Julien Bayou

Député d’Europe Ecologie-Les Verts
Conseiller régional d’Ile-de-France d’EELV
Secrétaire national d’EELV (2019-2022)
Gérant de la SCI Bayouplaboum
Site : https://julienbayou.fr/

Profil

Julien Bayou explique : «Je ne suis pas né écologiste, je le suis devenu.» En effet, au départ, il a fait partie de ce que Franceinfo a appelé dans les années 2000 les «nouveaux agitateurs sociaux», un groupe de jeunes militants (dont Karima Delli et Leïla Chaibi, toutes deux devenues depuis eurodéputées) qui a animé les collectifs Génération précaire, Jeudi noir et Sauvons les riches. Son expertise en agit-prop lui a permis de séduire les médias et il a rejoint le mouvement écologiste au moment de la campagne européenne de 2009. Il déclare : «Se faire remarquer par les médias, c’est pas mal finalement. Ça évite de devoir lécher les bottes aux politiques.»
Julien Bayou se définit à la fois «radical et festif» et considère que «si vous n’êtes pas écolo… ben, vous êtes anti-écolo». Il précise que «celles et ceux qui pensent qu’une écologie “réaliste”, “pragmatique”, “des petits pas”, des “compromis” suffiront à éviter la catastrophe sont anti-écolo». Pour lui, «les petits pas sont non seulement insuffisants, mais constituent des reculs», fustigeant notamment les anciens élus écologistes François de Rugy, Jean-Vincent Placé ou Pascal Canfin qui «ont troqué nos idées contre des postes».
Le député EELV considère que la croissance est une «impasse idéologique» et déplore qu’avec François Mitterrand et François Hollande, «la gauche a raté ses deux rendez-vous avec la sortie de la croissance». Il affirme que «le point de départ de tout, c’est de reconnaître que le productivisme est une hérésie et que nous devons inverser la production pour satisfaire des demandes potentielles (que l’on sur-stimule artificiellement jusqu’à la saturation) pour aller vers un système où l’on produit sobrement en fonction des besoins».
A l’été 2022, Julien Bayou annonce vouloir déposer une proposition de loi à l’automne 2022 pour interdire les jets privés, mais La France insoumise le devance. De même, il ne dit pas non à l’interdiction des piscines privées. En période de sécheresse, il a aussi indiqué cautionner et encourager «les actes de désobéissance civile» contre les réserves d’eau pour les agriculteurs, précisant qu’il s’agit d’actes «non violents» et que «c’est assumé devant les tribunaux». En avril 2021, Julien Bayou a dû s’excuser suite à la diffusion d’un visuel stigmatisant les «boomers», sur lequel figurait des personnages âgées souriant avec le slogan : «Les boomers, eux, ont prévu d’aller voter».
En septembre 2022, il démissionne du poste de secrétaire national d’EELV et de la coprésidence du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, après que Sandrine Rousseau ait déploré sur France 5 «des comportements qui sont de nature à briser la santé morale» de plusieurs femmes dans la vie sentimentale de Julien Bayou. Ce dernier a déclaré qu’«il n’y a pas d’accusation, je ne peux pas m’en défendre, et pourtant je suis présumé coupable. Mes accusatrices disent elles-mêmes qu’il n’y a rien de répréhensible», tout en fustigeant Sandrine Rousseau car «elle est allée trop loin. (…) Pour moi, il ne faut pas confondre féminisme et maccarthysme».

Parcours

Julien Bayou est né en 1980 dans une famille de gauche, d’un père architecte devenu guérisseur et d’une mère enseignante, «une vraie maoïste», porteuse de valises du FLN. Il effectue des études à l’IEP de Strasbourg, puis à Sciences-po Paris où il décroche un DEA en économie internationale. Après avoir été assistant marketing chez Oreka (fournisseur d’accès à Internet) en 2001, il devient webmaster et assistant communication à l’association Max Havelaar France en 2002. Pigiste pour le magazine Alternatives économiques en 2003 et 2004, il a été chargé de mission à la Direction de l’évaluation et de la prospective au ministère de l’Education nationale en 2004 et 2005, et a mené parallèlement une mission de consultant pour l’UNESCO. En avril 2005, il devient chargé de mission pour l’Afrique au sein de Coordination SUD, une coordination française des ONG de solidarité internationale. En parallèle à ses activités salariées, il participe à la fondation de Génération précaire, collectif luttant contre les abus des stages via des happenings médiatiques. En 2006, Julien Bayou cofonde, avec notamment Karima Delli, Leïla Chaibi et son ami Lionel Primault, le collectif Jeudi noir pour dénoncer la flambée des prix des loyers avec des actions militantes sur le mode humoristique.
En 2008, Julien Bayou fait un burn-out et quitte Coordination SUD. En avril 2009, il participe à la création du collectif Sauvons les riches, qui s’inscrit dans la campagne d’Europe Écologie pour les élections européennes de 2009. Comme l’explique Lionel Primault : «On voulait braquer les projecteurs sur les riches pour montrer que, selon nous, leurs abus sont à l’origine des inégalités. On utilise l’humour potache». En juin 2009, Julien Bayou monte, avec Lionel Primault, une SCOP de communication «pour faire essaimer ces nouvelles formes d’action» auprès des associations. En 2010, il est élu conseiller régional d’Ile-de-France avec l’étiquette Europe Ecologie. De 2010 à 2012, il se charge de la campagne de mobilisation d’Eva Joly en vue de l’élection présidentielle. En 2011, il obtient une licence de droit en prenant des cours par correspondance. Après la campagne de 2012 et jusqu’en 2014, il est chargé de campagne à Avaaz. Fin 2012, il fait partie de l’équipe qui occupe le bâtiment du 2 rue de Valenciennes pour y loger des habitants soutenus par Jeudi noir et le DAL.
Aux côtés de Sandrine Rousseau, Julien Bayou est élu porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts en décembre 2013. Deux ans plus tard, il est réélu conseiller régional en Île-de-France. Lors des législatives de 2017, il se présente dans la cinquième circonscription de Paris, mais récolte que 12,36% des suffrages. En novembre 2017, il lance et préside l’association Mon Revenu De Base qui vise, via un crowdfunding, à rassembler de quoi offrir 1000 euros par mois pendant un an à des bénéficiaires tirés au sort. En 2018, lors de la primaire de son parti pour la tête de liste à la mairie de Paris, il est devancé par David Belliard et renonce à un second tour. La même année, il intègre l’École de formation professionnelle des barreaux de la cour d’appel de Paris. En 2019, il a cofondé «Notre affaire à tous», qui fait partie des associations qui ont assigné l’État pour inaction face aux changements climatiques. En novembre 2019, il est désigné secrétaire national d’EELV. En octobre 2020, il obtient le certificat d’aptitude à la profession d’avocat. En 2021, il est réélu conseiller régional. En 2022, il devient député la 5e circonscription de Paris avec l’étiquette de la NUPES avec 58,05 % des suffrages au second tour, et est élu coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale.
En septembre 2022, il démissionne du poste de secrétaire national d’EELV et de la coprésidence du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, après que Sandrine Rousseau ait déploré sur France 5 «des comportements qui sont de nature à briser la santé morale» de plusieurs femmes dans la vie sentimentale de Julien Bayou.

Bibliographie

  • Le Petit Livre noir du logement, collectif, éditions La Découverte, 2009.
  • Dix bonnes raisons d’aimer (ou pas) l’éducation populaire, I love educ pop, collectif, éditions de l’Atelier, 2010.
  • Kerviel, une affaire d’État : 2 milliards pour la Société en général, préface d’Eva Joly, éditions Arcane 17, 2016.
  • Désobéissons pour sauver l’Europe, éditions Rue de l’échiquier, 2018.
  • Comment nous allons sauver le monde, collectif, Massot Editions, 2019.
  • En vert et avec tou.tes, JC Lattès, 2021.
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Benoît Biteau

Député Les Ecologistes (EELV)
Membre de la commission des affaires économiques
Président du CReGéne
Membre des Soulèvements de la terre
Gérant de l’EARL Val de Seudre Identi’Terre
Président de la SAS Salu’terre d’Hélios
Site : https://benoit-biteau.eu/

Profil

Conseiller régional de Poitou-Charentes entre 2010 et 2021, eurodéputé à partir de 2019 avant de devenir député en 2024 avec le Nouveau Front Populaire, Benoît Biteau a souvent été comparé à José Bové, du fait qu’ils sont tous deux issus du monde paysan et qu’ils partagent la même fibre écologiste. Toutefois, l’engagement de Benoît Biteau ne s’inscrit pas au départ dans le courant de l’écologie politique. Quand il décide de faire de la politique en parallèle de ses activités agricoles en bio, il le fait d’abord sur la liste de Ségolène Royal et au sein du Parti radical de gauche (PRG). Comme il l’explique, «le PRG, je suis tombé dans la marmite tout petit», et d’ailleurs, dans son livre Paysan résistant !, il ne cite aucune référence historique de l’écologie politique comme source de son militantisme.
Désormais encarté chez EELV et proche de Yannick Jadot, il mène ses combats au niveau européen contre l’agriculture «chimique», «modèle dominant soutenu par les grandes nations en cogestion avec le monde de la finance et de la chimie, porté par l’économie libérale et la mondialisation». Il dénonce notamment la maïsiculture : «La vision d’une parcelle de maïs, si bien conduite soit-elle, me renvoie non pas au constat d’une réussite de l’agriculteur, mais à son cortège de désastres dans de nombreux répertoires et donc suscite une forme de répugnance.»
Il s’oppose de façon radicale aux pesticides, aux OGM, aux engrais de synthèse ou encore aux retenues d’eau destinées à l’irrigation agricole contre lesquelles il milite avec les Soulèvements de la terre, dont il est membre, «car je suis convaincu que la désobéissance civile est parfois nécessaire pour faire avancer les grandes causes». Il soutient par exemple le mouvement Nous voulons des coquelicots qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse, déclarant : «Sortir des pesticides n’est pas qu’une nécessité agronomique et sanitaire. C’est une décision de bon sens, pragmatique.» Il n’hésite pas non plus à affirmer que «le lien entre cancers pédiatriques et pesticides est avéré» et l’un de ses assistants parlementaires préside Avenir Santé Environnement, une association qui réunit des parents d’enfants atteints de cancer. Benoît Biteau a aussi témoigné à plusieurs reprises en faveur des Faucheurs Volontaires d’OGM et soutient Secrets Toxiques, un collectif d’associations antipesticides. Il ajoute qu’il n’a «pas de problème avec l’hypothèse que Bayer, BASF, Syngenta et consorts mettent la clé sous la porte». Il s’oppose à «l’agro-industrie qui développe les élevages concentrationnaires», tout en fustigeant les végans dont «leur préférence aveugle pour de l’alimentation non carnée pouvant être fabriquée à base de soja OGM détruisant les forêts amazoniennes ou autres joyeusetés issues de l’industrie font d’eux des alliés efficaces et objectifs de l’agro-business».
Pendant la crise du Covid, de nombreux messages des milieux antivaccination et complotistes sont diffusés sur la page Facebook de la ferme de Benoît Biteau, dénonçant aussi bien les vaccins anti-Covid (qu’il appelle «injections OGM») que les mesures sanitaires. Pour Benoît Biteau, ces «nouveaux vaccins, à base de bidouillage génétique, pour lesquels nous n’avons absolument aucun recul, peuvent nous menacer de l’exact inverse.» Ainsi, dès 2020, il diffuse une vidéo polémique de son ami Christian Vélot du CRIIGEN, sceptique quant à l’utilisation des vaccins à ARNm, ou encore des messages de promotion du film antivaccination et conspirationniste Hold-up. Toujours sur le compte Facebook de sa ferme, un message de sa femme est diffusé dans lequel les mesures sanitaires et la campagne de vaccination sont qualifiées «d’horreur nazie». Il diffuse aussi la vidéo «Pourquoi Raoult est un héros» d’Idriss Aberkane ou des messages concernant les principales figures du mouvement antivaccination, comme Alexandra Henrion-Caude, Martine Wonner, maître Di Vizio, Richard Boutry ou Christian Perronne. Sur le site de sa ferme, il y a aussi eu une vidéo antivaccination des sulfureux Jean-Jacques Crèvecœur et Thierry Casasnovas. Déjà en 2017, Benoît Biteau avait soutenu la position des professeurs Henri Joyeux et Luc Montagnier, pour qui il avait «un réel respect», suite à leurs propos alarmistes sur la vaccination.

Parcours

Né à Royan en 1967, Benoît Biteau est fils d’agriculteur. À la sortie du collège, il s’oriente vers l’enseignement agricole et obtient en 1989 un BTS Semences. Il occupe ensuite un poste de maître d’internat au lycée agricole de Saintes, avant de repartir en formation en BTS Gestion et maîtrise de l’eau. De juin et octobre 1996, il devient directeur de l’exploitation du lycée agricole de Saintes, avant de partir en formation à temps plein à l’ENITAB au sein de la chaire «Productions animales, avicoles et aquacoles». En 1997, il soutient son mémoire de fin d’études sur le thème de la conservation génétique des races mulassières du Poitou. Il devient alors directeur adjoint d’une coopérative du sud de la Charente et de la Charente-Maritime. En 1999, il rejoint le Parc interrégional du Marais poitevin et participe à la création du Conservatoire des ressources génétiques du Centre-Ouest atlantique (CReGéne).
En 2004, Benoît Biteau décline la proposition de Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes, d’être sur sa liste pour briguer un second mandat. En 2007, il reprend l’exploitation de son père et décide de la convertir en bio sans irrigation. Pour Benoît Biteau, c’est un «challenge un peu fou, mais tellement pédagogique, de reprendre une exploitation productiviste pour la transformer en ferme agroécologique et de faire la démonstration que la mutation est possible». En 2008, il se présente aux élections cantonales sous l’étiquette PRG et obtient près de 13% des suffrages. En 2009, il est récompensé par le Trophée national d’agriculture durable, remis par le ministre de l’Agriculture du gouvernement de l’époque, Michel Barnier, au Salon international de l’agriculture à Paris. Il accepte d’être sur la liste de Ségolène Royal pour les régionales 2010 et il est élu vice-président de la Région Poitou-Charentes, président de la commission ruralité-agriculture-pêche et cultures marines. En 2015, il est réélu au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, sous les couleurs du Parti radical de gauche.
En 2018, il devient administrateur du CRIIGEN, qu’il quitte en 2021 suite à une scission ayant pour objet la question de la vaccination anti-Covid. En 2019, il est élu eurodéputé sur la liste commune EELVAEI-RPS menée par Yannick Jadot. Il devient vice-président de la Commission de l’agriculture et du développement rural au Parlement européen. En 2019, Benoît Biteau quitte le PRG suite au rapprochement de ce parti avec les radicaux-valoisiens. Après avoir échoué à être réélu au Parlement européen, il se fait élire député à l’Assemblée nationale en 2024. De 2015 à 2020, il a été parrain de la Fondation Ekibio.

Bibliographie

Paysan résistant !, Fayard, 2018.

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L’âge de faire

17, avenue Balard
04600 Château-Arnoux-Saint Auban
Tél. : 04.92.61.24.97
Email : redaction@lagedefaire-lejournal.fr
Site : http://www.lagedefaire-lejournal.fr

Profil

logo-age-de-faireJournal sorti pour la première fois en octobre 2005, L’âge de faire a été créé par Alain Duez, un ancien entrepreneur dans le BTP, avec comme objectif de toucher le grand public avec des sujets écologistes. Outre la couverture des habituelles campagnes contre les pesticides, les OGM ou le nucléaire, L’âge de faire promeut dans ses 24 pages un mode de vie écologiste assez radical et est surtout axé sur les alternatives concrètes, avec quelques fois des fiches pratiques : économie solidaire, énergies vertes, monnaies locales, agroécologie, aide au tiers monde, etc. L’âge de faire n’a pas d’articles de fond mais contient chaque fois un dossier de 4 pages, avec des thèmes comme comme : «Chiottes sèches à tous les étages», «Le vrai visage de MCDonald’s», «Cannabis, briser le tabou», «Monnaies locales : on change d’échelle», «L’urgence de désobéir», «ZAD partout», «Mourir oui, mais écolo!», «Travailler moins pour vivre mieux», «Pesticides, non merci !», «D’autres toilettes sont possibles», «Santé : les chemins de traverse», «Plantes médicinales», etc. Le journal publie de nombreux reportages sur les entreprises coopératives, les pratiques alternatives au sein de l’école publique, ou encore les oppositions aux «grands projets» tels le barrage de Sivens ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Depuis avril 2017, l’association Inf’OGM écrit une chronique mensuelle. Le journal publie aussi des hors-séries et des livres, comme Sexy, Linky? (sur les nouveaux compteurs électriques) ou La main à pâte (21 reportages sur des «alternatives citoyennes»).
La diffusion est assurée par abonnement et par des lecteurs qui s’engagent à acheter un certain nombre de numéros par mois et à les diffuser. Le journal est partenaire du média militant Basta!.
En 2008, le mensuel La Décroissance avait publié un article reprenant le témoignage d’une dizaine d’anciens salariés de L’âge de faire décrivant les conditions de travail exécrables et la façon autoritaire dont Alain Duez dirigeait son équipe. Alain Duez avait réfuté en bloc toutes ces accusations et avait intenté un procès en diffamation contre La Décroissance, perdu en appel en janvier 2010. Suite à ces remous, le journal a été repris en septembre 2011 par une Sarl Scop, dans laquelle Alain Duez n’a pas de responsabilité directe. Alain Duez a désormais quitté l’aventure, affirmant : «Nous avons manqué notre cible, en restant trop militant et pas assez grand-public.»

Structure

L’âge de faire est une association de la loi de 1901, créée en 2003 et présidée par Alain Duez, publiant à partir de 2005 un journal éponyme. En septembre 2011, le journal a été repris par une SARL Scop (Société coopérative de production), au capital de 28.060 € euros (SIRET :  53540633400016 – RCS Manosque B 535 406 334), dont la gérante est Lisa Giachino. Les six salariés détiennent la majorité des voix et du capital au sein de l’entreprise. Ils décident ensemble du contenu et de la gestion du journal. Toutefois, l’association est toujours en activité. Il existe également une association Les amis de L’âge de faire, créée en 2011 en même temps que la Scop, dont la mission est «d’accompagner le développement du journal».

Dirigeants

Gérance

  • Laurence Frachisse Reynaud : co-gérante
  • Fabien Plastre : co-gérant

Equipe du journal

  • Lisa Giachino : journaliste
  • Nicolas Bérard : journaliste
  • Lucie Aubin : journaliste
  • Fabien Ginisty : journaliste
  • Lydia Robin : graphiste, webmestre, journaliste web
  • Fabien Plastre : service abonnements et diffusion

Diffusion

Mensuel (depuis septembre 2007). En 2024, sur son site, il affirme tirer à 18.000 exemplaires et compter 6716 abonnés.

ISSN : 1777-1323.

Finances

L’âge de faire affirme que sa seule source de financement est la vente du journal. La rédactrice en chef explique : «Nous n’avons pas de publicité et ne touchons pas de subventions, hormis des aides à l’emploi ponctuelles.» Toutefois, en 2023, L’âge de faire a reçu 29.661 euros  (contre 31.955 euros en 2022, 38.565 euros en  2021, 34.215 euros en 2020, 32.805 euros en 2019, 33.599 euros en 2018, 42.252 euros en 2017, 50.014 euros en 2016) du ministère de la Culture, comme «aide à la presse».
En novembre 2014, une campagne d’abonnements est lancée afin de rétablir l’équilibre. L’objectif était de 11.000 abonnés alors qu’ils en avaient 8600 au lancement de la campagne. Ils auraient ainsi atteint 12.500 abonnés mais les abonnements se sont à nouveau érodés, passant à 7500 en 2018. En décembre 2018, une nouvelle campagne d’abonnements est lancée pour atteindre 15.000 abonnés. En février 2021, le journal affirme «bientôt dépasser le cap des 10.000 abonnés». En mars 2021, une campagne d’abonnement est lancée car «L’âge de faire ne rentre pas suffisamment de sous, chaque mois, pour pérenniser son activité». Elle aurait permis d’enregistrer une hausse de plus de 500 abonnés.

AnnéeChiffre d'affairesCharges d'exploitationBénéfice ou Perte
2023364.988 €373.241 €-8253 €
2022429.777 €428.547 €1230 €
2021388.154 €401.133 €-12.978 €
2020361.554 €347.990 €13.563 €
2019350.097 €359.216 €-9120 €
2018284.977 €331.581 €-46.604 €
2017282.200 €282.700 €-500 €
2016330.800 €319.900 €10.900 €
2015358.753 €325.336 €33.463 €
2014268.987 €281.828 €-12.841 €
2013245.845 €280.258 €-34.413 €
2012240.045 €255.526 €-8249 €

 

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Comité français de l’UICN

259-261 rue de Paris
93100 Montreuil
Tél : 01 47 07 78 58
E-mail : uicn@uicn.fr
Site : http://www.uicn.fr

Profil

L’association dépend de l’UICN, le plus vaste réseau mondial de protection de l’environnement qui rassemble plus de 1400 membres, dont 1213 ONG, 23 organisations de peuples indigènes et 212 gouvernements et agences gouvernementales, ainsi que plus de 18.000 experts bénévoles répartis dans plus de 160 pays. Basée en Suisse, elle a 42 bureaux régionaux et nationaux, ainsi que des centaines de partenaires du secteur public et privé et des ONG du monde entier. Au-delà de son expertise technique, l’UICN souligne «l’importance de lier la spiritualité, la religion, la culture et la conservation».
Quant à la branche française de l’UICN, elle regroupe le ministère de l’Ecologie et celui des Affaires étrangères, 13 organismes publics, 47 ONG, ainsi qu’un réseau d’environ 250 experts rassemblés au sein de commissions thématiques et de groupes de travail. Le Comité français de l’UICN est donc très institutionnel, loin des modes d’opérer des ONG écologistes radicales. Contrairement à celles-ci, le discours porte en grande partie sur la protection de la faune et de la flore, plus que sur la critique de la société industrielle. Elle travaille donc avec des ONG au caractère institutionnel, comme le WWF, FNE, la LPO ou encore la FNH. Tous les quatre ans, l’UICN organise le congrès mondial de la nature réunissant environ 50.000 personnes et qui vote des recommandations. En 2020, les recommandations se sont articulées autour de trois grands axes : «Renforcer les actions sur des espèces et des écosystèmes particuliers» ; «Soutenir des politiques et des stratégies environnementales plus ambitieuses» ; «Lutter contre des pressions particulières pesant sur la biodiversité». Parmi ces recommandations, il y a par exemple «renforcer la conservation des grands singes à l’échelle des pays», «traiter les crimes environnementaux comme des infractions», «lutter contre la déforestation importée» ou encore «généraliser les pratiques et techniques alternatives à l’utilisation des pesticides de synthèse». Le congrès de 2021 a été organisé par le Comité français à Marseille. Pour ce congrès, la présidente de la branche française de l’UICN a souligné «un vrai enjeu sur la santé-environnement. Pas à cause de la crise de la Covid mais parce que les gens qui travaillent sur ces questions de zoonoses sont persuadés de leur urgence et de leur ampleur. Cinq maladies liées à la dégradation des habitats ou de l’environnement apparaissent chaque année. La plupart du temps, elles restent sanctuarisées dans certaines zones, mais elles peuvent aussi connaître l’ampleur de la Covid-19. Lors du congrès, au moins trois motions d’urgence porteront sur la question des zoonoses et de la crise sanitaire.»
Peu connue du grand public, l’UICN est mentionnée dans les médias surtout pour la publication chaque année de la «Liste rouge de l’UICN» qui «constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation global des espèces végétales et animales». Cependant, en novembre 2016, une étude parue dans la revue américaine Science Advances considère que la liste rouge de l’UICN sous-estime le nombre d’espèces en danger en se privant des avancées des technologies géospatiales, telles que les cartes numériques.
Par ailleurs, elle n’hésite pas non plus à travailler avec des entreprises comme EDF, Veolia Environnement ou Danone. La présidente de l’UICN France déclare : «Il faut agir sur le plan des grandes industries. C’est le message que doit envoyer l’UICN. Je suis assez convaincue que le monde économique est en train de bouger. Les débats préparatoires au plan français avec des grands acteurs comme le Medef, Aéroports de Paris ou les chefs d’entreprises marseillais, ont montré qu’ils avaient conscience de l’urgence. Pas toujours pour des raisons philanthropiques mais parce que les ressources en matières premières sont menacées ou parce qu’il y a un vrai risque de responsabilité.» Malgré le fait que l’association soit plus discrète que son association sœur, le WWF, son travail d’expertise a une influence importante que ce soit dans les négociations internationales, auprès du PNUE, ou auprès des gouvernements. L’UICN est à l’origine de l’expression «développement durable».

Structure

Association de la loi de 1901, créée en 1992.

Dirigeants

Bureau

  • Maud Lelièvre : présidente
  • Jean Jalbert : vice-président
  • Sébastien Mabile : vice-président
  • Cécile Erny : vice-présidente
  • Fanny Rouxelin : vice-présidente
  • Nirmala Séon-Massin : secrétaire générale
  • Guillemette Rolland : secrétaire générale adjointe
  • Valérie Collin : trésorière
  • Emmanuel Delannoy : trésorier adjoint

L’Equipe

  • Sébastien Moncorps : directeur
  • Benjamin Konnert : adjoint au directeur
  • Camille Aspar : chargée de communication
  • Katherine Claudet : responsable administrative et financière
  • Samira Kerroumi : comptable
  • Jean-Eudes Bouvet : chargé des ressources humaines
  • Lina El Gadi : secrétaire administrative
  • Florence Clap : responsable «politiques de la biodiversité»
  • Valérie Moral : Coordinatrice « Collectivités territoriales et biodiversité »
  • Lauriane Letournel : Chargé de mission « Collectivités territoriales et biodiversité »
  • Eden Schmitt : Chargée de mission « Entreprises et biodiversité »
  • Louise de la Rubia : Chargée de mission « Entreprises et biodiversité »
  • Erwan Cherel : Responsable « Aires protégées »
  • Jean-François Sys : Chargé de mission « Biodiversité marine »
  • Alexandra Locquet : Chargée de mission « Aires protégées et naturalité »
  • Laurie Lefebvre : Chargée de mission « Liste verte des aires protégées et conservées »
  • Florian Kirchner : Responsable « Espèces »
  • Lena Baraud : Chargée de mission « Espèces menacées »
  • Simon Véron : Chargé de mission « Liste rouge des espèces menacées »
  • Inès Andrieu d’Iray : Chargée de mission « Protection des espèces »
  • Yohann Soubeyran : Coordinateur « Espèces exotiques envahissantes »
  • Camille Bernery : Chargée de mission « Espèces exotiques envahissantes »
  • Clara Singh : Chargée de mission « Espèces exotiques envahissantes »
  • Florence Lavissière : Responsable « Écosystèmes »
  • Marion Poncet : Chargée de mission « Solutions fondées sur la nature »
  • Fabien Kufel : Chargé de mission « Solutions fondées sur la nature »
  • Alix Sauve : Chargée de mission « Liste rouge des écosystèmes »
  • Paul Bonfils : Chargé de mission « Energies renouvelables et biodiversité »
  • Nicolas Salaun : Responsable « Coopération internationale »
  • Magali Pausin : Chargée de mission « Pays en développement et biodiversité »
  • Sara Betti : Chargée de mission « Appui aux OSC de biodiversité dans les pays en développement »
  • Paul Esteve : Coordinateur « Programme de Petites Initiatives »
  • Marie Furtado : Chargée de mission « Programme de Petites Initiatives »
  • Hafida Ahouach : Chargée de gestion « Programme Petites Initiatives »
  • Anne Caillaud : Responsable « Outre-mer »
  • Elena Gorchakova : Chargée de mission « Biodiversité Pacifique »
  • Chloé Desmots : Chargée de mission « Appui à la société civile – Pacifique »
  • Matthieu Norden : Chargé de mission « Restauration des milieux humides »
  • Manrifa Moustoifa Ali : Chargé de mission « Biodiversité Océan indien »
  • Gaëlle Vandersarren : Coordinatrice « Antilles Guyane »
  • Angeline Lollia : Chargée des activités pédagogiques du Pôle-relais zones humides tropicales
  • Virginie Tsilibaris : Chargée de mission « Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves »

Historique

L’UICN a été fondée par le biologiste Sir Julian Huxley et Sir Peter Scott en octobre 1948, lors d’une conférence internationale à Fontainebleau, sous le nom «Union internationale pour la protection de la nature (UIPN)». L’organisation, dont le siège se trouve à Gland (Suisse), changea de nom en 1956 pour «Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles». En 1980, l’UICN publie, avec la collaboration du PNUE, de la FAO, de l’UNESCO et du WWF, la Stratégie mondiale de la conservation, un programme où apparaît pour la première fois l’expression «développement durable».

Activités

Le Comité français de l’UICN fournit un travail d’expertise important sur la biodiversité et la protection environnementale, sur les océans, les forêts, les zones humides, les montagnes, etc. Il est régulièrement sollicité par l’Elysée pour participer à des sommets internationaux, comme les réunions des pays les plus industrialisés. Chaque année, il publie La liste rouge mondiale des espèces animales et végétales menacées dans le monde, un document bien médiatisé. Fin 2020, l’UICN estime que sur 128.918 espèces évaluées, 35.765 sont menacées d’extinction. En juin 2019, le Comité français de l’UICN publie la présentation de la Liste rouge de écosystèmes en France, un «nouvel outil d’évaluation de l’état de la biodiversité à l’échelle des écosystèmes et sa mise en œuvre en France».
Depuis juin 2000, le Comité français de l’UICN organise annuellement le Congrès français de la nature pour débattre des priorités et des enjeux de la biodiversité en France et dans le monde. Les différentes sessions du congrès ont permis d’adopter 50 résolutions et recommandations et de préparer les contributions françaises aux congrès mondiaux de l’UICN, à la stratégie nationale pour la biodiversité, aux élections politiques, au Grenelle de l’Environnement ou encore à l’Année internationale de la biodiversité en 2010. L’édition 2019 a réuni 300 représentants des organisations, experts et partenaires du Comité français de l’UICN à Marseille. En septembre 2021, c’est le comité français de l’IUCN qui organise à Marseille le congrès mondial de la nature.
En juin 2013, l’UICN France publie un rapport destiné aux collectivités afin de leur proposer «un cadre d’analyse et de réflexion pour définir leurs indicateurs de biodiversité». En septembre 2014, il organise, à Orléans, les premières assises nationales consacrées aux invasions biologiques. En novembre 2015, à l’occasion de la COP21, l’UICN France appelle à promouvoir le rôle des écosystèmes dans la lutte contre les changements climatiques. En juin 2016, l’UICN France publie «une synthèse des liens établis et prévisibles entre le changement climatique et les risques naturels en montagne». Au même moment, l’ONG décide de s’investir dans le dossier «loup», en estimant nécessaire de mettre rapidement en place une stratégie permettant de garantir une présence pérenne du loup en France et les conditions de la coexistence durable entre cette espèce et les activités humaines.
Depuis 2007, l’UICN assure aussi la gestion du Programme de Petites Initiatives du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (entre 1994 et 2016, les ressources du Fonds se sont élevées à 435 millions d’euros) dont l’objectif est de contribuer à renforcer les capacités de la société civile africaine sur les enjeux environnementaux. Depuis 2007, le Comité Français de l’UICN, en collaboration avec le magazine Terre Sauvage, organise la Fête de la nature qui prévoit environ 5000 manifestations pour sensibiliser le grand public à la biodiversité. Il organise aussi régulièrement, avec l’Agence des aires marines protégées, un colloque national des aires marines protégées.

Finances

L’UICN n’a que très peu d’autofinancement et dépend donc principalement de subventions. Les subventions publiques et privées représentent 86% de ses recettes.

AnnéeProduitsChargesRésultat
20213.539.305 €3.538.555 €749 €
20203.104.753 €3.101.153 €3230 €
20192.893.659 €2.891.819 €1841 €
20182.238.540 €2.237.364 €1176 €
20171.999.383 €1.998.854 €529 €
20162.060.354 €2.059.298 €1056 €
20151.985.791 €1.984.394 €1397 €
20142.384.192 €2.383.905 €287 €
20132.071.308 €2.069.469 €1839 €
20121.381.868 €1.379.449 €2419 €
20111.298.570 €1.297.531 €1039 €
20101.735.238 €1.735.080 €158 €
2009non connunon connunon connu
20081.154.314 €1.144.949 €9364 €
2007782.617 €773.525 €9092 €

Principales sources extérieures de financement

L’UICN est opaque concernant les sommes octroyées par ses différents partenaires.
En 2019, l’UICN a reçu 730.802 euros des ministères (contre 689.514 euros en 2018, 552.485 euros en 2017, 426.500 euros en 2016, 574.518 euros en 2015 et 317.309 euros en 2014).
Parmi les subventions pluriannuelles, on peut mentionner : 1.764.480 euros du Fonds français pour l’environnement mondial (2016-2021), 447.234 de l’UICN (2015-2020), 330.000 euros de la Fondation Mava (2019-2021), 160.000 euros du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône (2018-2019), 100.000 euros de la communauté d’agglomération Cap Excellence (2017-2020), 92.270 euros de l’Ademe, 90.000 euros de la Région Nouvelle Aquitaine (2018-2021).
En 2017, l’UICN a reçu 96.000 euros de la Ville de Marseille (contre 64.000 euros en 2016 et 160.000 euros en 2015). En 2016, l’UICN a reçu  20.000 euros du Conseil régional d’Ile-de-France (contre 72.266 euros en 2015 et 22.493 euros en 2014) et 20.000 euros de la Région Centre-Val de Loire.
Concernant les aides du secteur privé, l’UICN a reçu 30.000 euros de Véolia (2014-2016), 60.000 euros de la Fondation Véolia (2014-2016), 60.000 euros de Calcia (2015-2016), 60.000 euros de la Fondation L’Occitane (2016-2018), 60.000 euros d’Engie (2015-2016), 60.000 euros d’EDF (2014-2016), 25.000 euros de Lafarge (2015-2016), 2000 euros de la Fondation Léa Nature en 2017 et en 2018.

2013
Ministère de l'Ecologie372.827€
Fonds Français pour l'Environnement Mondial207.147 €
Mayotte133.500 €
Conseil régional d'Ile-de-France120.335 €
Aquaculture100.000 €
EDF88.895 €
Ville de Marseille88.180 €
GDF-Suez82.660 €
Veolia65.370 €
Fonds Mécénat65.000 €
GSM54.860 €
Ministère de l'Outre-mer54.000 €
ONF54.000 €
Ministère de l'Agriculture50.000 €
Holcim44.030 €
Conseil régional d'Aquitaine40.000 €
Conseil régional du Centre40.000 €
Conseil régional du Pas-de-Calais39.450 €
Lafarge36.370 €
IUCN International34.640 €
GSM30.000 €
CIL28.378 €
Ademe26.000 €
Te Me Um23.058 €
Nausicaa22.500 €
Alterre Bourgogne10.463 €

2012
Ministère de l'Ecologie390.672 €
Fonds Français pour l'Environnement Mondial201.618 €
Agence des aires marines protégées84.902 €
GSM81.200 €
GDF-Suez
74.315 €
Ministère de l'Outre-mer68.400 €
EDF44.595 €
Veolia40.050 €
Conseil régional du Centre40.000 €
ONF39.700 €
Conseil régional d'Ile-de-France34.664 €
Conseil régional d'Aquitaine28.000 €
Fondation Veolia26.350 €
Te Me Um23.058 €
Alterre Bourgogne21.000 €
Ademe20.072 €
Aides à l'embauche20.852 €
Fondation Nature & Découvertes20.000 €
Fondation EDF20.000 €
Lafarge21.506 €
Conseil régional du Pas-de-Calais10.000 €
Ville de Marseille10.000 €
DEAL Mayotte8500 €
Nausicaa2500 €
Pierre Fabre1200 €
Expancience1000 €

2011
Ministère de l'Ecologie340.000 €
Fonds Français pour l'Environnement Mondial205.862 €
Ministère de l'Outre-mer113.000 €
Lafarge84.724 €
GSM79.650 €
GDF-Suez68.485 €
Veolia35.270 €
Fondation Nature & Découvertes31.000 €
Ministère de l'Agriculture29.544 €
EDF26.725 €
WWF France25.000 €
ONF24.700 €
Aides à l'embauche24.566 €
Te Me Um20.979 €
Fondation Veolia20.000 €
Fondation EDF20.000 €
Agence nationale de la recherche18.040 €
Alterre Bourgogne15.000 €
DEAL Mayotte15.000 €
ONERC12.100 €
Conseil régional d'Aquitaine12.000 €
CIRAD10.000 €
Fonds Biome10.000 €
Conseil régional de la Réunion10.000 €
Agence des aires marines protégées9652 €
Ademe8602 €
Province Sud de Nouvelle-Calédonie8530 €
Fondation Léa Nature5000 €

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Sortir du Nucléaire

9 rue Dumenge
69317 Lyon Cedex 04
Tél : 04 78 28 29 22
Email : contact@sortirdunucleaire.fr
Site : http://www.sortirdunucleaire.org

Profil

logo-sdnLe Réseau Sortir du nucléaire (SDN) fédère 893 associations qui soutiennent une charte demandant l’abandon des projets d’enfouissement des déchets nucléaires, de traitement du combustible usé, l’arrêt des exportations d’électricité, l’arrêt des réacteurs en fonctionnement, le non-renouvellement du parc nucléaire et l’abolition des armes nucléaires.
SDN privilégie quatre axes de campagne : les problématiques de la gestion des déchets et des matières radioactives ; opposition au «rafistolage» des vieux réacteurs et aux réacteurs de 3ème ou 4ème génération ; opposition au nucléaire civil et nucléaire militaire ; convergence de la lutte antinucléaire avec les autres luttes. SDN est à l’origine de nombreuses manifestations et actions contre le nucléaire, qu’il soit civil ou militaire. Depuis 2004, il est en pointe dans l’opposition à l’EPR ou à l’ITER (projet de recherche sur la fusion nucléaire). Il défraye quelques fois la chronique en révélant des documents confidentiels sur la sûreté nucléaire. Il a une force de lobbying importante auprès des élus, des collectivités, des syndicats, etc. Le Réseau adopte une posture radicale, refusant notamment de participer au Grenelle de l’environnement ainsi qu’à toute concertation avec la mission Granite sur l’enfouissement des déchets nucléaires. Il pratique aussi la guérilla juridique offensive avec une trentaine d’actions en cours à l’encontre d’Areva, d’EDF et du CEA.
Cependant, une grave crise interne a secoué le Réseau en 2010, marquée par le licenciement de Stéphane Lhomme, qui était porte-parole du réseau depuis 2002, et la révocation de membres du CA. En 2011, un autre administrateur claque la porte du conseil d’administration du Réseau, se demandant : «On ne sait plus très bien s’il est devenu une composante du mouvement pour une transition énergétique (…) ou s’il reste une organisation spécifiquement antinucléaire.» En 2014, le Réseau vote pour la réhabilitation des militants exclus en 2010 et a entamé une démarche de réconciliation. En 2016, le Conseil d’administration estime qu’«après des années de tumulte (…), un climat constructif s’est instauré, qui a permis le recentrage sur les objectifs fondamentaux du Réseau. (…) Désormais nous assumons pleinement une mise en cause globale du nucléaire “dit civil” et militaire».
Bien que ce conflit ait affecté la cohésion du Réseau, SDN reste une des principales références, avec la CRIIRAD, dans la lutte contre le nucléaire et l’accident de Fukushima a permis au Réseau de mobiliser davantage et d’être plus visible dans les médias.

Structure

Association de la loi de 1901, créée en 1997. Il s’agit d’une fédération de plus de 893 associations et de plus de 61.000 signataires de sa charte. Il existe aussi des associations locales «Sortir du nucléaire».

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Joël Domenjoud
  • Sylvain Houpert
  • Guy Jeannesson
  • Mete Demircigil
  • Rose-René Maschino
  • Jean-Yves Busson

Equipe

  • Audrey Anouchian : Responsable boutique et matériel militant
  • Laure Barthélemy : Chargée de recherche et d’animation de la Surveillance Citoyenne des Installations Nucléaires
  • Nadia Boukacem : Secrétaire et chargée de l’accueil téléphonique
  • Guillaume Burato : Webmestre technique
  • Camila Curi : Coordinatrice des activités antinucléaires et du projet associatif
  • Anne-Lise Devaux : Coordinatrice administrative et levée de fonds
  • Louiselle Debiez : Chargée de communication
  • Marie Liger : Chargée de la dynamique associative et des mobilisations
  • Annie Orenga : Comptable
  • Lisa Pagani : Coordinatrice des questions juridiques
  • Victor Poichot : Webmestre
  • Wladimir Quénu : Maquettiste-Iconographe
  • Marion Rivet : Chargée de relations médias
  • Hugo Trevisiol : Responsable Financier

Historique

Le Réseau Sortir du Nucléaire est issu de la mobilisation contre Superphénix. C’est à partir de 1995 que commence à se structurer le Réseau Sortir du Nucléaire, à l’initiative des Européens contre Superphénix. En 1997, la première assemblée générale de coordination nationale antinucléaire se déroule à Agen et rédige la charte du Réseau Sortir du Nucléaire. Sont présents à cette assemblée une trentaine de personnes représentants : les Européens contre Superphénix, le forum Plutonium, la Coordination nationale des collectifs contre l’enfouissement des déchets radioactifs, Greenpeace, le Comité Malville, Stop Golfech, les Amis de la Terre, le comité Stop Civaux, la FRAPNA, Les Verts, la LCR, etc. La charte qui fut établie repose sur la phrase : «Nous voulons une décision immédiate de sortie du nucléaire.»

Activités

Sortir du nucléaire (SDN) soutient les actions et luttes antinucléaires, qu’elles soient locales ou nationales. Il a mené différentes campagnes comme, depuis 2004, contre l’EPR, ou encore en 2008 et en 2009 sur le thème «ni nucléaire, ni effet de serre». En 2009, il organise une manifestation de 10.000 personnes à Colmar, pour demander la fermeture de la centrale de Fessenheim. SDN fait aussi un travail d’investigation, lui permettant d’avoir un impact médiatique important.  Ainsi, en novembre 2002, le Réseau, sur la base de documents de l’Autorité de sûreté nucléaire restés confidentiels, révèle que «34 réacteurs nucléaires français (sur 58) sont inadaptés au risque sismique». L’information fait la une des journaux télévisés et de quotidiens nationaux. De même, en 2004, lors de l’émission de télévision France Europe Express sur France 3, Stéphane Lhomme accuse Anne Lauvergeon (présidente d’Areva) de causer de graves atteintes à l’environnement et à la santé des travailleurs et riverains des mines d’uranium au Niger. Plus récemment, en janvier 2009, SDN révèle sur la base d’informations publiées sur le site Internet de l’Autorité de sûreté nucléaire que «les laboratoires de toutes les centrales nucléaires EDF ont perdu leurs agréments». Le Monde a consacré à cette affaire l’éditorial de son édition datée du 14 janvier 2009. En novembre 2010, en partenariat avec Greenpeace, SDN s’est beaucoup mobilisé à l’occasion du onzième transport de déchets vitrifiés de La Hague à Gorleben. En 2011, SDN a participé à de nombreuses actions contre les transports des déchets nucléaires. Cette campagne se poursuit encore avec SUD-Rail. Le 11 mars 2012, pour l’anniversaire de la catastrophe de Fukushima, SDN organise une chaîne humaine de 60.000 personnes entre Lyon et Avignon. En 2013, l’action est renouvelée à Paris, avec 20.000 manifestants, dont une forte participation internationale. En février 2013, environ 500 personnes se sont rassemblées devant le siège d’Areva pour «dénoncer la guerre pour l’uranium au Mali». En avril 2013, SDN lance la campagne «Nucléaire : de la mine aux déchets, tous concernés», afin de «mettre en lumière les différentes étapes de la chaîne du combustible» et les «nuisances qu’elle engendre». Pour cela, SDN a travaillé à renforcer ses équipes de vigies des transports sur le terrain. En mars 2014, une manifestation de 7000 personnes a été organisée en Alsace «pour exiger la fermeture de Fessenheim». En novembre 2014, près de 80 actions «Occupe ton rond-point» ont été organisées partout en France «pour dire STOP au rafistolage».
En 2016, SDN a principalement axé son activité autour de 4 thématiques et objectifs prioritaires : «soutenir et amplifier la lutte à Bure pour bloquer le projet Cigéo, s’opposer aux réacteurs EPR en construction à Flamanville et en projet à Hinkley Point, empêcher la prolongation des réacteurs vieillissants et obtenir des avancées en faveur du désarmement en soutenant l’ensemble des acteurs mobilisés contre le nucléaire militaire». Afin de dénoncer la «faillite économique de la filière nucléaire», SDN mis en avant le slogan «Nucléaire, arrêtons les frais !», avec une pétition lancée avec cette thématique. En février 2016, SDN a organisé le premier Congrès du mouvement antinucléaire, à Angers, avec «pour ambition de réunir toutes les composantes du mouvement antinucléaire français».
SDN publie une revue trimestrielle Sortir du nucléaire qui est tirée à 15.000 exemplaires. Le Réseau diffuse diverses publications, notamment la brochure Changeons d’ère, sortons du nucléaire (340.000 exemplaires) et la carte «Nucléaire, danger permanent» (215.000 exemplaires).
S’appuyant sur «une surveillance citoyenne efficace», SDN manie aussi l’arme juridique avec trente dossiers en cours à l’encontre d’Areva, d’EDF et du CEA, «qu’il soit question de pollution radioactive ou de manquements à la réglementation environnementale, ou encore qu’il s’agisse d’empêcher de grands projets de l’industrie nucléaire». Le Réseau revendique près d’une dizaine de victoires juridiques.

Finances

Jusqu’à présent, l’association est presque en autofinancement total, les adhésions et dons représentant près de 88% des entrées. Cependant, certains dons proviennent d’entreprises mais l’association ne mentionne pas combien et pour quel montant. Près de la moitié des recettes est effectuée par prélèvement automatique.
Le Réseau Sortir du Nucléaire (SDN) se targue de ne recevoir aucune subvention d’exploitation. En 2019,  SDN a reçu 12.800 euros de subventions, mais provenant du fonds de dotation Pour un futur sans nucléaire, géré par le Réseau. Ce fonds a été créé en 2011 afin de recueillir des legs ou donations importantes. Pour l’exercice 2015-2016, le fonds de dotation a reçu un don de 50.000 euros. Les subventions restent cependant modestes : environ 13.000 euros en 2016-2017, 16.500 euros en 2015-2016 (OAA, Fondation Mifran, Fondation Horizon), 11.500 euros en 2014-2015, 24.525 euros en 2013-2014 (Fondation Patagonia, Fondation Horizon, OAA), contre 4000 euros en 2012-2013, et 29.296 euros en 2011-2012. En 2016, l’association a reçu 3000 euros du sénateur André Gattolin.  A mentionner aussi une subvention de 24.000 euros accordée par une fondation française en raison de difficultés de trésorerie début 2010. Il s’agit sans doute de la Fondation pour une Terre humaine qui a participé au financement du «Jeûne-action» pour l’abolition des armes nucléaires qui a eu lieu à Paris du 26 avril au 7 mai 2010.
De plus, compte tenu de la «situation financière inquiétante» au moment de l’Assemblée Générale de 2009, leur Commissaire aux comptes avait déclenché une procédure d’alerte en janvier puis en mars 2010. A sa demande, l’ensemble de l’équipe salariée de l’association a été mis en chômage partiel à hauteur de 50% pour la période du 26 avril au 31 décembre 2010. En août 2016, SDN estime que sa situation financière «reste fragile et à consolider. Nous avons régulièrement des problèmes de trésorerie : nous vivons au jour le jour».
A noter qu’en raison du passage de la comptabilité en année civile, le compte de résultat 2016-2017 a été établi sur 16 mois.

AnnéeProduitsChargesRésultat
2020963.361 €888.597 €74.763 €
20191.059.350 €966.466 €92.884 €
20181.039.402 €1.045.369 €-5967 €
2016-20171.610.468 €1.475.604 €134.864 €
2015-20161.126.972 €1.077.523 €49.449 €
2014-20151.154.194 €1.167.248 €-13.054 €
2013-20141.044.833 €993.720 €51.113 €
2012-20131.042.317 €1.094.129 €-51.812 €
2011-20121.180.081 €1.174.386 €5695 €
2010-20111.165.411 €1.115.952 €49.459 €
2009-20101.032.712 €1.015.092 €17.620 €
2008-20091.031.422 €1.064.262 €-32.840 €
2007-2008968.229 €1.006.095 €-37.866 €
2006-2007972.138 €981.227 €-9089 €
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LPO (Ligue pour la protection des oiseaux)

8 rue du Docteur Pujos CS 90263
17305 Rochefort Cedex
Tél. : 05.46.82.12.34
Email : lpo@lpo.fr
Site : http://www.lpo.fr

Profil

Avec ses 64.000 adhérents, ses 55 structures locales et sa présence dans 79 départements, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) est une des principales institutions de la protection environnementale. Depuis plus de cent ans, elle est engagée dans la défense des oiseaux. Sa popularité est importante, renforcée par la notoriété médiatique de son président Allain Bougrain Dubourg. Elle est un interlocuteur privilégié des autorités publiques. La LPO a notamment été un acteur clef pendant le Grenelle de l’environnement et les Conférences environnementales. La LPO propose à l’Etat, aux collectivités régionales et locales, son expertise sur le patrimoine naturel, notamment lors de projets d’infrastructures. La LPO est propriétaire de plus de 1800 hectares de terrains aux enjeux environnementaux importants et gère 27 réserves naturelles nationales ou régionales. Depuis sa création, la LPO promeut la création de refuges pour la faune sauvage. Avec 600 salariés (dont 272 de LPO France), elle peut aussi compter sur les 8000 bénévoles du réseau.
Outre ses nombreux projets concernant directement les oiseaux, elle a fait campagne contre tout ce qui menacerait la biodiversité, comme les pesticides ou les OGM. Ainsi, en 2012, la LPO a décidé de modifier son objet social pour s’ouvrir à la biodiversité tout en conservant son logo et en y ajoutant la mention «Agir pour la biodiversité». La LPO, en partenariat avec France Nature Environnement, Humanité et Biodiversité et la Fondation pour la Nature et l’Homme, conduit depuis plusieurs années des actions de lobbying auprès des parlementaires dans l’objectif de renforcer la prise en compte des questions environnementales dans les projets de loi.
La LPO utilise aussi l’arme judiciaire. En 2021, 59 actions juridiques ont été engagées. Cependant, elle cherche plutôt la négociation à la confrontation. La LPO tisse d’ailleurs des partenariats avec des entreprises comme le cimentier Cemex, EDF, Fondation Léa Nature, Botanic, etc. Ainsi, entre 2004 et 2009, elle a participé à un réseau d’amélioration de la biodiversité, animé par le Forum de l’Agriculture Raisonnée Respectueuse de l’Environnement (FARRE). De même, sur la problématique des lignes électriques et des éoliennes dont sont victimes de nombreux oiseaux, la LPO cherche, en collaboration avec EDF, à trouver des solutions afin de neutraliser les dangers. Cependant, certains y voient des collusions, comme Le Canard enchaîné qui estime fin 2013 que «les défendeurs de la nature se vendent à EDF», reprochant à la LPO Hérault d’avoir «adoubé par une étude d’impact» la construction de plusieurs éoliennes sur le causse d’Aumelas. Le Canard enchaîné ajoute aussi que deux hauts responsables de la LPO Hérault ont ensuite été engagés à EDF.
La LPO est notamment membre du Comité français de l’UICN et du Réseau Action Climat.

Structure

La LPO est née en 1912 sous l’égide de la Société nationale de protection de la nature (SNPN). En 1925, il y a une première structuration avec la création de la Fédération des groupements français pour la protection des oiseaux, avec Jean Delacour comme président. En 1964, la LPO connaît une nouvelle structuration en étant associée à la Fédération française d’ornithologie. Deux ans plus tard, la LPO devient une structure indépendante et cesse donc d’être une sous-section de la SNPN. Association de la loi de 1901, elle est reconnue d’utilité publique depuis 1986. Elle est le représentant officiel de BirdLife International en France depuis 1993. Outre la structure nationale, la LPO compte 35 associations locales. Elle est présente dans 12 régions et 79 départements. La LPO souhaite désormais pouvoir s’appuyer sur des entités à l’échelle des nouvelles régions politiques et administratives. Elle encourage donc la reconnaissance de nouvelles entités LPO à ces nouvelles échelles plutôt qu’à celle des départements. Ainsi, en 2016, la coordination LPO Rhône-Alpes et l’association locale régionale LPO Auvergne se sont regroupées afin de créer une nouvelle coordination LPO Auvergne-Rhône-Alpes. De même, la coordination LPO Lorraine s’est agrandie avec les LPO Alsace et Champagne-Ardenne et porte désormais le nom de coordination LPO Grand-Est.

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Allain Bougrain-Dubourg : président
  • Yves Muller : vice-président
  • Dominique Chevillon : vice-président
  • Philippe de Grissac : vice-président
  • Marie-Paule de Thiersant : secrétaire générale
  • Maud Lelievre : secrétaire adjointe
  • Michel Cramois : trésorier
  • Christine Jean : trésorière adjointe
  • Evelyne Haber
  • Emma Haziza
  • Christian Joulot
  • Aude Moreau-Gobard
  • Elisabeth Rivière
  • Danielle Castagnoni
  • Reine Dupas
  • Henri Forest
  • Eric Fouvez
  • Guillaume Gambier
  • Olivier Le Gall
  • Pierre Maigre
  • Frédéric Malher
  • Bernard Marchiset
  • Bruno Tandeau de Marsac

Direction générale

  • Olivier Denoue : directeur général en charge de la structure associative
  • Cédric Marteau : directeur général pôle Protection de la nature
  • Vanessa Lorioux : directrice générale pôle Mobilisation citoyenne
  • Emilie Gobert : directrice pôle Développement
  • Jean-François Magne : responsable délégation régionale Ile-de-France
  • Annabelle Roca : responsable délégation territoriale Aquitaine
  • Jérôme Roger : responsable délégation territoriale Limousin
  • Céline Gracieux : responsable délégation territoriale Poitou-Charentes
  • Caroline Bourgeois : assistante de direction

Historique

La LPO est née en 1912, lors d’une séance de la Société nationale d’acclimatation de France, sous l’égide de la Société nationale de protection de la nature (SNPN). En 1921, le premier refuge LPO, appelé «Refuge de la Cabine», est créé dans le nord de la France. En 1964, la LPO ne compte que 300 membres, mais elle va connaître un essor, suite à sa mobilisation lors de la marée noire du Torrey Canyon. L’association passe alors à 3000 membres. La LPO connaîtra un nouveau développement en 1986 avec le médiatique Allain Bougrain-Dubourg comme président.

Activités

La LPO est très active dans des projets de conservation et de protection de l’environnement. Elle met en œuvre 10 des 16 plans nationaux de restauration d’oiseaux parmi les plus menacés de France et coordonne des programmes européens (Life Nature) de sauvegarde d’espèces et de milieux menacés. Elle gère la réintroduction d’espèces menacées, comme les vautours fauves et moines dans les Grands Causses et les outardes canepetières en Poitou-Charentes. La LPO accueille chaque année des milliers d’oiseaux blessés, tombés du nid ou mazoutés dans ses 7 centres de sauvegarde. Avec son réseau de délégations, la LPO gère  27 réserves naturelles. La LPO propose aussi au grand public de mettre en place des refuges pour les oiseaux. En 2017, le réseau des Refuges LPO compte plus de 23.395 Refuges LPO. Elle a aussi des activités de sensibilisation du grand public, à travers des visites guidées, des conférences, des expositions, ses 30 sites internet, Fête de la nature, la Nuit de la chouette…, ainsi que par le biais de ses publications comme L’OISEAU Mag. En janvier 2019, pour la 7e année consécutive, la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle ont invité le grand public à participer au Comptage national des oiseaux des jardins. En 2017, la LPO France estime avoir sensibilisé 370.000 personnes.
Comme elle le fait remarquer, son action ne peut pas être réduite à la protection des oiseaux. La LPO mène en effet des campagnes avec d’autres associations écologistes, comme sur la loi OGM, en 2008, où elle avait fait ses propres propositions d’amendement avec la FNH et FNE, différentes de celles élaborées entre autres par la Confédération paysanne et Greenpeace. En 2009, en marge de sa campagne «Pesticides : des abeilles piquées au vif !», visant en particulier le Cruiser, la LPO a collaboré avec Agir pour l’environnement, Générations Futures et l’UNAF, pour lancer un comité de soutien des élus à l’abeille et à l’apiculture. En octobre 2017, la LPO organise le premier colloque «Objectif Zéro Phyto» et, quelques jours plus tard, demande la suspension immédiate du Sulfoxaflor, qu’elle considère être un «pesticide tueur d’abeilles». En octobre 2018, la LPO soutient «L’appel des coquelicots» demandant l’interdiction de tous les pesticides, lancé par Fabrice Nicolino.
En 2010, la LPO a poursuivi, en collaboration avec FNE, la Humanité & Biodiversité et la FNH ses actions de lobbying et de veille parlementaire, en se mobilisant par exemple sur la loi Grenelle 2, adoptée en juillet 2010. La LPO se félicite que sur les 373 amendements présentés par elle et ses partenaires, 85 ont été adoptés. En 2012, la LPO s’est engagée aux côtés de BirdLife Europe et de PAC 2013 «pour faire émerger une PAC (Politique Agricole Commune) plus juste, avec de véritables mesures de verdissement», lançant notamment une pétition sur ce sujet. Lors de la Conférence Environnementale de septembre 2012, la LPO était présente aux différentes tables-rondes (énergie, fiscalité, biodiversité, gouvernance), soutenant en particulier le projet de création d’une Agence nationale de la biodiversité. Dès 2013, la LPO a mis en œuvre son programme «Urbanisme, Bâti & Biodiversité» (U2B), pour «impliquer la biodiversité dans l’urbanisme». En août 2015, la LPO lance une pétition pour «mettre fin au massacre illégal des oiseaux familiers», qui aura recueilli 322.929 signatures. La LPO utilise également l’arme judiciaire. En 2017, il y a eu 69 procédures judiciaires, principalement des plaintes pour atteintes aux oiseaux protégés et des infractions de chasse.
Pour mieux affirmer son côté généraliste, la LPO a décidé de développer pour 2012-2017 sept axes stratégiques nouveaux, parmi lesquels «Renforcement de la présence de la LPO sur le champ du respect du vivant et de la cause animale», «Évolution des actions de conservation vers les espaces pour répondre aux exigences de conservation des espèces» et «Extension du champ d’action de la LPO à la biodiversité». Concernant ce dernier axe, la LPO a mené des combats en 2015 en faveur des loups et des bouquetins. La LPO entend également «structurer une équipe opérationnelle d’actions militantes» et «développer l’action d’influence et le lobbying». La LPO a ensuite adopté un nouveau plan stratégique portant sur la période 2017-2021 avec quatre axes : «Démultiplier l’engagement en faveur de la biodiversité», «La mobilisation citoyenne», «Les activités de la LPO à l’international et outre-mer», «Sécuriser et optimiser le fonctionnement de la LPO».
Lobbying. La LPO déclare avoir dépensé moins de 10.000 euros annuellement depuiss 2017 pour des activités de lobbying auprès des députés et sénateurs. Elle a déclaré 2 actions de lobbying en 2022 et 2021 (contre 3 actions en 2020 et 2019, et 6 actions en 2018 et 2017).
La LPO est aussi très présente au sein des instances nationales de concertation et d’expertise. Par exemple, des représentants de la LPO siègent au Comité économique social et environnemental (CESE), le président est membre de la Conférence nationale de la transition écologique (CNTE), la LPO participe au Conseil national de la protection de la nature (CNPN), etc. La LPO participe à plusieurs comités de pilotage nationaux, dont la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), Natura 2000, Éviter-Réduire-Compenser (ERC), le Groupe national pour les milieux humides et la Stratégie nationale de création d’aires protégées (SCAP).

Finances

Depuis 2012, la LPO tente de déployer une stratégie de diversification des sources de financement, en diminuant la dépendance vis-à-vis du secteur public (30% de ses ressources en 2021) et en augmentant la contribution des fondations et des entreprises. Les ventes de la Boutique nature ont représenté 4,7 millions de recettes. Ces chiffres ne prennent pas en compte les associations LPO locales, régionales ou départementales. A titre d’exemple, la LPO Auvergne-Rhône-Alpes  a un budget d’environ 6 millions d’euros et la LPO PACA dépasse les 2 millions.

AnnéeProduitsChargesRésultat
202124.751.020 €24.000.126 €750.894 €
202021.727.341 €21.706.276 €21.065 €
201920.198.403 €20.035.423 €162.980 €
201817.792.579 €18.284.427 €-491.847 €
201715.548.355 €14.662.208 €886.147 €
201614.175.932 €13.651.532 €524.400 €
201512.560.351 €12.766.611 €-206.259 €
201412.883.244 €12.995.238 €-111.994 €
201313.258.401 €12.976.932 €281.468 €
201213.523.297 €13.732.345 €-209.048 €
201113.789.960 €13.718.914 €71.046 €
201012.026.849 €11.947.164 €79.685 €
200911.150.609 €10.668.268 €482.341 €
200810.066.296 €9.306.681 €759.615 €
20078.368.000 €8.278.028 €89.972 €

Répartition des financements

Principales sources extérieures de financement

En 2021, la LPO a reçu 7.511.000 euros de fonds publics. En 2020, l’Etat français a octroyé 2.957.667 euros de subventions à la LPO (contre 2.991.659 en 2019, 2.935.881 en 2018, 2.412.668 en 2017, 2.475.986 euros en 2016, 2.422.280 euros en 2015, 2.463.492 euros en 2014, 2.775.356 euros en 2013, 2.288.814 euros en 2012, 2.477.703 euros en 2011 et 3.461.598 en 2010). La même année, la LPO a reçu 685.820 euros des Conseils régionaux (contre 644.961 euros en 2019, 340.815 euros en 2018), 562.928 euros des Conseils généraux (contre 593.981 euros en 2019, 474.633 euros en 2018), 422.953 euros des communes (contre 344.221 euros en 2019, 304.526 euros en 2018). Les Agences de l’eau ont octroyé 289.540 euros (contre 272.238 euros en 2019, 293.122 euros en 2018). En 2020, l’Agence française pour la biodiversité a donné 576.762 euros (contre 228.334 euros en 2019). En 2016, la LPO a reçu a reçu 7000 euros de la Réserve parlementaire du Groupe écologiste à l’Assemblée nationale et 2000 euros de la sénatrice écologiste Corinne Bouchoux. La LPO reçoit aussi des aides de l’Union européenne (Life, Interreg, Feder…). En 2020, les subventions européennes s’élèvent à 1.493.478 euros (contre 1.502.976 euros en 2019, 1.584.292 euros en 2018, 1.524.701 euros en 2017, 1.155.185 euros en 2016).
Côté fonds privés, l’exercice 2019 s’est traduit par des financements de la part des entreprises et des fondations de l’ordre de 1.159.998 euros (contre 1.079.963 euros en 2018, 1.289.534 euros en 2017, 1.031.778 en 2016, 1.202.799 euros en 2015 et 870.000 euros en 2014). La LPO revendique 37 partenaires privés en 2019. Les «grands partenaires» de la LPO sont EDF (680.000 euros entre 2008 et 2011), le cimentier Cemex (plus de 500.000 euros entre 2003 et 2009), la Fondation Nature & Découvertes, VINCI Autoroutes. Parmi les autres partenaires en 2019, la LPO mentionne notamment : Aigle, Botanic, Bouygues Construction, Bouygues Immobilier, Danone, Enedis, la Fondation Léa Nature, Eiffage, RTE, Séché Environnement, SNCF, Vinci, Vrai!… Diverses fondations aident également la LPO comme la Fondation Mava, Fondation LISEA Biodiversité, Fondation du Patrimoine… La Fondation Nature & Découvertes a octroyé, en 2010, 29.393 euros de dons au siège national de la LPO, ainsi que bon nombre de subventions à des antennes locales de l’association. Entre 1994 et 2006, la Fondation Nature & Découvertes a donné environ 120.000 euros à la LPO nationale.

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Delphine Batho

Coordinatrice nationale de Génération Ecologie
Députée GE
Ministre de l’Ecologie (2012-2013)

Profil

Delphine Batho a passé plus de deux décennies au Parti socialiste, notamment au sein de l’aile gauche animée par Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray, avant de devenir une proche conseillère de Ségolène Royal lors de la campagne de 2007. Même si dans son engagement militant chez les socialistes, elle a principalement été sensibilisée par les questions sociales, elle s’est rapprochée de la nébuleuse écologiste sur différents sujets, comme par exemple en 2009, quand elle a déclaré qu’elle a «beaucoup utilisé les services d’Inf’OGM et apprécie son expertise citoyenne, scientifique et juridique. Notamment au moment de proposer des amendements pour le projet de la loi OGM 2008». Depuis qu’elle a pris les rênes de Génération Ecologie fin 2018, elle insiste sur le fait que «l’écologie fait partie de ma culture familiale, c’est un attachement presque charnel. J’ai été éduquée dans une relation très forte à la nature, nourrie avec une alimentation saine», tout en expliquant que «l’écologie a d’abord été un espace personnel avant d’être politique». Ainsi, pour marquer son fort attachement à la nature, elle a par exemple soutenu en 2019 la déclaration des Droits des Arbres, estimant qu’«il faut reconnaître l’arbre comme être vivant doué de sensibilité» et confiant : «J’ai parlé aux arbres un peu comme Yakari, mais sans forcément prononcer de mots. Cette connexion avec les arbres je la ressens depuis très longtemps sans avoir osé en parler avant l’âge adulte.» Delphine Batho ajoute qu’elle a «mis plusieurs années à rompre avec la social-démocratie et la gauche» et qu’elle a «cheminé depuis vers la nécessité d’une écologie politique autonome».
Du point de vue idéologique, Delphine Batho a emprunté le terme d’«écologie intégrale» au Pape François, car il s’agit pour elle «d’intégrer la primauté de l’écologie dans tous les domaines, de la politique étrangère à la politique budgétaire. Passer au filtre de l’écologie l’ensemble des décisions». Elle entend ainsi opposer «l’écologie intégrale à l’écologie homéopathique des Verts et des autres partis», et adopte un manichéisme radical : «On voit partout monter cette confrontation entre forces fascisantes et écologie. Nous sommes face à un choix binaire entre écologie et barbarie.» Considérant que «le commun de la gauche et de la droite est d’ignorer les limites planétaires», elle préfère parler d’un nouveau clivage qui oppose «Terriens» et «Destructeurs».
Sur le plan économique, elle revendique totalement la décroissance : «Nous n’avons pas d’autre choix que d’organiser une décroissance de la consommation d’énergie et de matières. Mais la décroissance, c’est une société avec plus de bien-être, plus de culture, plus de liens humains, plus de respect des personnes. C’est une société du plus, pas du moins ! Nous devons rompre avec le mythe de la croissance économique, et avec l’idée qu’elle est la solution pour réduire les inégalités. C’est faux, c’est même l’inverse. La croissance détruit les écosystèmes comme les humains.» Dénonçant régulièrement le rôle des lobbies et de la «technostructure», elle propose «une régulation écologique de l’économie de marché».
Delphine Batho a décidé de se porter candidate à la primaire écologiste en vue de l’élection présidentielle, «parce que protéger les Français et les Françaises du réchauffement climatique, des effets, des impacts liés à la destruction de la nature est désormais une question de sécurité nationale.» Avec 22,32% des voix, elle termine troisième derrière Yannick Jadot et Sandrine Rousseau. Elle est nommée en décembre 2021 porte-parole de la campagne présidentielle de Yannick Jadot, en remplacement de Matthieu Orphelin, écarté en raison de sa proximité avec Nicolas Hulot, accusé de viol. Aux législatives de 2022, elle est réélue avec 57,9% des suffrages.

Parcours

Née en 1973, Delphine Batho participe aux mouvements lycéens de 1986 et adhère, à 15 ans, à SOS Racisme et à la Fédération indépendante et démocratique des lycéens, dont elle devient présidente en 1990. C’est à ce moment-là que Julien Dray, parrain des deux organisations, la repère. En 1992, Delphine Batho devient vice-présidente de SOS Racisme. En 1994, elle abandonne la fac d’histoire pour adhérer au PS et à la Gauche socialiste, le courant animé par Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann et Julien Dray. Rapidement, elle travaille avec ce-dernier sur les questions de sécurité. Lors du congrès de Grenoble de 2000, elle entre au Bureau national du PS. Elle devient collaboratrice de Julien Dray au conseil régional d’Ile-de-France, chargée des questions de sécurité. En 2003, quand Julien Dray réactive son club de la gauche socialiste, Delphine Batho est en charge de sa lettre d’information hebdomadaire, La Tête à gauche. En 2006, elle est auditrice à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice.
Delphine Batho devient conseillère de Ségolène Royal en vue de la campagne présidentielle de 2007 pendant laquelle elle théorise «l’ordre juste». En retour, la candidate lui lègue sa circonscription de Melle, dans les Deux-Sèvres, où Delphine Batho est élue en 2007 au second tour avec plus de 57% des suffrages. Durant la législature 2007-2012, elle est vice-présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale chargée de la sécurité. Pour la campagne présidentielle de 2012, elle est porte-parole du candidat François Hollande. En mai 2012, elle est nommée ministre déléguée à la Justice dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault I, auprès de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. En juin 2012, elle est réélue députée dès le premier tour avec plus de 53% des suffrages exprimés. Peu après, et en raison de relations tendues avec sa ministre de tutelle, Delphine Batho obtient le portefeuille de ministre de l’Ecologie dans le deuxième gouvernement Ayrault. Le 2 juillet 2013, François Hollande annonce qu’il met fin à ses fonctions en tant que ministre de l’Ecologie, à la suite d’une interview dans laquelle elle qualifiait de «mauvais» le budget 2014 de son ministère et avouait sa «déception à l’égard du gouvernement». En août 2013, Delphine Batho redevient députée et rejoint, en octobre 2014, les «frondeurs» du Parti socialiste. En octobre 2014, elle publie chez Grasset son livre Insoumise qui relate son expérience au gouvernement et pour dénoncer «l’influence des milieux financiers et industriels (qui) s’est installée au cœur du pouvoir». L’Express affirme que c’est un flop vendu qu’à 715 exemplaires dix jours après sa sortie et en dépit d’une bonne couverture médiatique. En 2016, elle fait adopter à l’Assemblée nationale l’amendement à la loi biodiversité interdisant les néonicotinoïdes. En 2018, elle propose, sans succès, l’amendement pour l’interdiction du glyphosate avec un terme en 2021. En janvier 2018, Delphine Batho annonce sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, tout en dénonçant «de A à Z les modalités d’organisation de ce congrès de confiscation, dans ce qui n’est plus un parti mais une petite mafia politique avec ses parrains, ses lieutenants, ses exécutants». A l’occasion du congrès du PS en janvier 2018, elle fait une proposition intitulée «Mitterrand, réveille-toi, ils sont devenus fous», refusée par manque de parrainages. En mai 2018, elle annonce qu’elle quitte le PS.
En septembre 2018, elle est élue présidente du parti Génération Ecologie. En novembre 2018, Dominique Bourg annonce qu’il rejoint Delphine Batho et s’engage en politique à ses côtés en vue des élections européennes. En janvier 2019, Delphine Batho publie Ecologie intégrale, le manifeste, avec une postface de Dominique Bourg. En mai 2019, Dominique Bourg conduit la liste Urgence Ecologie (regroupant Génération Ecologie, le Mouvement des progressistes et l’Union des démocrates et des écologistes) qui obtient 1,82%. En 2020, elle a été vice-présidente du groupe Ecologie-Démocratie-Solidarité à l’Assemblée nationale. En juillet 2021, elle annonce sa candidature à la primaire des écologistes. Avec 22,32% des voix à la primaire, elle termine troisième derrière Yannick Jadot et Sandrine Rousseau. Elle est nommée en décembre 2021e porte-parole de la campagne présidentielle de Yannick Jadot, en remplacement de Matthieu Orphelin, écarté en raison de sa proximité avec Nicolas Hulot, accusé de viol. Aux législatives de 2022, elle est réélue avec 57,9% des suffrages.

Bibliographie

  • Ecologie intégrale le manifeste, Editions du Rocher, 2019
  • Insoumise, Editions Grasset et Fasquelle, 2014

 

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Fondation pour une Terre humaine (cessation d’activité)

15, route de Fribourg
1723 Marly 2, Suisse
Tél. : 41 26 435 35 22
Bureau de Paris :
11, Cité Annibal, 75014 Paris, France
Tél. : 01 43 27 93 90
E-mail : infos@terrehumaine.org
Site : http://www.terrehumaine.org

[tab name= »Profil »]

logo-fondation_terrehumaineEn 2022, il est indiqué sur le site de la Fondation pour une Terre Humaine (FTH) a cessé ses activités.
Créée en janvier 2002, la FTH est une fondation basée en Suisse qui «a pour vocation de soutenir le travail des associations de défense de l’environnement». Elle a nettement réduit ses subventions, octroyant aujourd’hui environ 50.000 euros annuels contre auparavant entre 250.000 et 300.000 euros.
La FTH donne la priorité aux associations de petite taille, ayant des difficultés de financement et situées sur le territoire européen. Plus de la moitié des dons concerne «la promotion de la biodiversité et de la santé végétales». Depuis plusieurs années, la FTH a décidé de ne plus subventionner de projets de pure sensibilisation, et d’aider seulement «les projets incluant des actions concrètes et la mise en œuvre effective de changement de vie». Elle considère notamment qu’«avec la soumission systématique du pouvoir politique aux intérêts économiques (…) il devient inutile d’adresser des revendications au pouvoir politique…». Plus récemment, elle a décidé de se concentrer «sur les actions associatives visant au rétablissement d’une relation plus équilibrée entre l’homme et le vivant», se justifiant ainsi : «Partant en effet du constat de l’inefficacité relative du militantisme écologique radical, tant que ne change pas la relation destructrice et violente que nous avons avec les animaux, les plantes et la Terre, nous pensons qu’il est maintenant prioritaire d’évoluer vers moins d’anthropocentrisme et plus d’empathie réelle pour les êtres vivants, afin de mieux ressentir leurs besoins spécifiques et la façon dont nous pouvons les aider à vivre et survivre.» Elle n’hésite pas à financer des projets à portée ésotérique, comme une école Steiner à Verrières-le-Buisson, ou encore en réalisant un portrait filmé de Carole Guyett, «une guérisseuse installée en Irlande qui prépare des élixirs à base de plantes locales et conduit des cérémonies avec les plantes s’inspirant des traditions celtes irlandaises».
La FTH a été créée par son président actuel, Jean-Louis Gueydon de Dives, grâce à l’héritage de sa mère, Jacqueline Beytout, ex-propriétaire et PDG des Échos. Proche de la gauche antiproductiviste et des milieux de la décroissance, Jean-Louis Gueydon avait par exemple donné plus de 70.000 euros à Politis en 2006 afin de sauver la revue de la faillite. Il est également actionnaire de L’Ecologiste depuis 2013, à travers la société d’investissement suisse Wu Wei SA qu’il préside. Il est notamment convaincu que la croissance économique «ne fera qu’accélérer la destruction de l’environnement». Jean-Louis Gueydon a aussi encouragé publiquement la candidature de José Bové à l’élection présidentielle de 2007.
Ancien parrain de Kokopelli et de nombreuses associations de protection des animaux, Jean-Louis Gueydon affiche une position radicale sur les questions écologistes. Ainsi, il a critiqué le Grenelle de l’Environnement, considérant que cet événement «n’est que la déclinaison, au niveau français, d’une évolution générale vers la prise en mains par le business international des questions écologiques» et qu’«il s’agit de s’attaquer aux questions environnementales avec le business, en partenariat avec lui, avec des solutions proposées par lui, et en le subventionnant pour ce faire». De ce fait, il pensait que le Grenelle ne peut être qu’un «marché de dupes», regrettant que «la majorité des participants à ces réunions ne sont pas représentatifs du mouvement écologiste» et que «les écologistes eux-mêmes qui ont été choisis ne sont guère représentatifs de l’ensemble du mouvement de défense de l’environnement». Il dénonçait en particulier «l’omniprésence de la Fondation Nicolas Hulot» et l’absence d’associations comme la CRIIRAD, One Voice, le Réseau Sortir du Nucléaire, le CRIIREM, Inf’OGM, le collectif des Faucheurs Volontaires d’OGM, les associations de décroissance, Kokopelli, Réseau Semences Paysannes, etc.
Jean-Louis Gueydon n’hésite pas à afficher ponctuellement son idéologie radicale. Il considère que «l’écologie a un grand avenir devant elle si l’économie venait à s’effondrer, et qu’il nous fallait survivre dans des conditions matérielles plus difficiles», et présente par exemple «le massacre industriel des animaux comme quelque chose de très proche de la Shoah». Il s’est également inquiété de «la souffrance végétale», rappelant que «certains entendent bien les arbres “crier” lorsqu’ils sont abattus», et a évoqué «la synthèse directe de protéines à partir des minéraux et de l’énergie solaire» comme solution pour alimenter la planète. Enfin, sur son blog «Menaces sur la santé», il dénonce «l’hystérie pro-vaccinale» et affirme notamment : «Mais alors que nous nous excitons sur la vaccination obligatoire et le pass vaccinal, n’oublions pas que seulement 13% de la population mondiale a été vaccinée à ce jour, et que ce n’est pas près de beaucoup évoluer. Ils ne sont pas fous, eux. Ils n’ont pas envie de tomber malades ou d’être transformés en OGM…»

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[tab name= »Structure »]

Fondation de droit suisse, enregistrée le 28 janvier 2002. En 2007, une association française de la loi 1901 a été créée sous le nom «Les amis de la Fondation pour une Terre humaine», avant d’être rebaptisée «Le temps du rêve» en 2017. La FTH est par ailleurs membre de l’Environmental Funders Network, un réseau d’environ 50 fondations, pour la plupart britanniques, coordonné par Jon Cracknell, directeur de la JMG Foundation, la fondation de la famille Goldsmith.

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[tab name= »Dirigeants »]

Conseil de la fondation

  • Jean-Louis Gueydon de Dives : président
  • Françoise Hoffer
  • Dominique Schalck
  • Céline Corvisy-Milliérat

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[tab name= »Finances »]

Les fonds proviennent d’un héritage familial, en l’occurrence de la mère de Jean-Louis Gueydon de Dives, Jacqueline Beytout, ex-propriétaire et PDG des Échos. La Fondation affirme être «uniquement financée par des dons de personnes physiques, et ne sollicite aucune subvention publique, ni aucune subvention auprès d’entreprises».
En 2019-2020, la FTH a octroyé 44.100 euros de subventions (contre 70.600 euros en 2018-2019, 46.977 euros en 2017-2018, 51.281 euros en 2016-2017, 138.566 euros en 2015-2016, 230.228 euros en 2014-2015, 247.052 euros en 2013-2014, 295.621 euros en 2012-2013, 415.276 euros en 2011-2012 et 290.718 euros en 2010-2011). Au cours des derniers exercices, la FTH finance moins de 10 nouveaux projets par an contre une cinquantaine dans les années 2010-2013. La FTH est opaque concernant les sommes octroyées à chaque association.

Liste des associations bénéficiaires des subventions

2019-2020

  • Arbres, Abelles i Arrels
  • Association Francis Hallé pour la forêt primaire
  • OGM Dangers
  • Peliti
  • SPPEF
  • Les Terres de l’Awen

2018-2019

  • Le refuge de Croq’Epines
  • Forêts préservées
  • Le temps du rêve
  • Peliti
  • Frapna

2017-2018

  • Apus Apuces
  • Le temps du rêve
  • Blued Deer Center
  • Libre école Steiner
  • Fédération Nature Haute-Loire
  • Terran terre de partage
  • «Marche des cobayes»

2016-2017

  • AAFTH
  • Apus Apuces
  • CCJS-SUISSE
  • Domaine des Douages
  • Nature et Savoirs
  • Oko Za Oko
  • Ressources
  • Terradelici

2015-2016

  • Apprel
  • Apus Apuces
  • Can Comu
  • Can Cun
  • Can Tonal
  • Convergences Bio
  • Forêts Sauvages
  • Les Jardins de l’Awen
  • Les Moustaches

2014-2015

  • La Bête
  • Permamed
  • Convergences
  • Geb-Nout
  • Green Free Will
  • Addear 73
  • Biodivercity
  • Atoupic
  • Instinct_Collectif OEDA
  • Animalter
  • Domaine des Douages
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2013-2014

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  • Adret Morvan
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  • Usinette

2012-2013

  • Air Vigilance
  • Apus Apuces
  • Corporate Europe Observatory : 10.000 €
  • Collectif Narg
  • Collectif pour la Sauvegarde de la Zone Humide du Testet
  • SOS Faune Sauvage
  • Inf’OGM
  • Générations Futures : 10.000 €
  • Réseau Environnement Santé
  • L’Ecologiste
  • Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire
  • Dispensaire de Soins Naturels de Crest
  • Domaine des Douages
  • Les Paniers Marseillais
  • Lakota
  • Roquette Amère
  • La Ligue pour la Protection des Oiseaux en Rhône-Alpes

2011-2012

  • Inf’OGM
  • Kokopelli
  • OGM Dangers
  • ASPAS
  • Collectif d’Associations contre l’Incinération des Déchets Ménagers
  • Pour les Chambaran Sans Center Parcs : 5000 €
  • Observatoire du Nucléaire
  • Alter-médias
  • Corporate Europe Observatory
  • L214
  • Respect Animal
  • Demeter International
  • Terre d’Abondance
  • Trifolium
  • Copaleco
  • Fédération de Protection de la Nature de la Haute-Loire
  • Forêts sauvages

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Publié dans Financeurs, Fondation pour une Terre Humaine | Commentaires fermés sur Fondation pour une Terre humaine (cessation d’activité)

Sciences Citoyennes

38, rue Saint-Sabin
75011 Paris
Tél. : 01.43.14.73.65
Email : contact@sciencescitoyennes.org
Site : http://sciencescitoyennes.org

Profil

Sans base militante et n’ayant que 177 adhérents en décembre 2019, Sciences Citoyennes plaide pour une «science sans croissance» et fustige la croissance économique, estimant que «se soumettre à ce diktat économique (…) est, aujourd’hui, littéralement suicidaire». En outre, elle qualifie le  développement durable et la croissance verte comme «des leurres fallacieux». En conséquence, Sciences Citoyennes s’oppose aux différents aspects de la «technoscience» (les OGM, la géo-ingénierie, les nanotechnologies, etc.). Lors de la crise du Covid, en septembre 2020, Jacques Testart, président d’honneur de l’association, a affirmé que «la récente pandémie a montré l’impuissance de la science pour combattre un fléau pourtant clairement attendu», évoquant même «la perspective très lointaine et même douteuse d’un traitement efficace (vaccin)». Sciences Citoyennes a également diffusé un «rapport d’expertise» vaccinosceptique de Christian Vélot, longtemps administrateur de l’association et ancien responsable du CRIIGEN.
Sciences Citoyennes prétend vouloir favoriser la «réappropriation citoyenne et démocratique de la science, afin de la mettre au service du bien commun» et veut donc accroître l’intervention de la société civile, des forces associatives, consuméristes et syndicales dans les choix scientifiques et techniques. Pour justifier la présence des ONG dans la gouvernance de la science et de l’expertise, Sciences Citoyennes dénigre systématiquement les évaluations et études scientifiques officielles concernant les technologies auxquelles elle est opposée. Sciences Citoyennes est notamment très engagée pour la mise en place de conventions citoyennes, c’est-à-dire des conférences de citoyens qui permettraient d’émettre des recommandations sur certains choix techniques.
Sciences Citoyennes est impliquée dans la défense des «lanceurs d’alerte», comme par exemple Gilles-Eric Séralini ou Christian Vélot. Elle a été à l’origine d’un projet de loi sur les lanceurs d’alerte, déposé au Sénat en 2012 mais, selon Sciences Citoyennes, «détricoté par la démocratie parlementaire». En 2018, avec 16 autres structures, Sciences Citoyennes crée La Maison des Lanceurs d’Alerte, une association coprésidée par Arnaud Apoteker.
Sciences Citoyennes a aussi confondé le Réseau Environnement Santé et est engagée sur les problématiques de transparence et de lobbying. L’association participe à différents réseaux internationaux comme l’European network of scientists for social and environmental responsibility (réseau européen de chercheurs engagés qui milite principalement contre les OGM), Living Knowledge (réseau international des Boutiques de sciences), ALTER-EU (plate-forme d’ONG travaillant sur les conflits d’intérêts) ou encore au CRID.
Malgré ses moyens limités, Sciences Citoyennes a une importante force de frappe intellectuelle, ayant la capacité de tisser des liens avec des réseaux étrangers comme celle de multiplier des interventions au niveau national. Si les actions de Sciences Citoyennes prennent souvent des apparences institutionnelles (projets de loi, participation à des colloques ou à des programmes de recherche publics, etc.), la plupart de ses responsables sont des militants très engagés, n’hésitant pas à régulièrement soutenir, par exemple, les actions des Faucheurs Volontaires d’OGM. Les activités de Sciences Citoyennes s’inscrivent en grande part dans les projets de la Fondation pour le progrès de l’homme, principal bailleur de l’association et là où siège Sciences Citoyennes, dont un des programmes est de «donner à la société la maîtrise de l’orientation des choix technoscientifiques».

Structure

Association de la loi de 1901, créée en 2003. Baptisée au départ «Fondation Sciences Citoyennes», elle change de nom en 2016 pour «Sciences Citoyennes». L’association explique : «La Préfecture de police de Paris a souhaité voir retirer le terme “fondation” de notre nom, car ne correspondant pas à l’une des huit formes juridiques de fondation définies par la loi.»

Dirigeants

Conseil d’administration

  • Arnaud Apoteker
  • Fabienne Barataud
  • Pierre-Luc Bardet
  • Anne-Marie Begué-Simon
  • Camille Besombes
  • Edgar Blaustein : membre du bureau
  • François Briens
  • Dominique Cellier
  • Marc Delepouve
  • Laurent Dianoux : trésorier adjoint
  • Isabelle Goldringer : porte-parole
  • Aurore Grandin
  • Kévin Jean : trésorier
  • Pablo Jensen
  • Yanick Lasica
  • Matthieu Latapy : porte-parole
  • Bénédicte Lefèbvre
  • Hugo Paris
  • Elena Pasca
  • Jérôme Santolini : secrétaire
  • Jacques Testart : président d’honneur – membre du bureau
  • Gianfranco Valent : membre du bureau

Salariés

  • Aude Lapprand : déléguée générale
  • Cyril Fiorini : coordinateur
  • Fabien Piasecki : coordinateur
  • Glen Millot : coordinateur

Historique

L’association doit son existence au financement de la Fondation pour le progrès de l’homme (FPH), une fondation de droit suisse dirigée par Matthieu Calame. La FPH a en effet engagé depuis les années 1996-1999 une réflexion sur la «science citoyenne», et vise ainsi à peser à terme sur les choix technologiques en France. En juin 1999, Pierre Calame, le directeur général de la FPH à l’époque, écrit un Manifeste pour une science citoyenne, responsable et solidaire. Une première association – l’Association pour une attitude scientifique responsable – est fondée en Suisse pour porter les principes développés dans le Manifeste. C’est dans ce même esprit que la FPH cofinance un colloque organisé par EcoRev’ en novembre 2001 à Paris sur le thème «Quelles sciences pour quelle société ?». Parmi les intervenants du Colloque, on trouve plusieurs futurs responsables de la FSC, à savoir André Cicolella, Christophe Bonneuil, Laurent Dianoux, Jean-Paul Gaudillière et Jacques Testart. Un an à peine après ce colloque, la Fondation Sciences Citoyennes est fondée et financée à hauteur de 80 à 90% par la FPH. Cette dernière héberge Sciences Citoyennes dans ses locaux, dont l’action s’inscrit dans un programme de la FPH intitulé «Réintroduire les choix scientifiques dans le champ de la démocratie».

Activités

Les activités de Sciences Citoyennes sont de deux ordres : celles subventionnées par des structures publiques régionales, nationales ou européennes, avec une apparence plus institutionnelle, et celles, principalement financées par la Fondation pour le progrès de l’homme (FPH), ayant une portée plus militante.
Ainsi, Sciences Citoyennes a participé à plusieurs programmes européens : PERARES, CREPE, TRAMS, etc. Ces programmes portent principalement sur les liens entre société civile et les politiques de recherche. En 2018, Sciences Citoyennes a rejoint un consortium de huit organisations européennes afin de préparer un nouveau projet dénommé TeRRIFICA (Territorial Responsible Reasearch and Innovation Fostering Innovative Climate Actions). Sciences Citoyennes est aussi partie prenante dans le programme REPERE (Réseau d’échange et de projets sur le pilotage de la recherche et l’expertise), une des suites du Grenelle de l’environnement, et subventionné par le ministère de l’Ecologie. Par ailleurs, plusieurs responsables de Sciences Citoyennes ont participé à des PICRI (Partenariat institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation) avec la Région Ile-de-France. En 2012, Sciences Citoyennes a réalisé une étude financée par la Fondation de France destinée à dresser un état des lieux de la recherche participative en France. L’association poursuit en 2016 son partenariat avec la Fondation de France pour «une expérimentation d’accompagnement à la co-construction des savoirs». En 2016, Sciences Citoyennes a commencé un projet portant sur «la programmation de la recherche et le financement des différents modes de production des savoirs tels que la recherche-action ou la recherche participative». Au début de l’été 2018, cela a débouché sur un premier appel à projets de recherche participative du dispositif CO3 (Co-Construction des Connaissances), soutenu par l’Ademe, la FPH, la Fondation de France, Agropolis Fondation et la fondation Carasso.
Sciences Citoyennes est aussi impliquée dans la problématique de la transparence. Déplorant «les carences démocratiques au sein du réseau ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying)» auquel elle participait, Sciences Citoyennes est désormais en lien direct avec le réseau européen Alter-EU. En juin 2015, Sciences Citoyennes a signé une tribune dans Libération intitulée «Dialogue environnemental : rendons la parole aux citoyens». En septembre 2015, Sciences Citoyennes a participé au colloque «Science versus Lobbying» organisé à Bruxelles par l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO).
Au printemps 2016, l’association a participé à une réunion organisée par Inf’OGM et le Réseau Semences Paysannes, réunissant différentes organisations s’intéressant aux questions des nouvelles technologies de modification du vivant. Depuis septembre 2016, Sciences Citoyennes soutient la campagne de la Confédération paysanne contre les «nouveaux OGM» et les brevets. En février 2018, l’association, conjointement avec le CRIIGEN, a organisé une journée de formation sur «les nouvelles techniques de manipulation du vivant».
Sciences Citoyennes a fait du lobbying pour deux projets de loi qu’elle a rédigés : l’un sur les conventions de citoyens, l’autre sur la création d’une Haute autorité de l’Alerte et de l’Expertise. En automne 2012, le groupe EELV au Sénat a déposé une proposition sur les lanceurs d’alerte calquée sur celle élaborée en 2010 par Sciences Citoyennes. Cependant, Sciences Citoyennes déplore que ce projet de loi ait été «détricoté par la démocratie parlementaire». L’association poursuit toujours sont lobbying, privilégiant les milieux institutionnels. En décembre 2013, Sciences Citoyennes a organisé au Palais du Luxembourg un colloque sur le thème «Alerte, expertise et démocratie». En 2015, en collaboration avec Transparency International France, Sciences Citoyennes a organisé un cycle de débats «pour l’amendement de la protection de nos lanceurs d’alerte, avec notamment une loi cadre, une Autorité indépendante et la préfiguration d’une Maison pour les lanceurs d’alerte (MLA)». Le premier colloque a eu lieu en février à l’Assemblée nationale, le deuxième en avril à l’auditorium confédéral de la CFDT, et le troisième en septembre, à nouveau à l’Assemblée nationale. En octobre 2018, l’association Maison des Lanceurs d’Alerte (MLA) était officiellement constituée autour d’un collectif de 17 fondateurs (dont Transparency International France, Greenpeace, le CRIIGEN et le Réseau Environnement Santé). Sciences Citoyennes participe aussi à un groupe d’étude du Conseil d’État sur l’alerte.
Sciences Citoyennes a soutenu ces dernières années plusieurs lanceurs d’alerte, dont Pierre Méneton, Véronique Lapides, Christian Vélot, Jacques Poirier. L’association est très impliquée dans des campagne de soutien à Gilles-Eric Séralini par exemple lors de son procès en diffamation en 2011 contre Marc Fellous, responsable de l’AFBV, ou à l’occasion de la publication en 2012 de l’étude du CRIIGEN sur le NK603 et le Roundup. Sciences Citoyennes avait d’ailleurs été conviée par la FPH, pour participer «au week-end stratégique d’information organisé par le CRIIGEN à Barjac, lors de la publication médiatisée des travaux de G.E. Séralini et de son équipe», et cela afin «de se former sur les réponses à apporter au discrédit jeté sur ces travaux».
En mars 2010, Sciences Citoyennes a co-organisé avec le CRIIGEN et l’ENSSER un séminaire au Parlement européen à Bruxelles sur le thème : «Santé : l’expertise en question. Conflits d’intérêts et défaillances de l’évaluation». De façon plus générale, Sciences Citoyennes organise et participe à de nombreux colloques et conférences. En mars 2015, Sciences Citoyennes a organisé le 4e Forum Mondial Sciences et Démocratie (FMSD) à Tunis. L’association organise aussi chaque année un festival de films appelé «Science en bobines» et dont l’affluence a été en 2017 d’environ 1700 personnes qui ont assisté à l’une des 32 projections-débats du festival. En janvier 2011, Sciences Citoyennes a sorti un livre intitulé Labo Planète – Ou comment 2030 se prépare sans les citoyens, issu de sept conférences du cycle de débat Dialogues Sciences Planète (organisé par Sciences Citoyennes entre octobre et décembre 2007) et rédigé par Jacques Testart, Catherine Bourgain et Agnès Sinaï. En avril 2015, Sciences Citoyennes a organisé un cycle de formation sur les thèmes suivants : Recherche participative et tiers-secteur scientifique ; Lobbying et conflits d’intérêts ; Expertise et lanceurs d’alerte ; Maîtrise du vivant : réalités et contrôles. Fin 2015, en marge de la COP21, Sciences Citoyennes a publié divers documents sur la géo-ingénierie et a été présente à plusieurs manifestations. En mars 2017, Sciences Citoyennes a participé à l’organisation du colloque «Construire les savoirs avec tou.te.s ? Recherches participatives avec les personnes en situation de pauvreté» qui s’est tenu au CNRS. En avril 2017, quelques militants de Sciences Citoyennes ont diffusé des tractes lors de la «Marche pour les sciences», dans lequel l’association propose «une reprise en main démocratique de la recherche». Au même moment, a publié un plaidoyer sur le thème «Sciences sans croissance». En novembre 2017, Sciences Citoyennes a organisé une table-ronde sur le thème de la post-vérité. En 2018, l’association organise un cycle de 3 colloques «pour une recherche scientifique responsable». En février 2018, Science Citoyennes a organisé, conjointement avec le CRIIGEN une formation sur les nouvelles techniques de manipulation génétique.
Sciences Citoyennes est un acteur clef dans un réseau européen de chercheurs engagés, baptisé «European Network of scientists for social and environmental responsibility» (ENSSER). Depuis octobre 2018, l’association est représentée au conseil d’administration par Arnaud Apoteker. Sciences Citoyennes participe également au collectif d’associations (regroupant Greenpeace, les Amis de la Terre, ATTAC, Sherpa et Via Campesina) qui anime le site Combat-monsanto.org. En 2009, Sciences Citoyennes a également participé à la création du Réseau Environnement Santé, dont le responsable, André Cicolella, fait partie du CA de Sciences Citoyennes.
Lobbying : Sciences Citoyennes déclare avoir dépensé annuellement moins de 10.000 euros depuis 2019, pour des activités de lobbying auprès des députés et sénateurs. L’association a déclaré 2 actions de lobbying en 2023, 1 action en 2022, 2021 et 2020, 4 actions en 2019 et 2 actions en 2018.

Finances

Sciences Citoyennes n’a récolté que 17.286 euros de cotisations en 2021 et ses revenus proviennent en très grande partie de subventions. En 2023, celles-ci atteignent 203.815 euros, avec moins de 20.000 euros provenant de financements publics (5000 euros de la Ville de Paris, 2800 euros du ministère de l’Education nationale…). En 2020, les financements publics (ministères de la Recherche, de l’Éducation nationale, de l’Agriculture, la Ville de Paris, Union européenne) représentent environ 29% de leurs ressources (79.739 euros), tandis que les financements privés équivalent à 49% de leurs produits (132.513 euros). Depuis 2017, Sciences Citoyennes est opaque concernant la liste de ses bailleurs et les différentes sommes octroyées. L’association souligne «l’appui important et désormais historique de fondations comme la Fondation Un Monde par Tous et la Fondation de France».
La Fondation pour le progrès de l’homme (FPH) reste le principal bailleur de l’association, représentant environ 78% des subventions (auparavant, la FPH assurait environ 70% du budget de Sciences Citoyennes). En 2020, la FPH a octroyé 132.513 euros. Il faut ajouter à cela le fait que Sciences Citoyennes est hébergée dans les locaux de la FPH et que cette prestation en nature a été estimée à 32.000 euros.
En 2020, Sciences Citoyennes a reçu 8500 euros des ministères (contre 5000 euros en 2019 et en 2018, et 17.000 euros en 2017) et 3000 euros de la Mairie de Paris. En 2019, côté subventions publiques, Sciences Citoyennes a reçu 4200 euros du Fonds pour le développement de la vie associative (contre 2100 euros en 2018). En 2017, l’association a reçu 12.950 euros de la Région Ile-de-France et 2000 euros de la députée socialiste Sandrine Mazetier. En 2016, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) soutient Sciences Citoyennes pour un projet d’appui à la recherche participative. Ce financement, d’un montant de plus de 100.000 euros s’est étalé sur 4 ans.
L’association peut avoir d’autres sources minimes d’autofinancement  comme «la vente de livres ou les prestations et interventions rémunérées des membres du Conseil d’Administration». Ainsi, concernant les prestations de service, Sciences Citoyennes a reçu 31.800 euros pour l’animation du projet CO3 de l’Ademe. Il y a eu aussi l’organisation de formations, comme celle proposée par le groupe de travail Manipulation du Vivant en partenariat avec le CRIIGEN, en 2018.

AnnéeProduitsChargesRésultat
2023288.021 €259.779 €28.242 €
2022301.474 €286.545 €14.929 €
2021283.134 €262.569 €20.566 €
2020269.497 €261.397 €8100 €
2019302.290 €291.613 €10.677 €
2018271.783 €271.627 €155 €
2017244.039 €243.678 €361 €
2016242.540 €256.757 €-14.218 €
2015251.170 €255.613 €-4443 €
2014241.956 €240.268 €1688 €
2013270.766 €270.634 €132 €
2012263.987 €263.041 €946 €
2011236.472 €261.839 €-25.367 €
2010214.974 €211.553 €3421 €
2009243.619 €240.185 €3434 €
2008243.670 €241.950 €1720 €
2007254.716 €205.681 €49.035 €

Répartition des financements

Principales sources extérieures de financement

2016
Fondation pour le progrès de l’homme140.000 €
Ademe28.000 €
Fondation de France20.000 €
Fondation Un Monde par Tous12.000 €
Réserve parlementaire9000 €
Agence Nationale de la Recherche2000 €
Fondation La Ferthé2000 €

2015
Fondation pour le progrès de l’homme132.500 €
Réserve parlementaire 23.000 €
Conseil régional d'Ile-de-France18.250 €
Fondation de France18.000 €
Fondation Un Monde par Tous7500 €
Union européenne3672 €

2014
Fondation pour le progrès de l’homme135.000 €
Fondation de France30.000 €
Conseil régional d'Ile-de-France14.250 €
Réserve parlementaire EELV10.000 €
Union européenne10.000 €
Association Agropolis9000 €
Un monde par tous7500 €
Réserve parlementaire Corinne Bouchoux (EELV)3900 €

2013
Fondation pour le progrès de l’homme115.000 €
Ministère de l'Ecologie41.707 €
Fondation Isvara20.372 €
Conseil général d'Ile-de-France19.250 €
Union européenne15.895 €
Fondation de France12.000 €
Un monde par tous10.000 €
Réserve parlementaire EELV8000 €
Association Agropolis7000 €
Fondation Léa Nature4000 €

2012
Fondation pour le progrès de l’homme100.000 €
Fondation de France40.000 €
Ministère de l'Ecologie29.940 €
Conseil régional d'Ile-de-France25.000 €
Fondation Isvara24.000 €
Un monde pour tous12.500 €
Union européenne10.087 €

2011
Fondation pour le progrès de l’homme80.000 €
Ministère de l'Ecologie50.560 €
Union européenne27.854 €
Conseil régional d'Ile-de-France24.750 €
Un monde pour tous7500 €

2010
Fondation pour le progrès de l’homme80.000 €
Union européenne60.710 €
Conseil régional d'Ile-de-France24.600 €
Ministère de l'Ecologie23.520 €
Un monde pour tous7500 €

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Yannick Jadot

Député européen d’Europe Ecologie-Les Verts
Vice-président de la commission Commerce international au Parlement européen
Membre de la délégation pour les relations avec les pays de l’Asie du Sud-Est et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est au Parlement européen
Président d’Ecolo Europa
Site : http://yannickjadot.fr

Profil

Ancien directeur de campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot a une bonne connaissance du milieu des ONG écologistes. D’autant plus que, dans le cadre du Grenelle de l’environnement en 2007, il a été l’un des porte-parole de L’Alliance pour la planète, une coalition de 80 associations. Après le Grenelle, Yannick Jadot s’est lancé en politique au sein d’Europe Ecologie et a dirigé en 2009 la communication de la campagne pour les Européennes. Très vite, ses ambitions personnelles sont raillées, par exemple quand il est dévoilé en 2009 que le site «jadot2012.fr» a été déposé en vue de la présidentielle. En 2020, son ami Daniel Cohn-Bendit confie : «Yannick a un virus : la présidentielle. Il ne pense qu’à ça. Et il est persuadé qu’il peut gagner. Il pense qu’il est le meilleur.» Jean-Paul Besset, un autre compagnon d’Europe Ecologie, témoigne : «Yannick respire l’écologie par tous les pores de sa peau. (…) Mais son orgueil et ses opportunismes, son ambition, son ego, son sentiment de puissance personnel, la haute opinion qu’il a de lui-même, font que je l’ai lâché…»
Lors de la campagne des Européennes de 2019, Yannick Jadot adopte une ligne écologiste pragmatique en déclarant : «Bien entendu que les écologistes sont pour le commerce, la libre entreprise et l’innovation.» Il ajoute : «Je rêve que l’Europe ait des géants sur le train, les énergies renouvelables, la batterie électrique, la voiture autonome peu polluante et qu’on en fasse des puissances d’exportation.»De plus, il affirme que la conversion écologique de l’économie sera créatrice d’emplois : «Alors que le secteur agricole en perd, l’abandon du système productiviste et intensif et le soutien de l’agriculture paysanne pourrait générer un million de nouveaux emplois.» Toutefois, suite à certaines critiques de son propre camp, il a rapidement clarifié son positionnement : «Je combats le capitalisme financier. Je combats ce libéralisme prédateur sur l’environnement, les femmes, les hommes, les animaux et sur l’économie même. Je suis contre ce capitalisme-là. Mais, il n’y en a pas d’autre, d’ailleurs. (…) On peut dire que je suis anticapitaliste, oui.» En mai 2021, son soutien à une manifestation de policiers a aussi suscité de vives critiques au sein de son parti.
Concernant la présidentielle, Yannick Jadot est convaincu que la victoire nécessite un dépassement des forces de gauche, évoquant une écologie pas de gauche ou de droite mais «centrale». Il justifie cela en évoquant le Conseil national de la Résistance où «il n’y avait pas que des gens de gauche». Il affirme qu’«il faut dépasser les vieux clivages» et ajoute : «Je me sens plus proche de Jean-Louis Borloo que de Stéphane Le Foll». Pendant la campagne de 2022, Sandrine Rousseau est très critique : «Nos grands stratèges politiques sont justes nuls ! Je deviens folle ! Ils se plantent sur tout… C’est un gâchis Zemmour ou Macron imposent un récit. Nous, on vend des chaudières !» Finalement, Yannick Jadot termine sixième avec à peine 4,6% des voix, en dessous des 5% qui conditionnent le remboursement des frais de campagne. Il appelle à voter pour Emmanuel Macron pour «faire barrage à l’extrême droite».
De façon plus spécifique, il veut «la fin des accords de libre-échange» car ils «organisent la guerre du “tous contre tous”, c’est la mondialisation de la malbouffe, de la souffrance animale, de l’extinction des espèces ou de la disparition des paysans». De cette façon, il veut stopper les importations de soja et de bœuf provenant d’Amérique latine, ou encore d’huile de palme venant d’Asie du Sud-Est et d’Afrique centrale. Il propose de «sortir de l’élevage industriel et réduire drastiquement nos consommations de viande, lait et poisson». Il défend «la mise en place d’un grand ministère de l’Alimentation, de la Santé et de l’Environnement, qui serait le premier ministère du gouvernement écologiste». Il propose aussi la mise en place de «contrats de transition agricole qui nous permettront de sortir des produits phytosanitaires de synthèse, pesticides ou engrais azotés qui participent largement au dérèglement climatique et à la disparition du vivant». Sur l’aspect énergétique, il prône de sortir «progressivement du nucléaire (…) sur 15 ou 20 ans» et, dans le même temps, «déployer des énergies renouvelables» et «investir massivement dans l’efficacité énergétique».

Parcours

Né le 27 juillet 1967, à Clacy-et-Thierret (Aisne), il étudie l’économie à l’université Paris-Dauphine. Il participe à la fondation de La Déferlante, dont il sera l’un des responsables entre 1987 et 1990, une association née de la contestation étudiante contre la réforme Devaquet de 1986. Appelé en 1990, il se porte volontaire pour un poste de coopérant au Burkina Faso où il restera plusieurs années. En 1993, il va au Bangladesh dans le cadre d’un programme d’appui aux ONG européennes. En 1995, il intègre Solagral (Solidarité Agricole et Alimentaire), une association spécialisée sur les impacts de la mondialisation sur l’agriculture dans les pays du Sud. Il en deviendra le délégué général, aux côtés de la fondatrice de Solagral, Laurence Tubiana, par ailleurs chargée de mission sur les questions d’environnement mondial et conseillère pour l’environnement auprès du Premier ministre Lionel Jospin entre 1997 et 2002. Yannick Jadot effectue un court passage chez les Verts entre 2000 et 2002. Il quitte Solagral en 2001 pour devenir directeur des campagnes de Greenpeace France en 2002 auprès de Pascal Husting, le directeur général de la multinationale verte. En 2006, il participe à la création de L’Alliance pour la planète, une coalition des principales associations écologistes, dont il sera l’un des porte-parole. En 2007, il devient très actif au sein des négociations du Grenelle de l’environnement.
En septembre 2008, il quitte Greenpeace France pour rejoindre l’initiative de rassemblement écologiste Europe Ecologie en vue des élections européennes de juin 2009. Il devient tête de liste d’Europe Ecologie dans l’euro-région Grand Ouest. Sa liste obtenant 16,65% des voix, Yannick Jadot est élu le 7 juin 2009. En 2011, il devient porte-parole d’Eva Joly pendant la primaire écologiste, puis pendant la campagne pour l’élection présidentielle, avant de démissionner en novembre 2011, expliquant ne plus partager la «ligne politique» de la candidate écologiste consistant à attaquer systématiquement François Hollande et les socialistes. Le 17 octobre 2011 s’est ouvert le procès d’EDF, accusé d’avoir commandité le piratage de l’ordinateur de Yannick Jadot, en 2006, lorsqu’il était directeur des campagnes de Greenpeace. En appel, EDF a été relaxé mais un de ses cadres chargés de la sécurité a été condamné à verser 10.000 euros de dommages et intérêts à Yannick Jadot.
En septembre 2012, il signe une tribune intitulée «Pour une République européenne» avec les eurodéputés Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset, José Bové et Daniel Cohn-Bendit, dans laquelle ils appellent à la ratification du pacte budgétaire européen (TSCG). Cependant le conseil fédéral vote contre la ratification. En décembre 2012, il crée en décembre 2012 et préside le think tank Ecolo Europa, avec le soutien de Daniel Cohn-Bendit. Il s’agit selon lui de «rendre notre vision de l’Europe plus pédagogique». Il ajoute que ce club de réflexion répond aussi à la «volonté de réunir au sein de notre mouvement ceux qui peuvent légitimement s’interroger», précisant qu’EELV «a perdu au moins la moitié de militants depuis 18 mois». Aux élections européennes de 2014, Yannick Jadot est à nouveau tête de liste EELV dans l’Ouest et est réélu avec 10,35% des voix.
En mars 2015, suite aux déchirements au sein du parti écologiste, il déclare qu’EELV est «au bord de l’implosion. EELV est piégé par une double obsession : soit la participation au gouvernement à n’importe quel prix, soit l’alliance avec le Front de gauche. Nous apparaissons comme un parti agité par deux sensibilités : le gauchisme et l’opportunisme». «Je suis assez effaré d’appartenir à un mouvement qui donne la pire image de lui-même.»
En janvier 2016, il cosigne un appel «Notre primaire» pour demander l’organisation d’une grande primaire à gauche avant 2017. En février 2016, après l’entrée au gouvernement d’Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé, il estime : «Ils contribuent à brouiller l’image des écologistes, qui est déjà brouillée. En cela, c’est un désastre. Quand vous avez une secrétaire générale du parti qui choisit sans discuter avec le mouvement de prendre un ministère, cela montre la mauvaise santé de ce mouvement.» En avril 2016, il confie que Nicolas Hulot a sa préférence pour la présidentielle, affirmant : «Conviction, renouvellement, notoriété, Nicolas Hulot coche toutes les cases pour être un excellent candidat de la gauche.» Après le refus de ce dernier de se présenter, Yannick Jadot décide d’être candidat à la primaire écologiste en vue de se présenter à la prochaine élection présidentielle de 2017, et arrive en tête du premier tour, devant Michèle Rivasi. Le 7 novembre, il remporte largement la primaire, avec 54,25% des voix et devient le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 2017. Toutefois, et sans consulter les votants à la primaire, il décide de retirer sa candidature et de se rallier à Benoît Hamon. En juillet 2018, il désigné tête de liste EELV pour les Européennes de 2019. Il se déclare «pour l’économie de marché, pour la libre entreprise et l’innovation», et rejette toute alliance à gauche. La sénatrice EELV Esther Benbassa a critiqué ce positionnement : «Moi je suis de gauche, je crois encore dans les principes de gauche et je pense que la base d’EELV n’est pas pour l’économie de marché. Il n’y a pas d’écologie sans justice sociale.» Après le bon score aux Européennes, il rend publique sa relation avec la journaliste Isabelle Saporta dans Paris Match. En novembre 2019, il signe un appel à une marche contre l’islamophobie, co-initiée par le controversé Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), et qui vise à dénoncer l’existence de «lois liberticides» contre les musulmans en France. Il explique qu’il «ne valide pas l’ensemble du texte», mais considère que «ce texte m’est apparu comme une nécessité de lancer une alerte». Il déclare en qu’il ne souhaite pas participer à la primaire écologiste de 2021 pour désigner le candidat à la présidentielle de 2022 avant d’annoncer finalement fin novembre y participer. En , il est à l’initiative d’une réunion rassemblant des responsables d’EELV, de La France insoumise, du PS, de Génération.s, du PCF, du Parti radical de gauche, et des Nouveaux Démocrates, en vue de préparer un accord pour un candidat commun à l’élection présidentielle et pour les législatives. En mai 2021, il participe à une manifestation de policiers, suscitant de nombreuses critiques en interne. Il se justifie ainsi : «Si je vais à ce rassemblement, c’est que j’entends bien la souffrance, les difficultés, les attaques contre les policiers, mais c’est aussi pour faire des propositions, sur la police et sur la justice», ajoutant par ailleurs ne pas «partager un certain nombre de revendications». Le 20 septembre, il accède au second tour de la primaire écologiste avec 27,7% des voix. En avril 2022, il termine sixième de la présidentielle avec à peine 4,6% des voix.

Bibliographie

  • Aujourd’hui, tout commence !, Les Liens qui Libèrent, 2019
  • Climat : la guerre de l’ombre, avec Léo Quievreux, Clandestin, 2015
  • Entrons en dissidence, Plon, 2014
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