée la nouvelle charte de téléphonie mobile liant la mairie de Paris et les grands opérateurs télécoms. En février 2013, Robin des Toits dénonce une publicité de Free Mobile, mettant en scène une fillette ayant moins de 14 ans pour promouvoir un forfait mobile, obligeant l’opérateur à la retirer. En septembre 2013, l’association renonce à son recours contre la nouvelle charte de téléphonie mobile liant la mairie de Paris aux opérateurs télécoms, par crainte de voir la justice interdire le principe même de ces chartes utilisées dans d’autres villes.

Finances

Concernant ses finances, Robin des Toits affirme que «toute subvention de l’industrie et des pouvoirs publics est exclue». Etienne Cendrier expliquait en juin 2009 que Robin des Toits «vit grâce à des adhésions, on ne demande aucune subvention ce qui nous permet de garder notre indépendance, sauf à deux reprises avec la Fondation pour une Terre humaine. Le nombre d’adhérents est en croissance continue, nous recevons entre 50 et 70 adhésions par mois. (…) Il y a déjà plus de 250 associations et collectifs adhérents à Robin des Toits». Cependant, l’association est totalement opaque, puisqu’il n’y a aucune indication sur son site de ses bilans et de ses sources de financement.

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