Fondation Lemarchand pour l’Equilibre entre les Hommes et la Terre

C/O Groupe Mercator
78, boulevard de la Reine
78000 Versailles
Site : https://www.fondationlemarchand.org

Profil

Après avoir lancé en 1990 le réseau de boutiques Nature & Découvertes, François Lemarchand a créé une première fondation – la Fondation Nature & Découvertes, et une seconde en 2008 baptisée «Fondation Lemarchand pour l’Equilibre entre les Hommes et la Terre», avec plusieurs autres membres de sa famille. Cette nouvelle fondation se veut «à vocation plus sociale» et a «pour mission de soutenir des projets qui rapprochent les hommes et la nature». Selon Pascal Bouffard (directeur général de Mercator), membre de la fondation, affirme que «la fondation a un rôle politique, c’est évident. Elle soutient les associations qui ont besoin de trouver les ressources pour atteindre les politiques, (…) pour faire bouger les mentalités au niveau politique, et à s’opposer au lobbyisme qui peut être fait par les grands groupes». Quant à Philippe Lemarchand, autre membre de la fondation, il estime que «le challenge qui s’ouvre de plus en plus à nous, la fondation Lemarchand, c’est qu’on devienne de plus en plus militants dans nos actions et nos choix d’associations qu’on accompagne. L’heure n’est plus au compromis pour préserver la planète.»
Depuis sa création, la Fondation Lemarchand a soutenu 588 projets pour environ 330 associations (dont deux tiers en France et un tiers dans le reste du monde), et cela pour un montant total de 7,9 millions d’euros. Outre les soutiens ponctuels, la Fondation sponsorise «durablement» une quinzaine d’associations «dont nous partageons les valeurs», comme par exemple Inf’OGMRéseau Semences PaysannesGénérations Futures, Surfrider Foundation, Institut Sylva, Réseau Cocagne… La Fondation Lemarchand est membre de 1% for the Planet et participe chaque année aux Rencontres Associations et Philanthropes.
Ses quatre pôles d’intervention sont : «Une nature pour nourrir l’homme»,  «Une nature pour (re)construire l’homme», «Une nature sauvage et précieuse pour l’homme» et «Une nature pour éduquer et sensibilise l’homme». Selon François Lemarchand et sa femme Françoise, ils apportent en particulier leur soutien à «des associations qui cherchent à développer des modes de vie et des comportements écologiques, en respect avec la Terre, plus particulièrement dans les domaines de l’agroécologie et de l’alimentation». Pour 2020 et 2021, la fondation a lancé trois appels à projets «liés intimement à la crise du Covid-19» : «pour des forêts diverses et équilibrées», «(Re)Bâtir la relation entre hommes et animaux» et «La nature, source d’insertion pour les demandeurs d’asile et les réfugiés».
Bien que finançant certains groupes écologistes radicaux, François Lemarchand est plutôt proche des milieux de l’entreprise et des associations institutionnelles, ayant été par exemple administrateur pendant plus de vingt ans au WWF. Il pense qu’«une économie durable pourrait créer une nouvelle prospérité. La révolution écologique peut créer de la richesse». A titre personnel, il se dit «proche de Pierre Rabhi» mais en tant que chef d’entreprise il dit ne pouvoir «faire autrement que de tenter le développement durable… sans être du tout sûr que ça marchera».

Structure

La Fondation Lemarchand pour l’Equilibre entre les Hommes et la Terre a été créée en 2008 sous égide de la Fondation de France. Elle n’a donc pas de personnalité morale et juridique distincte de la Fondation de France qui l’abrite mais bénéficie des avantages de celle-ci.

Dirigeants

Direction

  • Cybèle de Brem-Lemarchand : co-directrice, Solidarité
  • Pierre Lemarchand : co-directeur, Biodiversité
  • Stéphanie Deflandre : coordinatrice de projets

Experts

  • Jean-Baptiste Dumond : conseiller biodiversité
  • Sébastien Galy : expert en philanthropie environnementale
  • Thierry Lecomte : conseiller biodiversité

Membres du comité

  • François Lemarchand
  • Françoise Lemarchand
  • Antoine Lemarchand
  • Agnès Lemarchand
  • Philippe Lemarchand
  • Laure Lemarchand
  • Pascal Bouffard
  • Nicolas de Brem
  • Amalia della Paolera

Finances

La Fondation Lemarchand est totalement opaque concernant ses finances, puisqu’il n’y a aucune indication sur son site de ses bilans et des montants attribués à chaque association. Elle possédait au départ 20% des actions de Nature & Découvertes que lui a cédées la famille Lemarchand. Les dividendes annuels générés par les résultats de l’entreprise financent ainsi les programmes de la Fondation. A noter que le groupe Mercator SA, holding de la famille Lemarchand, ne détient plus d’actions de Nature & Découvertes.

Liste non exhaustive des associations bénéficiaires des subventions

2021

  • SOLAAL : 20.000 €
  • 3PA
  • Artemisia AISBL
  • Bergerie de Berdine
  • CIWF
  • Emmaüs Mundolsheim
  • Espoir-CFDJ- La ferme de la Butte Pinson
  • Fondation Ove
  • FRAPNA 07
  • L’Ecole Comestible
  • Le Tour d’un Monde
  • LPO Rhône Alpes Auvergne
  • Natura Tous
  • Réensauvager la Ferme
  • Sources d’Envol
  • Ticket for Change
  • Abiosol
  • Association Française d’Agroforesterie
  • Centre d’écodéveloppement de Villarceaux
  • Convergence Animaux Politique
  • Entrepreneurs pour la planète
  • Fédération Emmaüs France
  • Fonds de dotation Forêts en vie
  • Groupe hospitalier Diaconesses Croix-Simon
  • La bergerie urbaine
  • Colibris
  • Madera
  • Nature en Occitanie
  • SFEPM
  • Terre & Humanisme
  • Umen
  • Animal Cross
  • Atelier Canopé des Landes
  • Champ d’actions
  • Des Enfants et des Arbres
  • Envol vert
  • Ferme Ecole Graine d’Avenir
  • Fonds pour la Conservation des rivières sauvages
  • HEKO Permaculture
  • La Terre en Partage
  • Les Foyers Matter
  • Meuse Nature Environnement
  • Pro Anima
  • Shinrin Yoku et Sylvothérapie
  • X-graines

2020

  • Bloom : 30.000 €
  • Conservatoire d’espaces naturels Auvergne : 20.000 €
  • SOLAAL : 20.000 €
  • Nature en Occitanie : 14.000 €
  • Inf’OGM : 10.000 €
  • 3PA
  • 82-4000 Solidaires
  • Aalvie
  • Afac
  • Afaup
  • AGIVR
  • ANA- Conservatoire des Espaces Naturels Ariège
  • Animal Cross
  • Artemisia
  • Association Aurore
  • Association Française d’Agroforesterie
  • Association Francis Hallé pour la forêt primaire
  • Atelier Canopé des Landes
  • Conservatoire d’espaces naturels Auvergne
  • Batik International
  • Beeosphera
  • Bergerie de Berdine
  • Canopée
  • Colibris
  • Coral Guardian
  • Croix Rouge Française UL Versailles
  • Du Pain et des Roses
  • Eko
  • Emmaüs Solidarité
  • En passant par la montagne
  • Fédération Emmaüs France
  • Fermes d’Avenir
  • Fonds de dotation Antoine Capitani
  • Fonds Forêts Préservées
  • Forêts Sauvages
  • HEKO Permaculture
  • Jura Nature Environnement
  • L214
  • La Cloche
  • La Terre en Partage
  • Label Vie
  • Le Champ des Possibles
  • Le Paysan Urbain Paris
  • Le Tour d’un Monde
  • LPO Rhône Alpes Auvergne
  • LPO
  • LPO PACA
  • Maison 24
  • Make IT Agri
  • MiniBig Forest
  • Mountain Riders
  • Nature Rights
  • Notre Affaire à Tous
  • OGFEB
  • Tero Loko
  • RAF
  • Rivages
  • Terre & Humanisme
  • Umen
  • Vigne de Cocagne
  • Ticket for Change

2019

  • Terre & Humanisme : 27.040 €
  • Agrisud : 21.567 €
  • Bloom : 20.000 €
  • Artpiculture : 10.000 €
  • Association Intermèdes-Robinson : 5000 €
  • Inf’OGM : 3000 €
  • AMPAMS
  • Ecolo Crèche
  • Générations Futures
  • Institut Sylva
  • Maison de l’Artemisia
  • Observatoire français d’apidologie
  • Plaine de vie
  • Réseau Cocagne
  • Réseau Semences Paysannes
  • Scouts et Guides de France
  • Seuil
  • Surfrider Foundation Europe
  • Technap
  • Unis-Cité
  • Antenna
  • APEI de Chambéry
  • Artemisia
  • Association française d’agroforesterie
  • Bergerie de Berdine
  • Centre Damien de Molokaï
  • Coral Guardian
  • Emmaüs Royan
  • Fédération Emmaüs France
  • Fonds de dotation Antoine Capitani
  • HEKO Permaculture
  • La Cité de l’Agriculture
  • Le Paysan Urbain Marseille Métropole
  • Les Cols Verts
  • Make It Agri
  • Notre Affaire à Tous
  • Oasis Citadine
  • P-WAC
  • Pour une autre PAC
  • Pur Projet/Fundavi
  • SOLAAL
  • Ticket for Change
  • Umen

2018

  • AMPAMS
  • L’Atelier paysan : 10.000 €
  • Bloom : 20.000 €
  • Ecolo Crèche
  • Générations Futures
  • Inf’OGM : 3000 €
  • Institut Sylva
  • Maison de l’Artemisia
  • Observatoire français d’apidologie
  • Plaine de vie
  • Réseau Cocagne
  • Réseau Semences Paysannes
  • Scouts et Guides de France
  • Seuil
  • Surfrider Foundation Europe
  • Technap
  • Unis-Cité
  • 3PA : 15.000 €
  • Agrisud
  • Artemisia
  • AZN
  • Au cœur des paysans
  • Centre Damien de Molokai
  • Coral Guardian
  • Départs
  • Générations Cobayes
  • Graines de Troc
  • GRAAB ONG
  • Make It Agri
  • Pur Projet-Fundavi
  • Réseau Compost Citoyen
  • Sol
  • Solaal
  • Fonds de dotation SPLP
  • Terre et Humanisme : 5798 €
  • Ticket for Change
  • Unis vers Tchad
  • Un plus bio

2017

  • AMPAMS
  • Bloom : 25.000 €
  • Ecolo Crèche
  • Générations Futures
  • Inf’OGM : 3000 €
  • Institut Sylva
  • Maison de l’Artemisia
  • Observatoire français d’apidologie
  • Plaine de vie
  • Réseau Cocagne
  • Réseau Semences Paysannes
  • Scouts et Guides de France
  • Seuil
  • Surfrider Foundation Europe
  • Technap
  • Unis-Cité
  • Zero Waste France : 10.000 €
  • A la bonne ferme
  • Agir ensemble
  • Apprentis d’Auteuil
  • Artpiculture
  • ASAParisMada
  • Association Florence
  • L’Atelier paysan
  • Eau et Vie
  • Emmaüs Lespinassière
  • Fondation Petzl
  • Fonds de dotation Antoine Capitani
  • France Tanjomoha
  • Naturevolution : 30.000 €
  • AIM Bénévoles Jeanne Garnier
  • Plaine de Vie
  • Pur Projet / Fundavi
  • Siel Bleu
  • Sol
  • Surfrider Foundation Europe
  • Vigne de Cocagne
  • 3PA
  • Al’Terre Breizh
  • Dessine L’Espoir
  • Gab Ile-de-France
  • Jardins du Monde
  • La Tricyclerie
  • Les Goélands : 5200 €
  • Les reToqués
  • Libre Vue
  • Multi’Colors
  • WECF

2013

2012

  • Générations Futures
  • Les champs des possibles
  • Terre & Cité
  • WECF
  • Unis vers Tchad
  • AVSF
  • 1001 Fontaines
  • Electriciens sans Frontières AFU
  • ForProbim
  • Pure Planet Alliance
  • Réseau Cocagne
  • Graine de Jardins
  • A.N.D.E.S.
  • SEUIL
  • Multi’Colors
  • École Nicolas Hulot
  • Réseau ASTRA
  • Mountain Wilderness
Publié dans Non classé | Un commentaire

Fondation Nature & Découvertes

11 rue des Étangs Gobert
78000 Versailles
Tél. : 01.39.56.01.47
Email : dseve@nature-et-decouvertes.com
Site : http://www.fondation-natureetdecouvertes.com

Profil

Vendue à Fnac-Darty en 2019, l’enseigne Nature & Découvertes, spécialisée dans la vente d’objets orientés vers la nature, le développement durable et le bien-être, pèse 186 millions d’euros (2020), avec près de 97 points de vente en Europe, dont plus de 70 en France. Chaque année, Nature & Découvertes reverse 10% de ses bénéfices nets ainsi qu’1 euro de chaque adhésion au Club Nature & Découvertes à la FND qui, en 26 ans, a financé 2700 projets pour un montant global de 13,2 millions d’euros. La FDN est aussi membre du club d’entreprises 1% for the Planet France.
Les projets majeurs reçoivent des subventions entre 6000 et 15.000 euros (seuls les projets référents au niveau national peuvent prétendre aux montants supérieurs à 10.000 euros). Il s’agit d’une vingtaine de projets lauréats pour environ 200.000 euros distribués par an. En 2008, la Fondation a créé le comité «Coup de main» qui décide de financer des projets locaux avec des dotations entre 500 et 3000 euros. Depuis mars 2015, la FND a aussi instauré en magasin et sur le site de l’entreprise l’opération «arrondi en caisse».
Inspiré par la Patagonia Foundation, le fondateur de la chaîne, François Lemarchand, a créé en 1994 la Fondation Nature & Découvertes (FND) «dédiée à la protection et la connaissance de la nature» en France métropolitaine, en Afrique francophone et en Outre-mer. Il explique qu’il a «toujours conçu Nature & Découvertes comme une sorte d’ONG munie de deux volets : le commerce et les fondations. Vers l’âge de 40 ans, après avoir vendu ma première affaire, Pier Import, j’aurais pu me mettre au vert. Mais je voulais essayer ce concept mêlant économie et écologie.» Adhérent à Greenpeace, François Lemarchand est toutefois proche des milieux écologistes institutionnels. Il a par exemple été administrateur pendant plus de vingt ans au WWF, et la FND est depuis février 2005 membre de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
En février 2021, Antoine Lemarchand, le fils de François, a cédé les rênes de Nature & Découvertes et la présidence de la FND à Frédérique Giavarini, DRH du groupe Fnac-Darty. La famille Lemarchand garde toutefois une structure de philanthropie. En effet, en 2008, François Lemarchand a créé, avec plusieurs autres membres de sa famille, une seconde fondation baptisée «Fondation Lemarchand pour l’Equilibre entre les Hommes et la Terre» qui se veut «à vocation plus sociale.»
Par le passé, outre les subventions accordées aux associations, la FDN est intervenue pour sensibiliser le grand public. A partir de 2005, l’enseigne a organisé six éditions de «L’Université de la Terre» à l’Unesco, un colloque réunissant des personnalités d’horizons très variés, comme Jacques Attali, Pierre Rabhi, Yann Arthus-Bertrand, Yves Cochet, Philippe Desbrosses, Nicolas Hulot, Alain Juppé, Corinne Lepage, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Marie Pelt, et des dirigeants d’entreprises comme Danone, Limagrain, Generali, Carrefour, etc.

Structure

La Fondation Nature & Découvertes a été créée en 1994, sous égide de la Fondation de France. Elle n’a donc pas de personnalité morale et juridique distincte de la Fondation de France qui l’abrite mais bénéficie des avantages de celle-ci.

Dirigeants

Equipe

  • David Sève : directeur de la Fondation
  • Benoît Jouenne : responsable des projets «Coup de main» et «Biodiversité»

Comité exécutif

  • Frédérique Giavarini : présidente de la Fondation et directrice générale
  • David Lachaud : directeur général adjoint
  • Anne Deneux : directrice des Ressources Humaines
  • Pauline Jault : directrice de la communication
  • Madline Rubin : conseillère en biodiversité
  • Muriel Fifils : directrice et fondatrice de l’école Caminando

Finances

La FND est opaque car elle ne publie pas ses comptes annuels. Entre 2015 et 2018, elle a arrêté de communiquer les dons octroyés.
Chaque année, la FND reçoit 10% des bénéfices nets de l’enseigne, ainsi que 1 euro sur chaque adhésion au Club Nature & Découvertes. La Fondation fait des lancements à projets, comme en 2005-2007 avec «Biodiversité en danger, des constats à l’action», ou en 2008-2010 avec «La planète, la nature et…moi». En 2013, la FND a financé 89 projets «coup de main» et 2 projets partenaires, pour un montant global de 233.950 euros. En 2015-2016, la FND a lancé un appel à projets de «pédagogies actives et alternatives au cœur de la nature». Ainsi, en 2015 et 2016, ce sont 44 projets pédagogiques qui ont reçu le soutien de la FND à hauteur de près de 600.000 euros. Aujourd’hui, en ce qui concerne les «projets majeurs» à portée nationale, deux comités se réunissent pour examiner entre 10 et 20 propositions et octroyer des financements entre 6000 et 15.000 euros, soit pour des projets «en matière de pédagogie alternative en contact direct avec la nature», soit «en matière de conservation de la nature et des espèces»le financement des projets compris entre 500 euros et 3000 euros
Depuis 2008, plus de 950 projets «Coup de main» ont été financés, pour un total de 2 millions d’euros. En mars 2015, la FND a instauré l’opération «arrondi en caisse», qui a permis de collecter depuis plus de 800.000 euros au profit de 350 associations.

Liste non exhaustive des associations bénéficiaires des subventions

2020

  • Sea Shepherd France : 15.000 €
  • Nous voulons des coquelicots : 15.000 €
  • Education Environnement 64 : 15.000 €
  • Fédération Connaître et Protéger la Nature : 15.000 €
  • Société française pour l’étude et la protection des mammifères : 15.000 €
  • Office pour les insectes et leur environnement : 15.000 €
  • Association pour l’étude et la conservation des sélaciens : 15.000 €
  • Association française arbres champêtres et agroforesteries : 15.000 €
  • ASPAS : 15.000 €
  • Wildlife Angel: 15.000 €
  • Plastic Odyssey: 15.000 €
  • Tela botanica : 14.000 €
  • Stations d’observations et de protection des tortues et de leurs milieux : 13.000 €
  • Férus : 13.000 €
  • Ecologistes de l’Euzière : 12.500 €
  • CARDERE : 12.000 €
  • LPO : 12.000 €
  • Canopée : 12.000 €
  • Fonds d’intervention éco-pastoral : 11.000 €
  • Tara Expédition : 10.000 €
  • Ecole Pratique de la Nature et des Savoirs : 10.000 €
  • Longitude 181 : 10.000 €
  • Mésange et Libellule : 10.000 €
  • Les piverts : 10.000 €
  • Association régionale pour l’initiation à l’environnement et à la nature en Alsace : 10.000 €
  • Observer Comprendre Préserver : 10.000 €
  • Centre permanent d’initiatives pour l’environnement Bigorre-Pyrénées : 8000 €
  • GDIE : 8000 €
  • Institut des Milieux Aquatiques : 8000 €
  • Le Grand secret du lien : 8000 €
  • Nord Nature Chico Mendès : 7950 €
  • Mountain Riders : 6500 €
  • Énergie Partagée : 5000 €
  • Conscience et impact écologique : 5000 €
  • APECS : 5000 €
  • Groupement régional des CIVAM en PACA : 5000 €
  • Terre et Cité : 5000 €
  • REFEDD
  • Bio Consom’acteurs : 2500 €
  • Surfrider Foundation: 2500 €

2019

  • Nous voulons des coquelicots : 15.000 €
  • Education Environnement 64 : 15.000 €
  • Fédération Connaître et Protéger la Nature : 15.000 €
  • Société française pour l’étude et la protection des mammifères : 15.000 €
  • Association pour l’étude et la conservation des sélaciens : 15.000 €
  • Association française arbres champêtres et agroforesteries : 15.000 €
  • Office pour les insectes et leur environnement : 15.000 €
  • Tela botanica : 14.000 €
  • Stations d’observations et de protection des tortues et de leurs milieux : 13.000 €
  • Férus : 13.000 €
  • Ecologistes de l’Euzière : 12.500 €
  • Canopée : 12.000 €
  • LPO : 12.000 €
  • CARDERE : 12.000 €
  • Fonds d’intervention éco-pastoral : 11.000 €
  • Observer Comprendre Préserver : 10.000 €
  • Association régionale pour l’initiation à l’environnement et à la nature en Alsace : 10.000 €
  • Ecole Pratique de la Nature et des Savoirs : 10.000 €
  • Mésange et Libellule : 10.000 €
  • Les piverts : 10.000 €
  • GDIE : 8000 €
  • Institut des Milieux Aquatiques : 8000 €
  • Centre permanent d’initiatives pour l’environnement Bigorre-Pyrénées : 8000 €
  • Le Grand secret du lien : 8000 €
  • Nord Nature Chico Mendès : 7950 €
  • Mountain Riders : 6500 €
  • Terre et Cité : 5000 €
  • Groupement régional des CIVAM en PACA : 5000 €
  • Inf’OGM : 3000 €
  • FNE-Loire : 3000 €
  • Ethic Ocean : 2500 €
  • Buenas Ondas Collectif : 2500 €
  • LPO-Touraine : 2500 €
  • Fédération des Races de Bretagne : 2500 €
  • Nature Océan Indien : 2500 €
  • Des espèces Parmi’Lyon : 2000 €
  • Élément Terre mon cher Jardin : 1100 €

2018

  • ASPAS : 15.000 €
  • Sea Shepherd France : 15.000 €
  • Wildlife Angel: 15.000 €
  • Plastic Odyssey: 15.000 €
  • Tara Expédition : 10.000 €
  • Longitude 181 : 10.000 €
  • APECS : 5000 €
  • Énergie Partagée : 5000 €
  • Conscience et impact écologique : 5000 €
  • REFEDD

2015

  • LPO Vendée : 12.518 €
  • Calandreta Jansemineta : 5500 €
  • Les Piverts : 10.000 €
  • Montessori Morvan : 30.000 €
  • Association des parents d’élèves de Vébron : 10.000 €
  • Maison de l’environnement entre Loire et Allier : 26.000 €
  • Ecolo Creche : 30.000 €
  • Hirondelle : 12.000 €
  • Cpie Cote Provencale : 10.800 €
  • GDIE : 12.500 €
  • Cardere : 15.000 €
  • Les Jardins Respectueux : 10.000 €
  • Education Environnement 64 : 15.000 €
  • Le Naturoscope : 11.080 €
  • La Ferme des Cerisiers : 10.000 €
  • Salanganes Pédagogie Fondker : 15.000 €
  • Médiane : 10.000 €
  • FRCIVAM Languedoc Roussillon : 12.000 €
  • Scouts et Guides de France : 30.000 €
  • Fédération Connaître et Protéger la Nature : 30000 €
  • L’oasis de Serendip : 15.000 €
  • Association des parents d’élèves de Verrières : 11.600 €
  • Ecole de la Nature et des Savoirs : 11.000 €
  • Cistude Nature : 3000 €

2014

  • Espace Nature Environnement : 2500 €
  • Association France Vozama : 3000 €
  • Conservatoire d’espaces naturels de Basse-Normandie :2500 €
  • Mille Traces : 2500 €
  • Centre Ornithologique du Gard : 2000 €
  • MicroMam : 3000 €
  • CPIE de la Meuse : 2000 €
  • COPRAE : 1500 €
  • Savoirs de Terroirs : 3000 €
  • LPO Rhône-Alpes : 2500 €
  • SNPN : 2500 €
  • Réseau École et Nature : 2000 €
  • Nature Midi-Pyrénées : 3000 €
  • Itsas Arima, L’âme de la Mer : 2500 €
  • Association sportive et culturelle de l’INJS de Chambéry : 3000 €
  • SEPANSO : 2500 €
  • SFEPM : 3000 €
  • Ferus : 3000 €
  • GDIE : 2500 €
  • Hommes & Territoires : 2500 €
  • Envol Vert : 3000 €
  • Karaïbe Association de La Protection De La Nature : 3000 €
  • Association de la Ferme du Nivolet : 3000 €
  • Fédération Guyane Nature Environnement : 3000 €

2013

  • CIVAM : 2000 €
  • Ecocène : 1250 €
  • LPO Anjou : 3000 €
  • LPO : 20.000 €
  • LPO : Loir-et-Cher 2000 €
  • LPO : 1800 €
  • LPO Île-de-France : 2500 €
  • LPO Mission Rapaces : 2500 €
  • LPO Alsace: 1500 €
  • FCPN: 25.500 €
  • Tela Botanica: 2500 €
  • Le Conservatoire d’Espaces Naturels de Basse-Normandie : 2000 €
  • Mille Traces : 3000 €
  • Al’terre Breizh : 1500 €
  • Green : 1500 €
  • Surfrider Foundation Europe : 2500 €
  • Mélès : 2400 €
  • Fédération Guyane Nature Environnement : 3000 €
  • Centre Athenas : 3500 €
  • CROC – Réseau lynx : 3000 €
  • Centre de Sauvegarde de la Faune sauvage “La Dame Blanche” : 2300 €
  • Club CPN le Colibri : 2000 €
  • Nord Nature Chico Mendès : 3000 €
  • GDIE : 1500 €
  • Naturellement Reuilly : 1500 €
  • MJC IDF – Centre d’animation Montparnasse : 2200 €
  • Centre Ornithologique Ile-de-France : 2500 €
  • Acrola : 2500 €
  • Tela Insecta : 2000 €
  • GEPOG : 2500 €
  • Pixiflore : 2000 €
  • Le CPIE des pays de l’Aisne : 2500 €
  • Réseau écologique forestier Rhône-Alpes : 1500 €
  • Espace Nature & Environnement : 5000 €
  • Api’ours – Ferus : 5500 €
  • L’association des jardiniers de Tournefeuille : 2500 €
  • Cant’ ADEAR : 3000 €
  • Bio Consom’Acteurs : 3000 €
  • ECO INNOVAT ION : 2500 €
  • Le Naturoscope : 3000 €
  • La Clé des champs : 2500 €
  • Les écologistes de l’Euzière : 1200 €

2012

  • NOCTUA : 2000 €
  • LPO et CAUE : 20.000 €
  • LPO coordination Rhône-Alpes : 1500 €
  • ADEAS-CIVAM: 3000 €
  • Pocheco Canopée Reforestation: 2500 €
  • Arbres & paysage 32 : 2000 €
  • Green Cross France : 2000 €
  • Clinamen Saint-Denis : 2000 €
  • Terra Nostrum : 2500 €
  • Les jardins de l’espérance : 3000 €
  • Vivarmor Nature & IODDE : 10.000 €
  • Collectif Eduquer à la nature : 12.075 €
  • Planète mer : 1500 €
  • Les Amis du Col de Jaman : 4000 €
  • Groupe Tétras Jura : 3000 €
  • FERUS : 2340 €
  • Pôle Grands Prédateurs Jura : 3000 €
  • Aspas et Mille Traces : 3000 €
  • Up to save : 3000 €
  • M’Bou-Mon-Tour : 20.000 €
  • Projets Plus Actions : 2500 €
  • INECOBA : 3000 €
  • Fédération des Clubs Connaître et Protéger la Nature : 20.000 €
  • Le conservatoire de la réserve naturelle communautaire du Boundou au Sénégal : 3000 €
  • Moidjio : 3000 €
  • Rénatura Congo : 14.555 €
  • APIEEE : 1200 €
  • Neptune plongée : 3000 €
  • OPIE : 15.000 €
  • Cistude Nature de la Nature : 2500 €

2011

  • Comité français de l’UICN : 31.000 €
  • Réseau Terre et cité : 21.500 €
  • Prospecierara : 20.000 €
  • Res’OGM Info : 15.000 €
  • Rétropomme : 15.000 €
  • LPO PACA : 7500 €
  • LPO : 15.000 €
  • LPO Mission Rapaces : 10.000 €
  • Les Petits Débrouillards Bretagne : 15.000 €
  • FRAPNA : 10.000 €
  • OCEAMM : 10.000 €
  • Réserve Naturelle de Moëze-Oléron : 12.500 €
  • CREN du Limousin : 15.000 €
  • Te mana o te moana : 13.000 €
  • CSOL : 15.000 €
  • FNE Midi-Pyrénées : 8000 €
  • Espace de culture océane du littoral et de l’environnement : 2000 €
  • Les ateliers de la nature : 3000 €
  • CANIF : 3000 €
  • Au-delà de l’eau : 1510 €
  • Bugerbivore : 2900 €
  • Pala Dalik : 1978 €
  • Le Tichodrome : 4000 €
  • ASPAS : 6732 €
  • AROBA : 1305 €
  • Club CPN de Boisgervilly : 2000 €
  • Art’piculture: 3000 €
  • SOS Busards: 4000 €
  • Road Tree’p: 3000 €
  • Jardins du Monde : 4000 €
  • GRAB : 2000 €
Publié dans Financeurs, Fondation Nature & Progrès | Commentaires fermés sur Fondation Nature & Découvertes

Isvara Foundation

Liechtenstein
Email : info@isvarafoundation.org
Site : https://www.theisvarafoundation.org/

Profil

logo-fondation-isvaraBasée au Liechtenstein, l’Isvara Foundation a été créée en 2007 par le millionnaire Ayman Jallad, qui détient l’entreprise Ezzat Jallad & Fils basée au Liban, concessionnaire exclusif du géant américain Caterpillar pour le Liban, la Jordanie et l’Autorité palestinienne. Cependant, et bien qu’elle finance des campagnes pour davantage de transparence dans le lobbying, la Fondation est totalement opaque. Non seulement il n’y a ni rapports moraux ni rapports financiers sur son site, mais il n’y a pas non plus d’adresse postale, de liste des responsables ou d’éléments concernant la structure de la fondation. Ayman Jallad affirme qu’il a entièrement financé sa fondation avec une donation personnelle et qu’elle est indépendante du Groupe Jallad.  L’Isvara Foundation est administrée par un conseil de fondation à la banque suisse UBS, à Zurich. En outre, Olivier Hoedeman, l’un des conseillers de la fondation depuis sa création, est par ailleurs cofondateur de Corporate Europe Observatory, une ONG anti-lobby qui a reçu plus de 2,3 millions d’euros de l’Isvara Foundation depuis 2007.
En raison de son opacité et du manque d’information concernant la fondation, la branche européenne de Transparency International a décidé de ne pas solliciter de subventions auprès de cette structure.
L’Isvara Foundation déclare octroyer des subventions aux organisations qui œuvrent «pour arrêter les politiques néolibérales non durables et socialement destructrices qui caractérisent le processus dominant actuel de la mondialisation dirigée par les entreprises». La Fondation soutient en particulier des campagnes de lobbying «ciblant les institutions internationales qui imposent des politiques profitant aux sociétés transnationales tout en nuisant aux communautés locales, et qui menacent de causer un effondrement écologique dans le monde entier». Promouvant «un changement radical dans les centres mondiaux du pouvoir», la Fondation vise notamment les institutions comme l’Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale, la Commission européenne, etc.
Ayman Jallad, qui dit avoir été un temps administrateur de Greenpeace, déclare: «Je ne suis pas socialiste mais je ne pense pas que le business devrait diriger le monde», ajoutant que la Commission européenne est une cible de choix car elle est «très contrôlée par les multinationales». Il affirme en 2017 ne pas faire de politique, mais admet «qu’il admire Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, le leader travailliste Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne et le sénateur démocrate américain Bernie Sanders».
Au départ, l’Isvara Foundation déclarait soutenir annuellement entre 40 et 50 initiatives dans une vingtaine de pays, dont des campagnes contre le lobbying des entreprises, contre les OGM et les biocarburants, contre la spéculation financière, etc. Pour 2018, elle affirme avoir alloué 18 subventions à des groupes et coalitions de la société civile, soutenant des initiatives dans des pays comme la Belgique, la République tchèque, la Colombie, l’Indonésie, l’Espagne, la Suisse, la Tunisie, l’Ouganda et le Royaume-Uni. Elle précise: «Parmi les initiatives soutenues figuraient des campagnes contre les projets miniers, pétroliers et gaziers nuisibles, une maîtrise accrue par rapport à une influence excessive des entreprises, des activités de promotion de politiques commerciales et d’investissement durables, la souveraineté alimentaire, les droits humains, la justice climatique, la responsabilité des entreprises et les droits des communautés rurales, ainsi que des projets médias progressistes.»

Structure

Le siège de l’Isvara Foundation se trouve au Liechtenstein mais elle n’est pas répertoriée dans le registre de commerce de la Principauté.

Dirigeants

  • Ayman Jallad : président
  • Olivier Hoedeman (Corporate Europe Observatory) : conseiller

La Fondation a 5 autres membres dont on ne connaît pas l’identité.

Finances

L’Isvara Foundation est totalement opaque concernant ses finances. En 2011, elle a soutenu 47 initiatives dans plus de 17 pays (contre 41 initiatives en 2010 dans plus de 19 pays). Pour 2018, elle affirme avoir alloué 18 subventions dans au moins une dizaine de pays.

Liste non exhaustive des associations bénéficiaires des subventions

2020

  • Friends of the Earth International :  130.000 €
  • Corporate Europe Observatory :  74.000 €
  • Global Justice Now (ex-WDM)

2019

  • Global Justice Now (ex-WDM) :  118.691
  • Friends of the Earth International :  133.039 €
  • Corporate Europe Observatory :  91.000 €
  • Friends of the Earth Europe :  50.000 €
  • Amis de la Terre France : 4500 €

2018

  • Global Justice Now (ex-WDM) : 279.605 €
  • Friends of the Earth International : 259.181 €
  • Corporate Europe Observatory : 191.000 €
  • Friends of the Earth Europe : 100.000 €
  • Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation : 10.000 €
  • Viva Salud
  • Centrum pro média, ekologii a demokracii

2017

  • Friends of the Earth International : 257.317 €
  • Global Justice Now (ex-WDM) : 226.669
  • Corporate Europe Observatory : 200.000 €
  • Friends of the Earth Europe : 123.994 €
  • Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation : 59.068 €
  • Focus on the Global South

2016

  • Friends of the Earth International : 248.519 €
  • Corporate Europe Observatory : 199.990 €
  • Global Justice Now (ex-WDM) : 136.500 €
  • Friends of the Earth Europe : 95.821 €
  • Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation : 51.159 €
  • Global Forest Coalition : 15.137 €

2015

  • Corporate Europe Observatory : 199.990 €
  • Friends of the Earth International : 184.968 €
  • Friends of the Earth Europe : 80.185 €
  • Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation : 39.000 €
  • Global Justice Now (ex-WDM) : 25.600 €
  • Trade Justice Movement : 1600 €
  • War on Want

2014

  • Friends of the Earth International : 400.000 €
  • Corporate Europe Observatory : 200.000 €
  • Global Justice Now (ex-WDM) : 189.103 €
  • Friends of the Earth Europe : 175.185 €
  • Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation : 45.000 €
  • Transnational Institute : 43.966 €
  • Trade Justice Movement : 21.000 €
  • Spinwatch : 17.500 €
  • Frank Bold Society : 15.000 €
  • Coordination européenne Via Campesina : 15.000 €
  • European Coalition for Corporate Justice : 5150 €
  • GMWatch
  • Earth Open Source

2013

  • Friends of the Earth International : 427.411 €
  • World Development Movement : 367.000 €
  • Corporate Europe Observatory : 199.990 €
  • Friends of the Earth Europe : 95.000 €
  • Coordination européenne Via Campesina : 50.000 €
  • Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation : 48.000 €
  • Transnational Institute 35.616 €
  • Compass : 26.750 €
  • Fondation Sciences Citoyennes : 20.372 €
  • GRAIN : 19.368 €
  • Acces Info Europe : 7532 €
  • Frank Bold Society : 4000 €
  • GMWatch
  • Earth Open Source
  • Pro Public

2012

  • Friends of the Earth International 400.000 €
  • Corporate Europe Observatory : 200.000 €
  • Friends of the Earth Europe : 95.000 €
  • Amazon Watch : >85.000 €
  • Transnational Institute : 31.194 €
  • GRAIN : 27.676 €
  • Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation : 25.000 €
  • Fondation Sciences Citoyennes : 24.000 €
  • GMWatch
  • Earth Open Source

2011

  • Friends of the Earth International : 416.000 €
  • Corporate Europe Observatory : 199.990 €
  • Spinwatch : 33.000 €
  • Transnational Institute : 24.054 €
  • Amis de la Terre France : 22.685 €
Publié dans Financeurs | Commentaires fermés sur Isvara Foundation

Pierre Rabhi †

Président de Colibris
Président d’honneur de Terre et Humanisme
Cofondateur des Amanins
Administrateur du Fonds de dotation Pierre Rabhi
Site : http://www.pierrerabhi.org/

Profil

Décédé le 4 décembre 2021 à Lyon, Pierre Rabhi est devenu une figure médiatique très populaire, avec notamment des ventes records de livres, jusqu’à plus de 300.000 exemplaires pour son manifeste Vers la sobriété heureuse. Pourtant, son point de vue est radical, appelant à un «changement radical de paradigme», considérant notamment que «l’agriculture moderne est devenue l’une des plaies sanitaires environnementales de notre pays» et que «le mode de vie urbain est aliénant pour l’être humain». Partisan de la décroissance, il préfère maintenant utiliser l’expression «sobriété heureuse» et prône une relocalisation de l’économie organisée en autonomies régionales et basée sur l’artisanat et la petite industrie. A ce titre, il dénonce les structures nationales de standardiser «la collectivité humaine au détriment de sa diversité comme richesse de tous».
Il est surtout respecté parce qu’il aurait mis en pratique, plus que d’autres responsables écologistes, la sobriété qu’il défend. Mais son succès vient de sa démarche qui consiste à privilégier le développement personnel des individus et à éviter les sujets clivants : «Je ne me sens pas de jouer le rôle de l’avant-coureur sur le sentier de la révolte. Si on ne fait pas de travail sur soi-même, sur sa mutation personnelle, ça ne sert à rien. On rentre dans le cycle de la protestation stérile.» Il ajoute : «Le témoignage par les actes, paisible, tranquille, déterminé me paraît plus efficace que la controverse, l’accusation, la critique, souvent stériles.»
Néanmoins, Pierre Rabhi est critiqué par certains milieux de gauche, le considérant réactionnaire sur certains sujets sociétaux. L’agroécologiste a notamment déclaré : «Loin de toutes hypocrisie ou complaisance, et avec tout le respect dû aux personnes, je considère comme dangereuses pour l’avenir de l’humanité, la validation de la famille “homosexuelle”, alors que par définition cette relation est inféconde.» Bien qu’il défende les valeurs féminines, il ajoute qu’«il ne faudrait pas exalter l’égalité» entre hommes et femmes. Il considère aussi qu’«à (sa) connaissance il n’y a pas une seule femme qui ait inventé une bielle ou un engrenage !». Dans un article du Monde Diplomatique, le journaliste Jean-Baptiste Malet évoque les «fréquentations vichysso-ardéchoises» de Rabhi, et notamment l’influence qu’a eu sur lui le penseur réactionnaire Gustave Thibon, «l’une des sources intellectuelles de l’idéologie ruraliste de Vichy». Imprégné par ce courant agrarien, Rabhi déclare : «Je crois en particulier à une nouvelle civilisation agraire, enrichie de connaissances nouvelles, avec une dimension esthétique, poétique et donc spirituelle.»
Au départ, deux ouvrages l’ont fortement influencé : La Fécondité de la terre d’Ehrenfried Pfeiffer, sur les méthodes ésotériques de l’agriculture biodynamique, et La planète au pillage de Fairfield Osborn. Son engagement est quasiment d’ordre spirituel et confie que «Krishnamurti m’a beaucoup marqué dans mon itinéraire spirituel». Pour lui, la notion de Terre-Mère n’est pas une métaphore mais une réalité objective. Il est également adepte des médecines alternatives, notamment la médecine quantique.
Il arrive à s’entourer de personnalités médiatiques comme Mélanie Laurent, Zaz ou Marion Cotillard. La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, par ailleurs son ancienne éditrice, est aussi très proche de lui, déclarant : «Il est arrivé comme une véritable lumière dans ma vie». La démarche radicale de Rabhi ne l’empêche pas d’avoir des relations courtoises avec les écologistes réputés pour collaborer avec les multinationales, comme Nicolas Hulot ou le WWF. Par exemple, son association, Colibris, a été hébergée jusqu’au printemps 2009 au siège du WWF, au Domaine de Longchamp. De même, il accepte volontiers l’aide et le soutien de grandes entreprises et organise des événements en direction des chefs d’entreprise. Ainsi, en 2010, la Fondation Pierre Rabhi comptait parmi ses fondateurs les PDG du Groupe Léa Nature et de Nature & Découvertes, le président de la Fondation Yves Rocher, le directeur des Editions Actes Sud, la Princesse Constance de Polignac. De même, son Fonds de dotation est administré par des personnalités comme Bernard Chevillat, fondateur de l’entreprise de cosmétiques bio Melvita, ou encore Patrice de Colmont, patron du restaurant de la jet-set «Club 55» à Ramatuelle. Comme le relate le Monde Diplomatique, «Rabhi a également reçu chez lui, ces dernières années, le milliardaire Jacques-Antoine Granjon, le directeur général du groupe Danone Emmanuel Faber, ainsi que M. Jean-Pierre Petit, plus haut dirigeant français de McDonald’s et membre de l’équipe de direction de la multinationale».

Parcours

Né en 1938 à Kenadsa en Algérie, orphelin de mère, Pierre Rabhi est confié à un couple de Français pour être éduqué. Converti au christianisme en 1956, il est employé de banque à Oran. Il s’installe en France en 1959 où il devient ouvrier dans une entreprise parisienne de fabrication de machines agricoles. Il met déjà en cause les valeurs de compétition de la modernité. En 1960, lui et sa future épouse, Michèle, veulent s’extraire de la vie urbaine. Ils rencontrent le docteur Pierre Richard, un médecin imprégné des théories hygiénistes d’Alexis Carrel, qui s’occupait à l’époque de la création du Parc national des Cévennes, et qui les encourage dans leur démarche. Le couple quitte alors la capitale pour s’installer en Ardèche.
Après trois ans comme ouvrier agricole, en 1963, il devient lui même paysan dans les Cévennes ardéchoises, installé dans une ferme sans électricité et eau courante. Il se lance dans l’élevage caprin en 1971. A l’époque, Pierre Rabhi rejette déjà fortement la logique productiviste appliquée à l’agriculture. Le Dr Richard fait connaître l’agriculture biodynamique à Rabhi. En 1972, il applique ces méthodes sur sa petite ferme, dans l’agriculture et l’élevage. En 1978, il est chargé de formation à l’agro-écologie par le CEFRA (Centre d’études et de formation rurales appliquées). En 1981, il met au point divers programmes de formation en agro-écologie en France, en Europe et en Afrique et, sur l’invitation du Burkina Faso, il organise le premier programme d’agroécologie. En 1985, il fonde, en collaboration avec l’association du Point Mulhouse, le premier Centre africain de Formation à l’Agroécologie, à Gorom-Gorom. En 1988, il fonde le CIEPAD (Carrefour international d’échanges de pratiques appliquées au développement) avec l’appui du Conseil général de l’Hérault et le soutien d’Edgar Pisani. Il met en place un «module optimisé d’installation agricole», de programmes de sensibilisation et de formation, et le lancement de nombreuses actions de développement à l’étranger (Maroc, Palestine, Algérie, Tunisie, Sénégal, Togo, Bénin, Pologne, Ukraine, etc.). En 1992, il lance le programme de réhabilitation de l’oasis de Chenini-Gabès en Tunisie. En 1997 et 1998, il intervient à la demande de l’ONU dans le cadre de l’élaboration de la Convention de lutte contre la désertification (CCD) et est appelé à formuler des propositions concrètes pour son application.
Au-delà des formations en agroécologie, les réflexions de Pierre Rabhi sont de plus en plus écoutées avec respect par les milieux écologistes, en particulier dans les cercles écolo-spiritualistes. En 1998, l’association Les amis de Pierre Rabhi est créée afin de diffuser les idées de Pierre Rabhi et soutenir son action. En 1999, l’association est rebaptisée «Terre & Humanisme». En 2002, encouragé par de nombreux amis, Pierre Rabhi se lance dans une campagne présidentielle «non conventionnelle» afin de défendre la «sobriété heureuse». Sa campagne a récolté 184 parrainages d’élus, a permis la création de plus de 80 comités départementaux de soutien – les colibris – et a donné naissance au Mouvement Appel Pour une Insurrection des Consciences (MAPIC). A la même période, il apparaît dans le comité de rédaction du journal La décroissance, mais Pierre Rabhi sera vite écarté par les responsables du journal, très réservés sur le spiritualisme de l’agroécologiste. En 2004, il lance la création d’un centre agroécologique, Les Amanins, à la Roche-sur-Grâne, dans la Drôme. En 2005, il publie un livre d’entretiens croisés avec Nicolas HulotGraines de possibles, regards croisés sur l’écologie. En 2006, il crée et préside l’association Mouvement pour la Terre et l’Humanisme (rebaptisée plus tard Colibris) dont le lancement officiel a eu lieu en juin 2008 à Bourges. L’association a obtenu le parrainage de Nicolas Hulot et de la réalisatrice Coline Serreau, qui a réalisé un film – Solutions locales pour un désordre global – dont Pierre Rabhi est l’un des intervenants. Pierre Rabhi est, par ailleurs, vice-président de l’association Kokopelli. En 2010, la Fondation Pierre Rabhi est créée sous l’égide de la Fondation de France. En 2013, un Fonds de dotation Pierre Rabhi remplace la Fondation et destinée à financer des projets concrets initiés par Pierre Rabhi. En mars 2013, il est le sujet du documentaire Pierre Rabhi au nom de la terre, réalisé par Marie-Dominique Dhelsing, qui a fait un peu plus de 100.000 entrées. Le 16 juillet 2013, il publie dans le journal Le Monde, avec Susan George et Edgar Morin, une tribune soutenant l’initiative citoyenne européenne «Arrêtons l’écocide en Europe». En , il reçoit des mains d’Anne Hidalgo la médaille Grand Vermeil de la ville de Paris. En juin 2018, il participe et parraine le Colloque «Une espérance pour la santé de l’Homme et de la Terre» organisé à Montpellier par le Dr Nadine Schuster, «l’un des pionniers de la médecine quantique». En septembre 2018, il soutient «l’appel des coquelicots» lancé par Fabrice Nicolino et François Veillerette et dont l’objectif est d’obtenir «l’interdiction de tous les pesticides de synthèse».
Pierre Rabhi fait de nombreuses interventions dans les médias et participe régulièrement à des conférences. Chaque année, il participe à une trentaine de conférences, la moitié d’entre elles sont faites à titre gratuit et l’autre moitié est le plus souvent facturée entre 1000 et 1200 euros.
Pierre Rabhi est décédé le 4 décembre 2021 à Lyon

Bibliographie

  • Du Sahara aux Cévennes ou la reconquête du songe (autobiographie), Éditions de Candide, Lavilledieu, 1983, rééd. Albin Michel, Paris, 1995, rééd. sous le titre Du Sahara aux Cévennes : itinéraire d’un homme au service de la Terre-Mère, Albin Michel, 2002.
  • Le Gardien du Feu (roman), Éditions de Candide, Lavilledieu, 1986, Editions Albin Michel, Paris, 2003.
  • L’Offrande au crépuscule (Prix des sciences sociales agricoles du ministère de l’Agriculture), Éditions de Candide, Lavilledieu, 1989, rééd. aux éditions L’Harmattan 2001.
  • Le Recours à la terre (recueil d’articles), Éditions Terre du Ciel, 1995, nouvelle éd. augm. 1999.
  • Parole de Terre : une initiation africaine, Éditions Albin Michel, 1996.
  • Manifeste pour des Oasis en tous lieux, ouvrage collectif sous la direction de Pierre Rabhi, 1997.
  • Le Chant de la Terre interview par Jean-Pierre et Rachel Cartier, Editions La Table Ronde, 2002
  • Graines de possibles, regards croisés sur l’écologie, avec Nicolas Hulot, Ed Calmann-Lévy, 2005.
  • Conscience et environnement, Editions du Relié, 2006.
  • La part du colibri, l’espèce humaine face à son devenir, Editions de l’aube, 2006.
  • Ecologie et spiritualité, collectif, Paris, Albin Michel, 2006. Avec entre autres, Jacques Brosse, André Comte-Sponville, Eugen Drewermann, Albert Jacquard, Jacques Lacarrière, Théodore Monod, Jean-Marie Pelt, Annick de Souzenelle…
  • Terre-Mère, Homicide volontaire ? Entretiens avec Jacques Olivier Durand, Le Navire en pleine ville, 2007.
  • Manifeste pour la Terre et l’Humanisme, Pour une insurrection des consciences, Actes Sud, 2008.
  • Le scénario Titanic, et autres métaphores écologiques…, de Hugues Gosset-Roux (Préface de Pierre Rabhi), Jouvence, 2008.
  • Pierre Rabhi rédacteur en chef du numéro 77 de la revue Interdépendances, avril 2010.
  • Vers la Sobriété Heureuse, Actes Sud, avril 2010.
  • Éloge du génie créateur de la société civile, éd. Actes Sud, 2011.
  • Préface de La Terre comme soi-même : repères pour une écospiritualité, de Michel Maxime Egger, éd. Labor et Fides, Genève, 2012.
  • Un nouveau monde en marche : vers une société non-violente, écologique et solidaire, de Laurent Muratet et Étienne Godinot, éd. Yves Michel, Gap, 2012. Participation de Pierre Rabhi.
  • L’Agroécologie pour nos enfants, éd. Actes Sud, 2013.
  • Pierre Rabhi semeur d’espoirs, entretiens avec Olivier Le Naire, éd. Actes Sud, 2013.
  • Le monde a-t-il un sens ?, avec Jean-Marie Pelt, Fayard, 2014.
  • L’Agroécologie, une éthique de vie, entretien avec Jacques Caplat, éd. Actes Sud, 2015.
  • La Puissance de la modération, Hozhoni, 2015.
  • La convergence des consciences, Le Passeur, 2016.
  • Les semences en voie de disparition, éd. Actes Sud, 2017.
  • Les excès de la finance ou l’art de la prédation légalisée, avec Juliette Duquesne, Presses du Châtelet, 2017.
  • Les semences : un patrimoine vital en voie de disparition, avec Juliette Duquesne, J’ai Lu, 2018.
  • Pour en finir avec la faim dans le monde, avec Juliette Duquesne, J’ai Lu, 2018.
  • L’eau que nous sommes, avec Juliette Duquesne, Presses du Châtelet, 2018.
  • Vivre mieux sans croissance, avec Juliette Duquesne, Presses du Châtelet, 2021.
  • L’humain au risque de l’intelligence artificielle, avec Juliette Duquesne, Presses du Châtelet, 2021.
  • La Tristesse de Gaïa: de l’effondrement à l’émerveillement, Actes Sud, 2021.
Publié dans Acteurs, Rabhi | Commentaires fermés sur Pierre Rabhi †

Nicolas Hulot

Ministre de la Transition écologique et solidaire (2017-2018)
Fondateur de la Fondation pour la Nature et l’Homme
Actionnaire d’Eole Conseil

Profil

Grâce au succès de ses émissions (Ushuaïa était regardée par plus de 7 millions de téléspectateurs), Nicolas Hulot est vite devenu une figure familière auprès du grand public. Profitant de cette réussite et de sa popularité, il a décidé de militer en faveur de la sauvegarde de la nature, avec l’aide bienveillante des milieux institutionnels. La veille de la diffusion, le 25 novembre 2021, d’un reportage d’Envoyé spécial sur France 2 où il est accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles et de viol, il annonce «quitter définitivement la vie publique» et la présidence de sa fondation.
Proche au départ du clan Chirac, Nicolas Hulot va rapidement tisser des liens au sein des milieux politiques de l’UMP, collaborant de façon très étroite par exemple avec Nathalie Kosciusko-Morizet au moment de la Charte de l’Environnement. Côté finances, il n’a pas d’états d’âme à profiter des financements d’EDF, Rhône-Poulenc, TF1, L’Oréal, Orange, etc., justifiant cela par pur pragmatisme. Enfin, n’ayant à l’origine pas de légitimité sur les questions écologistes, il s’entoure de «spécialistes» en la matière dans un Comité de veille écologique (CVE), formé avec l’aide du philosophe Dominique Bourg, et fréquente aussi des figures au discours plus radical, comme Pierre Rabhi ou Jean-Paul Besset, afin de parfaire son image d’écologiste engagé.
Fort de ces soutiens politiques, financiers et intellectuels, Nicolas Hulot est devenu un rouage essentiel pour introduire l’écologie dans les débats politiques et sociétaux. Depuis quelques années, il a durci ses critiques contre le mode de vie de la société occidentale, expliquant par exemple qu’il y a «intérêt à organiser la décroissance des flux qui viennent à épuisement». Longtemps ambigu sur la question du nucléaire, il s’est clairement positionné en faveur d’une sortie du nucléaire en France qu’en 2012.
Concernant l’engagement politique, il a souvent tergiversé. Après sa défaite à la primaire écologiste en 2012, il rebondit en étant nommé «envoyé spécial pour la protection de la planète» par le président François Hollande, en vue de la COP21. En 2013, il estime que «la politique au sens où on l’entend habituellement, c’est-à-dire adhérer à un parti, me présenter à des élections, oui, je pense que c’est fini». Il refuse en février 2016 d’entrer au gouvernement à la tête d’un grand ministère en charge de l’écologie et renonce à une candidature à la présidentielle de 2017. En avril 2017, il annonce qu’il votera Emmanuel Macron, tout en critiquant le projet et le modèle économique de ce dernier : «Un modèle qui semble préférer le libre-échange au juste échange, la croissance à la prospérité, l’écologie saupoudrée ici et là à l’écologie intégrale. Comme si la crise écologique ne conditionnait pas l’ensemble de nos choix économiques.» Nicolas Hulot a aussi exprimé qu’il y avait des divergences avec Emmanuel Macron, «notamment sur la question du nucléaire». Le 17 mai 2017, il est nommé ministre de la Transition écologique et solidaire mais décide de démissionner le 28 août 2018. Malgré ses déboires en politique et des accusations d’agressions sexuelles publiée début 2018 dans l’Ebdo, il a su préserver sa popularité. Selon un sondage de décembre 2020, Nicolas Hulot atteint 69% d’opinions positives.
Par ailleurs, l’approche pragmatique de Nicolas Hulot lui vaut des critiques assez sévères de la part des écologistes radicaux comme le journal La décroissance qui le qualifie de «télécologiste» et a organisé un «pacte contre Hulot». Enfin, les rapports avec les autres associations écologistes ne sont pas forcément plus cordiaux. A l’instar de sa décision de faire sortir sa Fondation de L’Alliance pour la planète qui réunissait, au moment du Grenelle de l’environnement, la plupart des grandes ONG écologistes. Pour Corinne Lepage, «C’est lui qui a tout fait sauter, à cause de son ego surdimensionné.» Quant à Yannick Jadot, ancien responsable de Greenpeace et eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts, il estime : «Le problème Hulot, c’est le collectif.» Enfin, Serge Orru constate : «Il n’a pas envie de se faire chier avec des organisations. Il ne sait pas fédérer des gens.»
En 2010, le livre de Bérengère Bonte, Sain Nicolas (Editions du Moment), première biographie sur Nicolas Hulot, révèle de nombreux aspects pertinents sur la personnalité de l’animateur de TF1 et sur la façon dont il a accompagné le virage vert, de Chirac à Sarkozy.
A côté de l’engagement de Nicolas Hulot, il y a aussi l’aspect lucratif non négligeable. En effet, l’émission Ushuaïa Nature coûtait 1 million d’euros par épisode et TF1 possède et exploite le label écolo «Ushuaïa». En quinze ans, la licence d’exploitation a été octroyée à plus d’une quinzaine de sociétés et TF1 estime à 100 millions d’euros le chiffre d’affaires annuel généré par tous les produits griffés Ushuaïa. Pour sa part, à l’époque d’Ushaïa Nature, Nicolas Hulot touchait 30.000 euros par mois, en plus des droits d’auteur de ses ouvrages et d’un pourcentage sur les ventes des livres et des DVD Ushuaïa. La société Eole Conseil, créée en 1990 et dirigée par Hulot jusqu’à sa nomination au gouvernement, gère divers droits d’auteur et touche 5,25 % des royalties des droits dérivés. Le dernier chiffre d’affaires connu d’Eole Conseil s’élève à 575.000 euros en 2013 (contre 685.600 euros en 2012, 715.000 euros en 2009 et 675.000 euros en 2008). Selon la déclaration d’intérêts de Nicolas Hulot, ce dernier s’est versé entre 176.000 et 338.000 euros de salaire annuel entre 2012 et 2016, sommes auxquelles il faut ajouter les dividendes (60.000 euros en 2013). Selon Le Canard Enchaîné, Nicolas Hulot ne percevra pas de «royalties L’Oréal» pendant qu’il est ministre ; elles seront mises en réserve et versées une fois qu’il ne sera plus ministre.

Parcours

Né le 30 avril 1955 à Lille, Nicolas Hulot est engagé, après de petits boulots, comme photoreporter en 1973 pour l’agence de presse Sipa, ce qui l’amène à faire des reportages aussi bien en France qu’à l’étranger (Guatemala, Afrique du Sud, Rhodésie, etc.). En 1980, il participe au rallye Paris-Dakar. Il débute ensuite dans les médias sur France Inter, comme animateur-reporter en commentant des événements moto, et à la télévision, dans une émission pour enfants. En parallèle, de 1976 à 1993, il coordonne des expéditions comme la traversée de la Manche en planche à voile, une expédition au Pôle Nord magnétique, une descente du Zambèze à la pagaie, etc.
Le grand tournant est amorcé en 1987, quand il présente l’émission télévisée «Ushuaïa, le magazine de l’extrême», diffusée sur TF1. De 1996 à 1997, il est producteur et animateur de l’émission Opération Okavango sur TF1 et, de 1998 à 2012, de l’émission Ushuaïa Nature, toujours sur TF1. Il est l’inspirateur de la nouvelle chaîne Ushuaïa TV, lancée sur le câble en 2005 et appartenant au Groupe TF1. Le magazine mensuel Ushuaïa voit le jour en 2006.
Profitant du succès de ses émissions, il crée en 1990 la Fondation Ushuaïa (rebaptisée en 1995 la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme), avec l’aide de Jacques Chirac, alors maire de Paris, et sa fille, Claude. Les premiers mécènes seront la Mairie de Paris, Rhône-Poulenc, EDF et, un peu plus tard, L’Oréal. En 1999, Nicolas Hulot crée, avec l’aide du philosophe Dominique Bourg, un Comité de veille écologique au sein de sa fondation qui devient rapidement une force de lobbying et de «brainstorming» auprès des pouvoirs en place. Introduit par Nicolas Hulot, Dominique Bourg participe à la «cellule environnement» du Premier ministre Raffarin et intègre en 2002 la Commission Coppens, chargée de réfléchir sur la Charte de l’environnement. La même année, Nicolas Hulot a accompagné le président Chirac au Sommet de la Terre à Johannesburg, et il refuse le poste de ministre de l’Écologie que lui a proposé le chef de l’Etat. En 2004, il rencontre Jean-Paul Besset après que celui-ci ait publié un livre intitulé Comment ne plus être progressiste… sans devenir réactionnaire, véritable pamphlet écologiste décroissant. Besset devient alors le coordinateur du Pacte écologique et explique que, malgré les parcours différents, «nous sommes tombés d’accord sur l’essentiel». Dans la foulée, Jean-Paul Besset est devenu le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Certains considèrent à l’époque Jean-Paul Besset comme le «nouveau mentor intellectuel» de Nicolas Hulot qui lui aurait fait opérer «un petit virage dans sa pensée politique».
En 2005, Nicolas Hulot lance avec l’Ademe l’opération «Défi pour la Terre» qui vise à faire engager le public, les collectivités ou les entreprises à adopter des gestes de la vie quotidienne plus respectueux de l’environnement. En novembre 2006, il lance le Pacte écologique – un ensemble de mesures écologiques – afin d’imposer le thème de l’écologie dans la campagne présidentielle française. Après avoir envisagé d’être candidat à l’élection présidentielle, il se retire en janvier 2007 alors que le Pacte écologique a été signé par la plupart des candidats des partis «de gouvernement» et par plus de 700.000 personnes. Nicolas Hulot, ainsi que plusieurs membres de sa fondation, ont pleinement participé au Grenelle de l’Environnement. En octobre 2009, il sort un film au cinéma intitulé Le syndrome du Titanic qui s’avère être un échec, l’incitant à se mettre en retrait pendant un an.
En novembre 2010, il fait un discours à l’occasion de la naissance d’Europe Ecologie-Les Verts lors des Assises de Lyon, volant la vedette à Eva Joly et laissant à nouveau planer le doute sur ses intentions de se présenter à l’élection présidentielle. Le 13 avril 2011, Nicolas Hulot saute le pas en se déclarant candidat pour l’élection présidentielle de 2012. A la suite de cela, il démissionne de sa Fondation et fin décembre 2011 marque également l’arrêt de l’émission Ushuaïa Nature, ainsi que la fin de la collaboration entre TF1 et Nicolas Hulot. Après son échec à devenir le candidat d’EELV pour la présidentielle, il retrouve la présidence de sa fondation le 22 novembre 2011.
Le 6 décembre 2012, en vue de la conférence sur le climat à Paris fin 2015, il est nommé «envoyé spécial pour la protection de la planète» par le président François Hollande. En novembre 2014, il se prononce pour l’abandon du barrage contesté de Sivens. En juillet 2015, Nicolas Hulot organise le Sommet des Consciences à Paris, réunissant plus d’une quarantaine personnalités morales et religieuses du monde entier pour lancer un «Appel des Consciences pour le climat». En février 2016, il refuse d’entrer au gouvernement à la tête d’un grand ministère en charge de l’écologie. Il envisage de lancer un mouvement écologiste d’envergure, en vue de la présidentielle de 2017. En mars 2017, il lance, avec sa fondation et le soutien de 80 associations, l’Appel des solidarités, une initiative qui fixe cinq caps à «une politique publique ambitieuse en matière de protection de l’environnement et de réduction des inégalités». Juste avant le second tour de la présidentielle, il annonce qu’il votera Emmanuel Macron, un «vote de raison», critiquant le projet et le modèle économique de ce dernier : «Un modèle qui semble préférer le libre-échange au juste échange, la croissance à la prospérité, l’écologie saupoudrée ici et là à l’écologie intégrale. Comme si la crise écologique ne conditionnait pas l’ensemble de nos choix économiques.» Le 17 mai 2017, il est nommé Ministre de la Transition écologique et solidaire. Le 28 août 2018, il annonce sa démission du gouvernement. En janvier 2019, il reprend la tête de la FNH en devenant administrateur à vie et président d’honneur. En février 2019, il affirme avoir été la cible de menaces de la part de Monsanto : «Quelques mois après que j’ai été nommé ministre, une personne de ma connaissance, haut placée dans une entreprise travaillant dans le domaine de l’environnement et qui pourra confirmer ce que je révèle ici, est venue me voir avec ce message menaçant : Monsanto avait demandé à une officine belge de s’occuper de ma réputation.»
La veille de la diffusion, le 25 novembre 2021, d’un reportage d’Envoyé spécial sur France 2 où il est accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles et de viol, il annonce «quitter définitivement la vie publique» et la présidence de sa fondation.
Nicolas Hulot a reçu différentes distinctions : Commandeur de la Légion d’honneur, Chevalier des Arts et Lettres, Officier de l’Ordre National du Mérite, Officier de l’Ordre du Lion du Sénégal.

Bibliographie

  • Tabarly : 45 ans de défi, Pac, 1976.
  • Ces enfants qui souffrent, Pac, 1978.
  • Chasseurs de Pôles, Albin Michel, 1989.
  • Les chemins de traverses, Lattès, 1989 ; Pocket, 1990.
  • États d’âme, Lattès, 1991 ; LGF, 1992.
  • Questions de nature, Plon, 1995, Pocket, 1996.
  • À mes risques et plaisirs, Plon, 1998, Pocket, 2000.
  • Pour que la Terre reste humaine, Seuil, 1999, Seuil, «Points», 2001.
  • Ushuaïa nature : paradis du bout du monde, Michel Lafon, 2000
  • Planète nature, Michel, Lafon, 2002.
  • Ushuaïa nature. Vol. 2, Voyages au cœur de l’extrême, Michel Lafon, 2003.
  • Le syndrome du Titanic, Calmann-Lévy, 2004 ; Paris, LGF, 2004.
  • Écologuide de A à Z : pour les juniors, Le cherche midi, 2004.
  • Ushuaïa : le grand album, Michel Lafon, 2004.
  • La Terre en partage : éloge de la biodiversité, La Martinière, 2005.
  • Graines de possibles, regards croisés sur l’écologie (avec Pierre Rabhi), Calmann-Lévy, 2005.
  • Pour un pacte écologique, Calmann-Lévy, 2006.
  • Le syndrome du Titanic 2, Calmann-Lévy, 2009.
  • Parcs nationaux en France, avec Patrick Desgraupes et Michel Fonovich, Aubanel, 2009.
  • Nos années Ushuaïa – 25 ans d’émerveillement, Editions du Toucan, 2012.
  • Plus haut que mes rêves, Calmann-Lévy, 2013.
  • Climat ça fait mal !, Le cherche midi, 2015.
  • Osons, plaidoyer d’un homme libre, LLL, 2015.
  • Le cercle vertueux, entretiens avec Vandana Shiva, Actes Sud, 2018
  • D’un monde à l’autre : le temps des consciences (avec Yves Lenoir), Fayard, 2020
  • Les petits pas ne suffisent pas (avec Muriel Douru), Rustica, 2021
Publié dans Acteurs, Hulot | Commentaires fermés sur Nicolas Hulot

François Veillerette

Directeur et porte-parole de Générations Futures
Administrateur de Pesticide Action Network Europe
Administrateur de Justice Pesticides
Membre des Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE)
Parrain de la Fondation d’entreprise Ekibio

Profil

En à peine quelques années, François Veillerette a réussi à devenir la figure de proue du lobbying antipesticides en France, notamment avec son association Générations Futures, ce qui fait de lui l’interlocuteur privilégié des médias. D’autant plus qu’il leur fournit régulièrement des «enquêtes» alarmistes sur les pesticides, bien que celles-ci ne soient pas représentatives de l’exposition moyenne aux pesticides. François Veillerette est aussi devenu incontournable dans toutes les négociations officielles concernant les pesticides. Cette réussite, il la doit à sa capacité à s’appuyer sur des réseaux d’associations Greenpeace, HEAL, PAN Europe, Agir pour l’environnement, etc. Mais surtout grâce à une communication principalement basée sur des annonces alarmistes à propos des supposés dangers sanitaires des pesticides, notamment dans les produits alimentaires.
Souvent présenté comme «expert», François Veillerette n’a en fait aucune formation scientifique ou agronomique. Il adopte cependant un discours technique pour être crédible et paraître sérieux, en évitant toute approche idéologique. La façon dont il commente les chiffres ou les études sur les pesticides est sujette à caution. Il insiste par exemple sur le fait que «chaque année, la France utilise pas moins de 76.000 tonnes de pesticides dont 90% concernent l’agriculture », tout en expliquant par ailleurs qu’«une simple réduction du volume de pesticides utilisé n’est pas un bon indicateur car il ne correspond pas forcément à une diminution du risque».
De même, tout en entretenant des liens étroits avec le lobby de l’industrie bio, il présente souvent l’agriculture biologique comme une alternative aux pesticides, sans mentionner que la bio utilise, elle aussi, des traitements phytosanitaires. Toutefois, quand un pesticide utilisé en bio comme le cuivre est menacé d’interdiction en mai 2018, François Veillerette n’hésite pas à prendre sa défense, arguant que «son interdiction mettrait un couperet à l’agriculture biologique», et cela malgré le fait que le cuivre apparaisse dans la liste TDEX des perturbateurs endocriniens potentiels.
De manière plus générale, François Veillerette peut adopter une posture  pragmatique, affirmant qu’«on sait très bien qu’on n’arrivera pas à les supprimer demain, ni même après-demain». Cela n’empêche pas qu’il s’inscrit dans une idéologie écologiste radicale, même s’il évite de trop l’exposer. Il milite ainsi pour la suppression totale de tous les pesticides de synthèse, une exigence qu’il qualifie de «radicale mais nécessaire», et pour une agriculture 100% bio. Pour résumer sa pensée, il cite volontiers René Dumont qui a déclaré : «Une croissance indéfinie est impossible, nous n’avons qu’une seule Terre; mais une civilisation du bonheur est possible. Les solutions existent, mais l’opinion les ignore car les structures actuelles et les détenteurs du pouvoir économique et politique s’y opposent.» Il se revendique aussi de la pensée de l’écologiste conservateur Teddy Goldsmith. François Veillerette cite notamment Le défi du vingt et unième siècle, de Goldsmith, comme son livre de référence. François Veillerette témoigne que la lecture des livres de Teddy Goldsmith «allait bien sûr m’ouvrir à une façon de concevoir la problématique écologique qui devait façonner ma vision du monde. Je leur dois une bonne part de mes connaissances et convictions présentes sur la nécessité d’une relocalisation de l’économie dans un monde basé sur des communautés.»
Depuis quelques années, François Veillerette a décidé de ne plus se limiter à la lutte contre les pesticides. C’est ainsi qu’il a contribué à la création du Réseau Environnement Santé, afin aborder la question de la santé environnementale sous tous ses aspects, et qu’il s’est engagé politiquement auprès d’Europe Ecologie-Les Verts, ce qui lui a permis de devenir conseiller régional de Picardie entre 2010 et 2015. Enfin, tout en restant en pointe sur les pesticides, il s’est engagé ponctuellement sur la problématique des gaz de schiste ou sur la «ferme-usine des 1000 vaches».
Entre 2009 et 2015, en plus de ses activité militantes et de la vice-présidence de la Région Picardie chargé de l’environnement, il a cumulé une activité professionnelle de conseiller en environnement qui lui a rapporté, selon sa déclaration d’intérêts, 132.625 euros entre janvier 2010 et avril 2014.

Parcours

Né le 9 mai 1960, il a suivi une formation d’enseignant spécialisé, après une formation de professeur des écoles et une année d’exercice d’assistant de langue en Angleterre. A partir de 1982, il devient enseignant titulaire dans l’enseignement spécialisé. Il sera jusqu’en 2010 responsable de service dans un établissement régional d’enseignement adapté (EREA) à Crèvecoeur-le-Grand, en Picardie.
Sa rencontre avec Georges Toutain, agronome de l’Inra à la retraite et conseiller régional écologiste indépendant dans les années 1990-1992, semble décisive pour son engagement, puisqu’il cofondera avec lui le MDRGF en 1996, dont il devient ensuite le président. Au même moment, François Veillerette milite pour Greenpeace et participe notamment à une manifestation en mars 2000 pour le passage d’un convoi de transport nucléaire. En 2001, il devient membre de l’assemblée statutaire de Greenpeace, avant d’en devenir le président du conseil d’administration de 2002 à 2005, et vice-président en 2009. François Veillerette décide aussi de faire de MDRGF (rebaptisé par la suite Générations Futures) une association nationale principalement axée sur la lutte contre les pesticides. Pour cela, il s’appuie sur des réseaux internationaux spécialisés dans ce domaine, comme Pesticide Action Network Europe (dont il est administrateur depuis avril 2003) et l’International POPs Elimination Network (IPEN).
En août 2001, ses commentaires alarmistes sur la présence de résidus de pesticides sur les fruits et les légumes en France sont repris dans les médias français. En 2002, il écrit son premier livre, Pesticides : le piège se referme, avec l’aide de responsables de PAN Europe. Teddy Goldsmith, fondateur de The Ecologist, qu’il rencontre à l’époque, l’aide également dans cette démarche. Suite à la publication de son livre, il est contacté par le professeur Dominique Belpomme, président de l’ARTAC, avec qui il entamera une étroite collaboration jusqu’en 2004. Il crée en 2004 un collectif d’associations contre les pesticides, l’ACAP (Action citoyenne pour les alternatives aux pesticides). Début 2005, il participe, avec Philippe Desbrosses et Maria Pelletier, à la création d’Objectif Bio 2007, un collectif d’associations qui exige une agriculture 100% bio. En décembre 2005, il est convoqué, en tant que responsable de Greenpeace, par la DST pour être entendu sur la diffusion via Internet d’informations concernant un transport de plutonium de la Cogema en 2003. En 2006, il a participé au Collectif Ortie et Cie. En 2007, il co-écrit avec Fabrice Nicolino le livre Pesticides : un scandale français, qui sera vendu à plus de 20.000 exemplaires. François Veillerette collabore à L’Ecologiste, en coordonnant le dossier «Un monde sans pesticides» en décembre-mars 2007, et participe aussi régulièrement aux Entretiens de Millançay organisés par Philippe Desbrosses. Il a été très actif au sein du Grenelle de l’environnement, dans le groupe «santé-environnement» et dans le groupe «agriculture». Il fait partie depuis novembre 2007 du comité d’orientation du plan de réduction de l’usage des pesticides mis en place par le ministère de l’Agriculture. Fin 2008, il a de nouveau rejoint le conseil d’administration de Greenpeace en tant que vice-président, poste qu’il quittera rapidement pour se présenter aux élections régionales de 2010. En 2009, il lance, avec André Cicolella, le Réseau Environnement Santé. En avril 2009, il se met à son compte sous la forme juridique «Affaire personnelle profession libérale», en tant que «conseiller en environnement».
En 2010, il est élu Conseiller régional Europe Ecologie en Picardie et devient vice-président de la Région chargé de l’environnement, de l’alimentation et de la santé. Il cède sa place de président de Générations Futures à Maria Pelletier, tout en restant porte-parole de l’association. Il quitte aussi son poste de coordinateur vie scolaire dans l’Etablissement Régional d’Education Adapté (EREA). Il a aussi été très impliqué dans la mise en place du Comité de Soutien des élus à l’Abeille et à l’apiculture. En septembre 2010, il est nommé représentant suppléant de l’Association des régions de France au comité économique, éthique et social du Haut Conseil des biotechnologies. Depuis 2010, il devient l’un des fers de lance de la campagne contre les gaz de schiste. De 2011 à 2015, il est administrateur puis vice-président d’Atmo Picardie, une association qui assure la surveillance de la qualité de l’air en Picardie. En 2012, il s’engage contre le projet de «ferme des 1000 vaches» de Drucat, dans la Somme.
En 2014, il se présente aux élections européennes, deuxième sur la liste EELV dans l’euro-région nord derrière Karima Delli, mais il n’est finalement pas élu. Pour les élections régionales de 2015, le score médiocre de la liste EELV dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie ne permet pas à François Veillerette d’être réélu. Après cet échec, il devient salarié à temps plein de Générations Futures au poste de directeur. En septembre 2016, il apporte son parrainage à Yannick Jadot pour que ce dernier puisse participer à la primaire écologiste en vue de la présidentielle de 2017. En janvier 2017, il devient administrateur de Justice Pesticides, une association présidée par Corinne Lepage et animée par Arnaud Apoteker. En mars 2017, il arrête son activité indépendante de consultant en environnement. En mai 2017, François Veillerette s’oppose à l’interdiction du cuivre utilisé comme pesticide bio, arguant que «son interdiction mettrait un couperet à l’agriculture biologique». En septembre 2018, il lance avec son ami Fabrice Nicolino l’appel «Nous voulons des coquelicots» demandant l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. En mai 2019, François Veillerette et Générations Futures déposent plainte au TGI de Paris suite «au fichage dont ils font l’objet dans le cadre des “fichiers Monsanto” révélés par France 2 et le Monde». En octobre 2019, il écrit une tribune dans laquelle il affirme que l’agribashing serait «une fable qui freine l’indispensable évolution de l’agriculture» et dénonce un «agribashing fantasmé» qui «pourrait menacer la liberté d’expression et d’information». En septembre 2020, il fait partie de 150 personnalités issues de toutes les composantes de la gauche, y compris la France insoumise, qui s’engagent «dans la création d’un mouvement citoyen, de la gauche et de l’écologie, unitaire», baptisé «Nous les Hauts-de-France», censé porter «les espoirs d’une reconstruction environnementale et sociale aux élections régionales de 2021 et permettra le dépassement des rivalités de personnes».

Bibliographie

  • Pesticides : le piège se referme, Terre Vivant, 2002.
  • Pesticides : un scandale français, co-écrit avec Fabrice Nicolino, Fayard, 2007.
  • Le vrai scandale des gaz de schiste, co-écrit avec Marine Jobert, Les liens qui libèrent, 2011.
  • Perturbateurs endocriniens : la menace invisible, co-écrit avec Marine Jobert, Buchet-Chastel, 2015.
  • Nous voulons des coquelicots, co-écrit avec Fabrice Nicolino, LLL, 2018.
Publié dans Acteurs, Veillerette | Commentaires fermés sur François Veillerette

Jean-Marc Governatori

Fondateur et cosecrétaire national de l’Alliance écologiste indépendante
Coprésident de Cap Ecologie
Conseiller municipal de Nice
Gérant de la SCI NOFETE 1819
Site : https://jeanmarcgovernatori.fr/

Profil

Peu connu du grand public, Jean-Marc Governatori n’est pas, contrairement à beaucoup d’autres responsables politiques écologistes, issu de la mouvance des luttes environnementalistes, altermondialistes ou sociales. En effet, après une carrière de dirigeant d’entreprises dans le hard discount du meuble (Fly, Basika…) et après avoir été vice-président du syndicat poujadiste Cid-Unati, Jean-Marc Governatori s’est lancé pleinement dans des activités associatives et politiques. Il a notamment fondé l’Alliance écologiste indépendante (ex-France éclairée, ex-La France d’en bas, ex-La France en action), un parti politique qu’il a longtemps financé à 100% et qui a reçu le soutien de personnalités comme le généticien Albert Jacquard ou son ami le chanteur Francis Lalanne.
A l’instar d’Antoine Waechter du Mouvement écologiste indépendant, Jean-Marc Governatori revendique un positionnement ni gauche, ni droite. Ainsi, en 2012, il explique : «Les Verts sont des gauchistes. Nous, nous sommes écologistes. On n’a jamais vu une vache ou un arbre de gauche ou de droite.» A l’époque, il dénonce aussi la campagne présidentielle «ultragauchiste» d’Eva Joly, précisant qu’il aurait préféré «Nicolas Hulot qui aurait pu rassembler plus largement». Jean-Marc Governatori n’hésite pas non plus à flirter avec des personnalités au profil ultraconservateur. Fin 2010, il écrit à Brigitte Bardot, estimant qu’elle est «la meilleure personne qui pourrait nous représenter à la présidentielle de 2012», et cela malgré la proximité idéologique notoire de l’ancienne comédienne avec l’extrême droite. Plus récemment, en vue des législatives de 2017, il crée le mouvement 100% avec comme porte-parole Nicole Delépine, qui gravite dans les milieux d’extrême droite. Jean-Marc Governatori peut également avoir des positionnements conservateurs, déclarant par exemple au moment du débat sur le mariage gay que «le problème du mariage entre personnes du même sexe, c’est qu’il peut être l’étape précédant l’adoption d’enfants. Nous sommes contre». Cela ne l’a pas empêché de devenir 2019 un allié électoral d’Europe Ecologie-Les Verts avant de s’en carter et fusionner en 2021 son parti avec celui de Corinne Lepage, CAP21. En 2021, il a aussi décidé de se porter candidat à la primaire écologiste en vue de l’élection présidentielle de 2022 «pour défendre l’écologie au centre». Cependant, il termine dernier avec 2,35% des voix, loin derrière les quatre autres candidats.
Sur les questions économiques, Jean-Marc Governatori dénonce le «libéralisme pollué par le virus croissance» et déplore que «pour satisfaire l’obsession croissantielle et les profits de quelques grandes entreprises, le Chimique, l’OGM, le Nucléaire règnent. La révolution chimique vécue depuis 40 ans est un désastre sanitaire et financier». Il défend une «économie écologique», qui «réhabilite la proximité, la ruralité, la petite entreprise et l’artisanat». Pour cela, il entend «localiser l’alimentation, l’économie, les énergies, la démocratie et les solutions». En particulier, il veut «favoriser le retour à la terre» : «Une réforme agraire, recenser les terrains abandonnés, permettront de développer les exploitations vivrières dans le cadre d’une agriculture bio. Parmi les millions de chômeurs, les millions d’inquiets, beaucoup peuvent retrouver là une joie de vivre et du sens.» Tout en précisant que «les villes ne sont pas à anéantir. On peut les ruraliser.» Quant au logement, il pense que «les habitations “légères” sont une solution au problème de logement. Cabane, dôme, maison en paille, en carton, en bois ou en terre, roulotte, tipi, yourte… Toutes ces formes d’habitats économes, écologiques et diversifiés défendent le respect du droit au logement pour chacun.»
Parmi les engagements forts de Jean-Marc Governatori, on peut mentionner la défense de la cause animale et la promotion des médecines parallèles, avec sa volonté de faire «reconnaître les médecines non-conventionnelles». Dans ce dernier domaine, il se dit inspiré par le naturopathe Pierre-Valentin Marchesseau, fondateur de l’Institut d’Hygiène Vitale. Il se montre critique à propos de la vaccination. Ainsi, à propos de la découverte d’un vaccin contre le Covid-19, il a déclaré : «Les commentateurs s’extasient d’un vaccin de Pfizer pour une efficacité de 90% ! Sauf que 99% des personnes infectées guérissent sans médicament ni vaccin !» Il crée aussi la polémique en affirmant : «Quand on nous dit vaccinez-vous et tout ira bien, on fabrique des maladies.» 
Croyant à la réincarnation et se déclarant «très sensible à l’enseignement Steiner, Montessori et Freinet», Jean-Marc Governatori considère que «la solution aux limites physiques de notre planète, à l’accroissement de la population, à la crise énergétique, aux problèmes financiers n’est pas technologique ou fiscale. Elle est d’abord spirituelle». Il ajoute que «les plus grands pollueurs de cette planète sont de nature psychique, ce sont nos pensées. La pollution matérielle est le résultat de la pollution mentale», et conclut : «Le problème de fond n’est pas le système, le problème c’est toi.» Enfin, il crée à nouveau la polémique en tweetant en septembre 2021 : «Voilà 1 an, Monsieur le Président, vous clamiez que, en France, blasphémer était un droit. Faute grave : “blasphémer” c’est “insulter”… Et dans ce cas, insulter 1,5 milliard de Musulmans. La liberté oui, l’insulte, non!»

Parcours

Né en 1958 à Nice, Jean Marc Governatori est issu d’une famille d’entrepreneurs dans le meuble. Il explique : «Il se trouve que mon père avait créé sa propre société de meubles et, donc, naturellement, par fibre familiale, je me suis professionnellement orienté dans cette direction.» Ainsi, diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Nice, il ouvre son premier magasin Fly en 1981. Il est élu en 1991 meilleur gestionnaire du groupe Mobilier Européen alors qu’il était le premier franchisé de France. En quinze ans, il développe plusieurs enseignes franchisées dans les Alpes-Maritimes. Son groupe exploite en 1996, à travers cinq sociétés, 28 magasins dans ce département (sous les enseignes Atlas, Fly, Monsieur Meubles, Cuisines Schmidt, Crozatier) et réalise 300 millions de chiffre d’affaires (30% du marché local) avec 250 salariés. Il ouvre aussi d’autres enseignes, comme Basika et Planetwood. Il reçoit le Trophée de l’Emploi, remis par Jean Pierre Raffarin, en 1997. A l’époque, il rejoint le syndicat poujadiste Cid-Unati dont il sera le vice-président au moins jusqu’en 2005.
Parallèlement, il mène des activités militantes. Il affirme que son déclic est venu à 14 ans et que «le rapport du club de Rome en 1972, ça m’a tout de suite parlé.» Trois ans plus tard, il serait devenu végétarien. Jean-Marc Governatori ajoute aussi avoir «été formé à la naturopathie dans mon adolescence par Pierre-Valentin Marchesseau», fondateur de l’Institut d’Hygiène Vitale. En 1991, il cofonde la Ligue Nationale contre la Drogue avec le Professeur Nahas. En 1992, il fonde le parti politique «France éclairée» et publie un livre intitulé France éclairée, projet pour un pays heureux. En 1993, il se présente aux législatives dans les Alpes-Maritimes sous l’étiquette «divers droite» et obtient 2,68%. Il fonde en 1996 et préside la fédération Agissons, qui propose gratuitement divers services, comme aide pour la gestion financière des ménages à petits revenus, conseils juridiques (surendettement, Banque de France, divorce, garde…), soutien enfants maltraités ou violentés, ou encore soutien femmes battues. En 1997, il se présente aux législatives dans la première circonscription des Alpes-Maritimes sous l’étiquette «divers droite» et obtient 4,59%.
En 2000, suite au décès de son père, il décide de vendre ses affaires (34 points de vente) pour se consacrer à l’action politique. Pour 14 millions d’euros, il cède le groupe Governatori (spécialisé dans l’informatique, la communication, l’immobilier et l’équipement de la maison) aux Alsaciens de Mobilier Européen. Il précise : «Je vends les fonds de commerce mais je conserve “les murs” ce qui me permet de vivre désormais des loyers perçus et de disposer de temps disponible.» En 2007, il déclare toucher 400.000 euros annuels de ses loyers.
En 2001, il adhère à l’UDF mais quitte le parti au bout de trois mois. En 2002, il crée l’association Handicapemploi. Fin 2003, il crée et préside le Parti des Sans Voix. Suite au bon score de la liste «La France d’en bas» des buralistes alsaciens aux régionales, il décide de renommer son parti «La France d’en bas» en vue des élections européennes de 2004, afin de «défendre les petites entreprises, les handicapés, l’écologie indépendante et la protection des animaux». Avec des têtes de listes comme le comédien Bernard Menez ou Francine Gomez, l’ex-PDG de Waterman, La France d’en bas ne récolte que 1,55% au niveau national. Fin 2004, il crée l’association Les Centinelles. En 2005, le nom du parti devient «La France en action». En 2006, il crée l’association Europe Ecologie. Début 2007, Jean-Marc Governatori signe le «pacte écologique» de Nicolas Hulot. En vue de la présidentielle de 2007, il ne réunit que 11 signatures d’élus sur les 500 requis. Quelques jours avant le premier tour des législatives de 2007, l’ancien juge et député UMP Georges Fenech pointe les «liens» entre des représentants de La France en action et diverses mouvances sectaires comme l’Eglise de scientologie. Jean-Marc Governatori a poursuivi, sans succès, l’ancien juge, tout en admettant que «6 de nos 960 candidats et suppléants avaient, à un moment donné de leur vie, été membres d’une organisation considérée sectaire». Au premier tour des élections législatives de 2007 dans la première circonscription des Alpes-Maritimes, il obtient 0,7% des votes exprimés.
Pour les élections européennes de 2009, il cofonde l’Alliance écologiste indépendante (AEI), regroupant La France en action, Génération Ecologie et le Mouvement écologiste indépendant (MEI), pour «permettre un dialogue et une concertation permanente entre les organisations membres dans la perspective d’animer une alternative écologiste et la droite et à la gauche». Tête de liste AEI dans la circonscription Ile-de-France, Governatori réunit 3% des suffrages exprimés. Fin 2009, il crée l’association Saveurs Naturelles. Il participe aussi au lancement de L’Alliance pour la santé, avec comme principal objectif la «réunion de toutes les médecines, officielles, alternatives, complémentaires». En 2010, il est candidat aux élections régionales en Île-de-France et recueille 1,4% des voix. En septembre 2010, Jean-Marc Governatori propose à Brigitte Bardot de se présenter à la présidentielle de 2012. En novembre 2010, Générations Ecologie et le MEI quittent l’AEI. Il décide alors, en novembre 2012, de changer le nom de La France en action pour devenir l’Alliance écologiste indépendante. Il échoue à nouveau dans sa tentative de se présenter à la présidentielle de 2012. En septembre 2011, la Cour d’Appel de Paris a confirmé le caractère frauduleux du dépôt par Jean-Marc Governatori de la marque Europe Ecologie en 2004. Elle l’a condamné, solidairement avec l’AEI, au paiement d’une somme complémentaire de 8000 euros. Aux élections régionales de 2015, Jean-Marc Governatori se présente comme tête de la liste de l’AEI en PACA et obtient 4% des suffrages au premier tour. Au second tour, sa liste appelle à voter pour celle de Christian Estrosi contre Marion Maréchal. Cet appel crée une polémique car ce ralliement de dernière minute est lié à un marchandage de voix, Jean-Marc Governatori ayant négocié la présidence d’un futur institut pour l’écologie et la qualité de la vie doté de 30 millions d’euros. En 2017, en vue des législatives, Governatori crée le mouvement 100% en fédérant une trentaine de micro-partis, représenté notamment par la sulfureuse Nicole Delépine. En décembre 2018, Francis Lalanne déclare que Governatori, «un ami de trente ans», est disposé à lui donner 800.000 euros pour le lancement d’un rassemblement «Gilet Jaune Citoyen» en vue du scrutin des européennes de mai 2019. Toutefois, quelques semaines avant le scrutin, il décide de baisser nettement son apport pour un total de 300.000 euros.
En 2019, il passe un accord avec EELV en vue des Européennes ainsi que des futures échéances électorales. Dans ce contexte, Jean-Marc Governatori est nommé «référent végétarien végan» de Yannick Jadot. Pour les élections municipales de 2020 à Nice, Jean-Marc Governatori est tête de liste de la liste «Nice écologique», soutenue par EELV, qui, au premier tour, obtient à peine 11,3% et, au second tour, recueille 19,3%, derrière la liste LR de Christian Estrosi (59,3%) et celle du RN (21,4%). Il est élu au conseil municipal et à la communauté urbaine Nice Côte d’Azur.
En février , il fait fusionner l’AEI avec CAP21 afin de fonder Cap Ecologie. Il annonce sa candidature à la primaire écologiste. D’abord disqualifié suite à l’exclusion de CAP21 du «pôle écologiste», le tribunal judiciaire de Bobigny a demandé aux organisateurs de la primaire écologiste de valider la candidature de Jean-Marc Governatori. Le 19 septembre, il récolte 2,35% des voix à la primaire, loin derrière les quatre autres candidats.

Bibliographie

  • 8 nourritures 100 ans de vitalité, Éditions Libre label, 2016.
  • Un autre monde est possible, indispensable, éditions In Libro Veritas, 2012.
  • Les Quatre Solutions à la crise, éditions In Libro Veritas, 2012.
  • L’Écologie, un diamant à huit facettes, préface d’Albert Jacquard, éditions Yves Michel, 2012.
  • Sept Milliards d’Affamés insolvables ou Sept Milliards de Responsables sereins ? Résoudre la crise, c’est possible, éditions In Libro Veritas, 2011.
  • Doubler son pouvoir d’achat c’est possible, préface d’Albert Jacquard, postface de Francis Lalanne, éditions Le Courrier du livre, 2008.
  • Politique écologique = Plein emploi avec la participation de Philippe Desbrosses, Patrick Baronnet, Pierre Gevaert, François Plassard, Georges Toutain, préface d’Albert Jacquard, éditions Jouvence, 2007.
  • Vers une Santé Totale : témoignages, solutions, résultats, éditions Le Courrier du livre, 2007.
  • Vivre, c’est possible : 207 propositions pour une nouvelle société, éditions Le Courrier du livre, 2006.
  • J’ai trouvé quatre emplois en deux jours, éditions Carnot, 2004.
  • Les solutions sont pourtant simples et réalistes..., 1995.
  • France éclairée, projet pour un pays heureux, éditions À suivre, 1992.
Publié dans Acteurs | Commentaires fermés sur Jean-Marc Governatori

Eric Piolle

Maire EELV de Grenoble

Profil

Peu connu de l’opinion publique, Eric Piolle a commencé à faire parler de lui quand il a remporté la mairie de Grenoble en 2014. Fort de sa réélection confortable en 2020, il affiche désormais des ambitions nationales, en étant candidat à la primaire écologiste en vue de l’élection présidentielle. Il affiche clairement ses ambitions : «Mon but c’est la conquête du pouvoir.» Toutefois, il ne termine que quatrième, avec 22,29% des voix.
Sur son engagement, Eric Piolle confie que sa conscience écologique est née tardivement, au début des années 2000, à la lecture du livre La guerre du carbone, écrit par un directeur de Greenpeace et qui dénonce «notamment le lobbying des multinationales». Concernant les lectures qui ont nourri son engagement ou ses réflexions, il ne cite pas des figures de l’écologisme mais Georges Bataille, Réné Girard, Edgar Morin, Françoise Héritier ou Michelle Perrot. Et il rejoint Europe Ecologie qu’en novembre 2009, après l’excellent résultat de cette formation à l’élection européenne cinq mois auparavant. Cadre dirigeant dans l’industrie pendant près de vingt ans, notamment au sein du groupe informatique Hewlett-Packard, son engagement est donc ancré dans des problématiques économiques et sociales plus que dans «l’urgence écologique». D’ailleurs, son mentor n’est pas non plus issu de l’écologie politique, puisqu’il s’agit de son ami Pierre Larrouturou, homme politique ardent partisan du partage du temps de travail.
De façon générale, Eric Piolle estime que «la justice environnementale est compatible avec l’économie de marché mais pas avec avec le capitalisme et l’ultralibéralisme». Il considère toutefois que «nous n’avons pas intérêt à ce que la bascule soit trop brutale». Il précise : «Nous travaillons sur une conversion radicale et pragmatique à la fois.» Pour y arriver, il propose de «fédérer l’arc humaniste pour porter un projet de transformation qui part du sens et qui réintroduit la spiritualité dans la politique comme un vecteur de transformation et qui vient recomposer un contrat social et une mythologie positive commune.» Il se félicite qu’«il y a une gauche en mutation, celle qui était productiviste, croissanciste, centrée et organisée sur la redistribution de la croissance : elle est en train d’évoluer en se rendant compte que ça ne marche pas dans la mesure où cela fait 40 ans qu’il n’y a plus de croissance.» Concernant la décroissance, il botte en touche en déclarant : «C’est une religion la croissance et moi je suis agnostique dans ce domaine. Etre croissant ou décroissant cela fait partie de la même religion…»
Sur la question spirituelle qu’il juge essentielle, il se définit comme «non-croyant mais pratiquant» et considère L’Évangile comme «“moteur spirituel” dans l’action politique». Enthousiasmé par les prises de position du pape François sur les questions économiques et environnementales, il conçoit l’Eglise catholique comme un espace possible de contestation du système capitaliste se décrit volontiers comme un «compagnon de route du christianisme».
En 2015, une polémique a été lancée sur le décalage entre son discours public et sa vie privée. En effet, le journal grenoblois Le Postillon a révélé l’histoire de Raise Partner, une start-up cofondée par Eric Piolle qui «travaille dans l’optimisation fiscale» et dont certains clients sont basés dans des paradis fiscaux. Or le maire de Grenoble a gardé des actions de cette entreprise et sa femme y travaille toujours. Il a néanmoins minimisé cette affaire, expliquant qu’il voulait «changer le système de l’intérieur» et que, par ailleurs, il était actionnaire du groupe HP, son ancien employeur, «à une toute autre échelle qu’avec Raise Partner», et «qui a sans doute aussi des liens avec les paradis fiscaux».

Parcours

Né en 1973, Eric Piolle suit ses études secondaires dans les Pyrénées-Atlantiques. Lecteur du Canard enchaîné depuis la 6e, il fonde dans les années 1980 une antenne de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne dans son lycée et devient membre d’Amnesty International. Il se rend ensuite à Grenoble pour poursuivre des études supérieures à Grenoble INP – Génie industriel.
En 1997, son cousin éloigné et ami Pierre Larrouturou lui confie l’investiture de son «Union pour la Semaine de Quatre Jours» aux élections législatives de la 8e circonscription de l’Isère. Eric Piolle obtient 1,3 % des suffrages exprimés.
De 1996 à 2001, il exerce diverses responsabilités dans une usine grenobloise de transformation de papier. En 2001, Eric Piolle rejoint le groupe informatique Hewlett-Packard. La même année, il cofonde l’entreprise Raise Partner avec François Oustry, une société spécialisée en gestion de risques financiers, et où sa femme Véronique est également engagée.
En 2002, Eric Piolle se présente aux élections législatives comme suppléant de Sabrina Victor au sein de la liste Nouvelle Donne, une initiative de Pierre Larrouturou, et obtient 0,44%, tandis que sa femme Véronique, candidate de cette même formation, obtient 0,7% des suffrages. Il fonde en 2005 un collectif de soutien aux enfants de familles sans-papiers adossé au Réseau Éducation Sans Frontières. En 2007, il prend la direction du pôle logistique services pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique de Hewlett-Packard. En novembre 2009, il rejoint Europe Ecologie en tant que membre de la société civile. En mars 2010, il est élu conseiller régional Europe Ecologie en 9e position sur la liste d’Union de la gauche en Isère. Il préside alors le groupe des élus écologistes de la région Rhône-Alpes entre 2010 et 2013. En février 2011, il est licencié par Hewlett-Packard pour avoir refusé de mettre en place un plan de délocalisation. En 2012, il est cofondateur du collectif Roosevelt aux côtés d’Edgar Morin, Pierre Larrouturou, Bruno Gaccio, Stéphane Hessel, Susan George… «pour une transformation sociale et écologique de l’économie». En juin 2012, il est candidat aux législatives dans la 1ère circonscription de l’Isère sous la bannière EELV et obtient 7,7% des suffrages exprimés. En 2014, avec 40,02% des voix, Eric Piolle est élu maire de Grenoble, avec sa liste «Grenoble, Une ville pour tous» soutenue par le Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes (EELV, Parti de gauche, Les Alternatifs, la Gauche anticapitaliste…). Début 2017, Eric Piolle est à la manœuvre pour tenter de convaincre Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Yannick Jadot de renoncer au profit de Nicolas Hulot. En avril 2017, il annonce qu’il votera pour Jean-Luc Mélenchon en dépit du ralliement d’EELV à la candidature de Benoît Hamon. En juin 2020, il est réélu maire de Grenoble avec 53,1% des voix. Début 2021, il lance sa plateforme «Une certaine idée de demain». En juin 2021, Eric Piolle se porte officiellement candidat à la primaire écologiste, notamment soutenu par Eva Joly, David Cormand et Esther Benbassa. Le 19 septembre, il ne termine que quatrième de la primaire, avec 22,29% des voix.

Bibliographie

  • De l’espoir ! : Pour une république écologique, Les Liens qui Libèrent, 2021.
  • Grandir ensemble : Les villes réveillent l’espoir, Les Liens qui Libèrent, 2019.
Publié dans Acteurs | Commentaires fermés sur Eric Piolle

Dominique Bourg

Philosophe
Professeur honoraire à l’université de Lausanne
Directeur de collections chez PUF
Directeur de la rédaction de La pensée écologique
Membre de la rédaction d’Esprit
Membre de la rédaction de VertigO
Membre du conseil scientifique d’Ecologie & Politique
Membre du conseil scientifique de Futuribles
Membre du conseil scientifique de la Green Management School
Président du conseil scientifique de la Fondation Zoein
Membre du conseil d’orientation de La Fabrique Ecologique
Ancien président du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot (2000-2018)
Parrain d’Adrastia
Site : https://blogs.letemps.ch/dominique-bourg/

Profil

Grâce à son bagage universitaire, son travail intellectuel de fond sur l’écologie et ses nombreux ouvrages, Dominique Bourg apparaît comme un expert sur les questions environnementales. Régulièrement invité à des conférences et dans les médias, il est aussi un homme de réseaux et d’influence. En effet, il rencontre Nicolas Hulot dès 1998 et confie : «Nicolas cherchait à s’acoquiner avec un philosophe. Pour se créer une stature, pour se donner du sérieux.» Outre le fait de devenir le «mentor» de Nicolas Hulot à l’époque, Dominique Bourg met en place le comité de veille écologique (CVE) qui deviendra un levier d’influence non négligeable, notamment avec le succès du Pacte écologique en 2007. Il explique ainsi : «Lorsque le comité de veille a été créé en 2000, au départ c’était un deal. Nous étions des scientifiques mais aussi des spécialistes des sciences humaines. Nicolas Hulot avait sa notoriété. Il nous a dit : je serai votre porte-parole. (…) Cela a donné le Pacte écologique. Jamais l’un d’entre nous n’aurait cru un jour être aussi influent !» Le philosophe a aussi eu un rôle important en tant que membre de la Commission Coppens chargée de préparer la Charte de l’environnement en 2002, ainsi qu’au moment du Grenelle de l’environnement en 2007.
Aujourd’hui, il semble désabusé par cette stratégie d’influence, déclarant en 2018 : «Personnellement, j’ai joué mon rôle de conseiller du pouvoir, j’ai fait de nombreuses propositions. Comme on peut le constater, le résultat est assez faible.» Il estime que «stratégiquement, nous sommes dans une période clé, donc il faut batailler d’une autre manière». D’où son soutien à des mouvements comme Extinction Rebellion, ANV-COP21, Alternatiba et les grèves du climat qui, selon lui, contribuent à «l’écologisation de la société».
Sur le fond, il est devenu très critique à l’égard du développement durable : «Nous avons tablé sur la possibilité de découpler la production de richesse de la consommation de ressources, donc sur la possibilité de faire plus avec moins. C’était une idée intéressante, il fallait l’expérimenter. Simplement, elle s’est révélée fausse.» Et de conclure que «nous nous trouvons au pied du mur et la seule alternative qui nous reste est la décroissance matérielle ou, dans un avenir impossible à déterminer, le clash». Il considère qu’«aujourd’hui, le bornage de nos libertés est dicté par la survie de l’espèce. Une loi d’airain», ajoutant : «Il va nous falloir apprendre à borner le pouvoir des individus par un autre pouvoir, collectif, qui devra agir en son nom propre, sans se défausser derrière quelque mécanisme anonyme de marché, impuissant en l’occurrence à imposer quelque limite.»
Dominique Bourg contribue aussi à mettre en avant des propositions de réforme radicale de la société. Par exemple, il appelle de ses vœux à mettre en place une «démocratie écologique» dans laquelle «les ONG environnementales aient un rôle particulier à jouer dans les organes délibératifs : mettre en lumière, avec preuves et raisons, les jalons environnementaux – pour le présent et l’avenir, pour les territoires proches et lointains – des politiques publiques à travers l’ensemble des activités gouvernementales». Parmi les 35 propositions de l’ouvrage collectif Retour sur terre, il a notamment proposé sur le volet agricole : «Il est urgent de mettre en place un modèle agricole à très haute productivité par unité de surface et à faible productivité par unité de travail. Une telle agriculture exigera de mobiliser à terme entre 15 et 30 % de la PEA, d’abandonner presque entièrement la motorisation à énergie fossile et d’avoir massivement recours à l’énergie musculaire (animale ou humaine).» Ou encore d’instaurer des quotas d’énergie/matière par individu : «Il s’agirait de plafonner démocratiquement, de façon progressive, les consommations d’énergie/matière (et notamment les consommations d’énergie fossile, émettrices de CO2).»

Parcours

Né le 11 août 1953 à Tavaux (Jura), l’itinéraire de Dominique Bourg est passé par plusieurs étapes, expliquant que sa «première expérience marquante, quand j’étais enfant, fut de découvrir un jour que le ruisseau où je venais attraper des écrevisses était devenu orange, et qu’il n’y avait plus d’écrevisses» à cause d’une pollution industrielle. Dans sa jeunesse, il milite au PSU et, étudiant à Strasbourg, il découvre également la revue écologiste Survivre et vivre d’Alexandre Grothendieck. Sa formation universitaire comprend trois Licences, deux Maîtrises, deux DEA, deux Doctorats (1981, 1995) et une Habilitation à Diriger des Recherches en Philosophie (1998). Il a eu ensuite une longue carrière dans les milieux académiques, avec notamment les postes suivants : maître de conférences (Sciences-Po Paris, 1997-2006), professeur des universités (Université de technologie de Troyes, 2000-2006), directeur du Pôle de compétences Développement Durable et président de la Chaire d’écologie industrielle (Université de technologie de Troyes, 2005-2006), directeur de l’Institut des Politiques Territoriales et de l’Environnement Humain (Université de Lausanne, 2006-2009), professeur ordinaire à l’Institut de géographie et durabilité (l’Université de Lausanne, 2006-2019).
Ses publications de jeunesse, notamment sa première thèse, s’inscrivent dans le domaine de la philosophie de la religion. En revanche, sa seconde thèse publiée en 1996 (L’Homme artifice. Le sens de la technique) porte sur des questions écologiques. C’est en 1998 que Dominique Bourg va pleinement entrer dans l’écologisme militant. Via une amie de Paris Match, il rencontre Nicolas Hulot et lui propose l’idée d’un comité de veille écologique (CVE) attaché à la Fondation Nicolas Hulot. Dominique Bourg confie : «Nicolas cherchait à s’acoquiner avec un philosophe. Pour se créer une stature, pour se donner du sérieux.» Grâce à son carnet d’adresses, le philosophe met en place le CVE, dont il aura la présidence jusqu’en 2019, expliquant : «Lorsque le comité de veille a été créé en 2000, au départ c’était un deal. Nous étions des scientifiques mais aussi des spécialistes des sciences humaines. Nicolas Hulot avait sa notoriété. Il nous a dit : je serai votre porte-parole. Ensuite, on a compris qu’il ne fallait pas faire 20.000 propositions mais se concentrer sur cinq mesures lisibles. Cela a donné le pacte écologique. Jamais l’un d’entre nous n’aurait cru un jour être aussi influent !»
A partir de cette collaboration avec Nicolas Hulot, Dominique Bourg acquiert une influence notable dans les cercles de pouvoir. Pendant la campagne présidentielle de 2002, il contribue à deux discours environnementaux du candidat Jacques Chirac. En 2001, il préside le comité de soutien de Corinne Lepage pour les élections présidentielles et participe à son programme électoral. De 2002 à 2003, il est membre de la Commission Coppens chargée de préparer la Charte de l’environnement. De 2003 à 2006, il est membre du Conseil National du Développement Durable. De 2005 à 2006, il est président du conseil scientifique de la fondation Décider ensemble, créée à l’initiative du ministre de l’Ecologie Serge Lepeltier. Ensuite, sous la présidence Sarkozy, il prend part au Grenelle de l’environnement (2007-2008) en tant que vice-président de la commission 6 (Promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l’emploi et à la compétitivité), puis du groupe d’études sur l’économie de fonctionnalité (Comop 31).
Dominique Bourg a également diverses responsabilités auprès d’entreprises. Il devient membre du Conseil de l’environnement d’EDF (1999-2008) puis président du Conseil sociétal d’EDF (2008-2012). Il préside le Comité développement durable de Generali Investments France (2007-2013). En 2010, il est administrateur de CDC Climat. En 2015, la Fondation Veolia lui attribue le Prix du livre Environnement. Depuis lors, il collabore régulièrement avec la fondation Veolia (président du jury du Prix du livre Environnement depuis 2019, conférences 2C en 2018 et 2019, podcast en 2020).
En 2018, Dominique Bourg s’engage en politique au côté de la présidente de Génération écologie, Delphine Batho. En mars 2019, il annonce prendre la tête de la liste Urgence Ecologie pour les Européennes, avec le soutien d’Antoine Waechter (Mouvement écologiste indépendant) et Delphine Batho. La liste recueille 1,82% des voix. En avril 2019, il apporte son soutien au mouvement Extinction Rebellion.

Bibliographie

  • L’homme artifice, le sens de la technique, Gallimard, 1996.
  • Les scénarios de l’écologie, Hachette Littératures, 1996.
  •  Nature et technique, Hatier, 1997.
  • Parer aux risques de demain-Le principe de précaution, avec Jean-Louis Schlegel, Seuil, 2001.
  • Quel avenir pour le développement durable ?, Le Pommier, 2002.
  • Le nouvel âge de l’écologie, Editions Descartes & Cie-Charles Léopold Meyer, 2003.
  • Perspectives on Industrial Ecology, préface du président Jacques Chirac, Greenleaf Publishing, 2003.
  • Conférences de citoyens, mode d’emploi, avec Daniel Boy, Editions Descartes &Cie-Charles Léopold Meyer, 2005.
  • Le Développement durable demain ou jamais, avec G.-L. Rayssac, Gallimard, 2006.
  • Vers une démocratie écologique. Le citoyen, le savant et le politique, avec K. Whiteside, Seuil, 2010.
  • Pour une 6ème République écologique, collectif, Odile Jacob, 2011.
  • Du risque à la menace. Penser la catastrophe, co-direction avec P.B. Joly et A. Kaufmann, PUF, 2013.
  • La pensée écologique. Une Anthologie, avec Augustin Fragnière, PUF, 2014.
  • Dictionnaire de la pensée écologique, avec Alain Papaux, PUF, 2015.
  • L’Âge de la transition : En route pour la reconversion écologique, avec Alain Kaufmann et Dominique Méda, Les Petits matins, 2016.
  • Le choix du pire, de la planète aux urnes, avec Corinne Lepage, PUF, 2017.
  • Écologie intégrale : Pour une société permacirculaire, avec Christian Arnsperger, PUF, 2017.
  • Une nouvelle terre. Pour une autre relation au monde, Éditions Desclée de Brouwer, 2018.
  • Le marché contre l’humanité, PUF, 2019.
  • Retour sur Terre : 35 propositions, avec Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Philippe Desbrosses, Xavier Ricard Lanata, Pablo Servigne et Sophie Swaton, PUF, 2020.
  • Petit traité politique à l’usage des générations écologiques, avec Alain Papaux, Entremises, 2021.
Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Dominique Bourg

Gilles-Eric Séralini

Cofondateur du CRIIGEN
Codirecteur du Pôle Risque de la MRSH de Caen
Membre de la direction de Spark-Vie
Membre du conseil scientifique de The Organic Center
Membre du comité de la Fondation Denis Guichard
Parrain de la Fondation d’entreprise Ekibio
Parrain de Générations Cobayes
Site : http://www.seralini.fr

Profil

Bien que son point de vue soit très minoritaire au sein de la communauté scientifique, Gilles-Eric Séralini apparaît régulièrement dans les médias et dans les conférences pour dénigrer les OGM, le plus souvent ceux de Monsanto, et le pesticide Roundup. Cofondateur du CRIIGEN et longtemps président de son comité scientifique, Gilles-Eric Séralini a quitté l’association en février 2019 et est en froid avec elle, au point de ne pas la citer dans le chapitre consacré à son parcours dans son ouvrage de 2020.
Gilles-Eric Séralini a constamment semé le doute dans l’opinion publique sur l’innocuité des OGM. Il réclame un débat scientifique contradictoire et, en particulier, des tests d’évaluation plus longs pour les OGM. Il critique les agences officielles d’évaluation des risques pour leur manque d’indépendance, traitant les scientifiques qui les composent d’incompétence ou de corruption. Concernant sa propre indépendance, il explique : «C’est un mythe, l’indépendance ! (…) Nous sommes bien sûr dépendants des citoyens qui veulent bien nous aider, même des industriels qui veulent bien nous demander des contre-expertises.» Il a d’ailleurs réalisé des expertises sur les OGM et les polluants pour différents groupes industriels, comme Carrefour (1999-2010), Auchan (2005-2010), Tipiak (2008-2009). Certains de ses travaux ont aussi obtenu des finances des milieux de l’industrie bio (Ekibio, Léa Nature, Biocoop, Botanic, Institut de l’Alimentation Bio…) ainsi que des milieux militants écologistes (Greenpeace, Testbiotech, Sustainable Food Trust…).
Le 19 septembre 2012, il défraye la chronique en dévoilant en exclusivité dans le Nouvel Obs les résultats d’une étude réalisée par le CRIIGEN sur des rats nourris pendant 2 ans avec le maïs OGM NK603. Avec une campagne de communication savamment orchestrée, devant aussi promouvoir la sortie de deux livres et d’un film sur sur ce même sujet, il arrive à créer un emballement médiatique en affirmant que leur «étude, menée durant deux ans sur des rats, établit que, même à très faible dose, l’absorption à long terme de ce maïs agit comme un poison puissant et bien souvent mortel, tout comme celle du Roundup». De nombreux scientifiques critiquent sévèrement cette étude et des journalistes scientifiques, même hostiles aux OGM, dénoncent la façon dont elle a été rendue publique. Ainsi, Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération, explique : «(Gilles-Eric Séralini) a dealé avec un seul journal. Un deal mortifère pour les impératifs déontologiques journalistiques, puisqu’il passe par une exigence : pas de contre-expertise, article scientifique confidentiel, pas de critiques.» Michel de Pracontal, journaliste scientifique au Nouvel Obs, évoque aussi le financement de l’étude par deux géants de la grande distribution : «Séralini risque de se trouver dans la position de l’arroseur arrosé. Ses travaux ont été en partie financés par l’association Ceres, créée sous l’impulsion de Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan. Ceres rassemble plusieurs sociétés de la grande distribution, dont Auchan et Carrefour. Lesquels ont construit leur stratégie marketing, entre autres, sur la promotion de produits sans OGM…» Quant à Stéphane Foucart, journaliste du Monde, il reproche à Séralini de mettre en avant le soutien du mathématicien Paul Deheuvels, «un climato-sceptique notoire». En novembre 2013, Food and Chemical Toxicology annonce le retrait de l’article. En 2018, trois études européennes indépendantes contredisent définitivement les conclusions de l’étude Séralini. En 2020, Séralini émet l’hypothèse d’avoir été, en réponse à son étude de 2012, victime d’une tentative d’assassinat par empoisonnement, quand il a été infecté par un streptocoque multirésistant aux antibiotiques en 2013.
Selon Corinne Lepage, Séralini a «une vie spirituelle intense». Dès 1996, il devient membre du conseil scientifique de l’Université Interdisciplinaire de Paris qui milite pour une réintroduction de la spiritualité dans le champ de la découverte scientifique. Depuis les années 2000, il fréquente la nébuleuse des médecines alternatives. Ainsi, il promeut l’«écomédecine» et collabore notamment de façon étroite avec ses «amis de la Compagnie Sevene Pharma», avec qui il conçoit des médicaments homéopathiques censés détoxifier l’organisme des polluants, dont l’herbicide RoundUp. La plupart des administrateurs de cette entreprise sont membres du mouvement Invitation à la vie (IVI), classé en 1995 et 1999 dans la catégorie «sectes guérisseuses pseudo-catholiques» par la commission d’enquête parlementaire sur les sectes. De plus, Séralini est depuis 2002 membre du comité de la Fondation Denis Guichard, présidée par une proche de Sevene Pharma et d’IVI, et qui a participé au financement de nombreuses études du chercheur anti-OGM. Certains adeptes d’IVI ont participé aux séminaires de formation organisés par Séralini.
Gilles-Eric Séralini est un chercheur engagé puisqu’il a régulièrement soutenu les candidats écologistes aux élections. Toutefois, il n’hésite pas à aller dans des médias d’extrême droite, comme sur Radio Courtoisie en 2012 et en 2018, ou sur TV Libertés en 2017. Sur le plan idéologique, il est fidèle aux préceptes malthusiens, n’hésitant pas à régulièrement comparer la croissance démographique humaine à celle des bactéries. Il explique notamment : «Les miséreux qui ne peuvent avoir pour tout ciel, dans une vie de manques et de torture, que leurs instants d’orgasmes, sans pour autant connaître la contraception qui est un luxe, se reproduisent forcément plus que les autres.»
Il est enfin très sensible aux marques de reconnaissance, au point d’exhiber pendant plusieurs mois sur le site du CRIIGEN un prix bidon de «Scientifique international de l’année 2011» qui lui a été «décerné» par la société commerciale britannique IBC. Malgré l’évidence de l’arnaque dont il a été victime, Gilles-Eric Séralini n’a jamais voulu reconnaître son erreur. Son CV mentionne aussi qu’il a été fait en 1999 Commandeur de l’Ordre de l’Etoile de l’Europe, alors que ce «prix» a été l’œuvre d’un célèbre escroc belge.

Parcours

Né en 1960, Gilles-Eric Séralini fait ses études à Nice et devient, en 1987, docteur en biochimie et biologie moléculaire de l’Université de Montpellier II. Il part alors pour ses recherches fondamentales quatre années dans deux laboratoires en Ontario puis au Québec. En 1990, il réussit en France le concours national de professeur des Universités. Depuis octobre 1991, il est enseignant-chercheur en biologie moléculaire à l’université de Caen. Il est l’auteur d’une centaine d’articles scientifiques ou communications à des congrès internationaux de spécialistes. Il assure plusieurs rôles dans des Commissions de l’université de Caen, où il anime une équipe de recherche qui a été associée au CNRS puis à l’INRA. Il a travaillé sur de nouvelles molécules pour le traitement du cancer du sein et la prévention.
En 1996, il est élu au conseil scientifique de l’Université Interdisciplinaire de Paris. La même année, il a été l’un des rédacteurs, avec Etienne Vernet d’Ecoropa et Jean-Marie Pelt, d’un appel de scientifiques en faveur d’un moratoire sur les OGM. En 1998, il est nommé membre de deux commissions gouvernementales sur les OGM (la CGB et le Comité de Biovigilance). En 1999, il participe à la création, avec Corinne Lepage et Jean-Marie Pelt, du CRIIGEN dont il préside le conseil scientifique. Dans le cadre de ses activités au sein du CRIIGEN, il réalise de nombreuses études scientifiques concernant le glyphosate et différents OGM.
Au début des années 2000, il participe à des Rencontres dans les Cévennes organisées par la Fondation Denis Guichard, présidée par Jean-Marie Pelt, et Etienne Vernet, pour engager une réflexion sur la nature, partant du constat qu’«une vision matérialiste et basée seulement sur le profit ne peut que nous conduire à une impasse». Ces rencontres ont lieu à Mazet, sur un domaine où se pratique la culture biologique de plantes médicinales pour la société Sevene Pharma. Plus tard, Gilles-Eric Séralini réalisera des études pour cette société qui conçoit des produits homéopathiques aux qualités «détoxifiantes». En 2001, il est récompensé d’un prix par la Fondation Denis Guichard pour «l’ensemble de ses recherches, en particulier ses expertises sur les organismes génétiquement modifiés et ses activités en faveur d’une évaluation scientifique, indépendante et éthique». En 2002, il devient membre du comité de la Fondation Denis Guichard.
Il est plusieurs fois venu témoigner en faveur des Faucheurs Volontaires d’OGM. En avril 2007, il soutient la candidature de Dominique Voynet à la présidentielle. En mai 2008, il est fait Chevalier de l’Ordre National du Mérite par la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. En décembre 2008, il participe à la création d’un réseau européen de chercheurs engagés baptisé «European Network of scientists for social and environmental responsibility» (ENSSER), qui a pour cible principale les OGM. En janvier 2010, il soutient la liste d’Europe Ecologie Basse-Normandie aux élections régionales. La même année, avec l’aide de l’ENSSER et de la Fondation Sciences Citoyennes, il lance une pétition de soutien en sa faveur, suite à des critiques qui ont été portées sur ses travaux par l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV). En novembre 2010, il poursuit en diffamation le professeur Marc Fellous, président de l’AFBV. Début 2011, Gilles-Eric Séralini gagne ce procès que sur un seul point, le tribunal estimant «que l’imputation faite au chercheur caennais “d’avoir failli à son obligation de probité intellectuelle en raison de sa dépendance à l’égard de Greenpeace, dont il recevrait une aide financière pour ses travaux” était bien diffamatoire». En revanche, le tribunal n’a pas estimé diffamatoire le qualificatif de «chercheur militant», pas plus que l’assimilation de Gilles-Eric Séralini à un «marchand de peur».
En mars 2011, il co-organise à Caen le colloque international ENSSER, CRIIGEN, Pôle Risques MRSH-CNRS sur le thème «Sustainability and holistic assessment of technologies and biotechnologies». En février et mars 2012, Greenpeace organise une tournée pour Gilles-Eric Séralini en Australie et aux Philippines. C’est lors de cette tournée qu’éclate la polémique concernant le prix bidon de «Scientifique de l’année 2011» que Gilles-Eric Séralini fait apparaître sur son CV et sur le site du CRIIGEN. En effet, il est convaincu – à tort – que ce prix a une valeur académique alors qu’il a été «décerné» par l’International Biographical Centre, une entreprise dont l’activité commerciale est la vente de diplômes honorifiques bidons.
Le 19 septembre 2012, il défraye la chronique en dévoilant les résultats d’une étude réalisée par le CRIIGEN sur des rats nourris pendant 2 ans avec un maïs OGM. Avec une campagne de communication savamment orchestrée, il arrive à créer un emballement médiatique en affirmant que «notre étude, menée durant deux ans sur des rats, établit que, même à très faible dose, l’absorption à long terme de ce maïs agit comme un poison puissant et bien souvent mortel, tout comme celle du Roundup». En novembre 2013, Food and Chemical Toxicology annonce le retrait de l’article. En juillet 2015, il publie une nouvelle étude dans laquelle il affirme que les tests de commercialisation des OGM et des produits chimiques sont faussés car l’alimentation des rats de laboratoire serait elle même polluée. En juillet 2016, il publie une étude avec Sevene Pharma selon laquelle un produit appelé Dig1 pourrait «détoxifier» le corps d’une trop grande exposition au pesticide RoundUp.
En mars 2014, Gilles-Eric Séralini copréside le comité de soutien de la liste municipale d’EELV à Caen. Fin 2014, il devient membre du conseil scientifique de The Organic Center. En septembre 2015, il poursuit en diffamation le site internet «La Lettre du Cotentin», édité par Daniel Dubost, et le journaliste Jean-Claude Jaillette de Marianne, qui ont critiqué son étude de 2012. En 2016, il fait partie du comité d’organisation du Tribunal Monsanto qui s’est déroulé en octobre de la même année. La même année, il quitte la présidence du conseil scientifique du CRIIGEN. En septembre 2016, il gagne son procès en appel contre Marianne. En décembre 2016, il se met à son compte pour des «activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses». Depuis 2012, il organise, avec l’association Spark-Vie, présidée par son ami Jérôme Douzelet, des «formations professionnelles entre science, environnement et santé». En 2018, pour un de ses livres, il apparaît dans les médias expliquant que les pesticides altèrent le goût du vin. En juillet 2018, suite à une étude européenne montrant qu’«aucun risque potentiel pour les humains et les animaux n’a été identifié dans l’évaluation du maïs génétiquement modifié NK603», Séralini dénonce le fait que l’on «détourne des fonds publics pour discréditer mes travaux».
En février 2019, Corinne Lepage annonce que Séralini ne fait plus partie du CRIIGEN. En octobre 2019, il publie une étude avec Sylvain Le Coguic, du laboratoire Biothalassol, selon laquelle «les cellules parviennent à 100% de régénération et de non-toxicité avec les produits de Biothalassol à doses physiologiques». En 2020, dans son livre L’Affaire Roundup à la lumière des Monsanto Papers, Séralini consacre un chapitre entier à une possible tentative d’assassinat par empoisonnement à son égard, quand il a été infecté par un streptocoque multirésistant aux antibiotiques en 2013. Fin avril 2019, il diffuse sur sa page Facebook une vidéo du très controversé Jean-Dominique Michel, en expliquant : «L’IMBÉCILITÉ DU CONFINEMENT et la criminalité des décisions politiques pour une maladie comparable à la grippe, par un des grands spécialistes de notre temps !» En septembre 2020, il participe à un débat, notamment avec Philippe Desbrosses, suite à la projection du film Last Words de Jonathan Nossither au Festival de Deauville. En novembre 2020, Gilles-Eric Séralini publie fin une étude analysant 14 formulations d’herbicides sans glyphosate et qui montrerait la présence fréquente de substances dangereuses non indiquées sur l’étiquette des produits. Sur la base de cette étude, 14 ONG lancent la campagne «Secrets Toxiques» pour soutenir la plainte de Générations Futures, Campagne Glyphosate, Nature et Progrès et Pisseurs Involontaires de Glyphosate BZH, afin de «dénoncer les pratiques frauduleuses et irresponsables de certains fabricants de pesticides et de remettre en cause le système d’évaluation».

Bibliographie

  • L’Evolution de la matière, de la naissance de l’Univers à l’ADN, Pocket, coll. « Explora », 1994.
  • Le sursis de l’espèce humaine, Belfond, 1997.
  • OGM, le vrai débat, Flammarion, 2000.
  • Génétiquement incorrect, Flammarion, 2003.
  • Ces OGM qui changent le monde, Flammarion, 2004 ; nouvelle édition revue et augmentée en 2010.
  • Après nous le déluge ?, avec Jean-Marie Pelt, Flammarion/Fayard, 2006.
  • Nous pouvons nous dépolluer !, rééd. revue et augmentée du Sursis de l’espèce humaine, Josette Lyon, 2009.
  • Tous cobayes ! OGM, pesticides, produits chimiques, Flammarion, 2012.
  • Plaisirs cuisinés ou poisons cachés, avec Jérôme Douzelet, Actes Sud et Colibris, 2014.
  • Le goût des pesticides dans le vin, avec Jérôme Douzelet, Actes Sud, 2018.
  • Manifeste du Cu, avec Jérôme Douzelet et Jean-Charles Halley, édition BBD, 2019.
  • L’Affaire Roundup à la lumière des Monsanto Papers, avec Jérôme Douzelet, Actes Sud, 2020.
Publié dans Acteurs, Séralini | Commentaires fermés sur Gilles-Eric Séralini